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par la plus grande sagesse ; ce que Berkeley exprime dans son langage imagé en disant que le monde n'est pas seulement un magnifique spectacle, mais un discours cohérent et suivi !. Là où préside l'intelligence, en effet, il doit y avoir ordre et méthode, et par conséquent il doit exister des lois (rules), c'est-à-dire des règles stables et constantes par nature, Ces lois constituent ce que nous appelons le cours régulier de la nature, condition de l'intelligibilité du monde?. Dieu éclaire ainsi tous les esprits et, à cet égard, mérite d’être appelé le Verbe.
Ce langage parlé par l'Infini aux esprits finis étant produit par la volonté divine, cause de nos sensations, n’est pas luimême cette volonté 3, Aussi Berkeley dit-il que l’Un est la source de la lumière, non la lumière elle-même #. L'esprit infini, en tant qu'il produit en nous la nature, est activité, volonté. Mais la nature est intelligible. C’est donc que sa cause est intelligente. Dès lors, l’entendement en Dieu est inséparable de la volonté. Sans doute, la volonté peut être distinguée de l'intelligence, car ce qui agit n'est pas, à proprement parler, intellection : on ne peut dire que la volonté comprenne, ni que l’entendement veuille. Mais ilne s'ensuit pas que la volonté à l'œuvre dans la nature n'est pas conduite et guidée par l'intelligence, quoiqu'on doive accorder que Ja volonté n’a pas pour fonction de comprendre, ni l’intelligence de vouloir, que la volonté en tant que volonté n’est pas intelligence, que l'intelligence en tant qu'intelligence n’est pas volonté.
Le rapport de l'intelligence à la volonté divine est done analogue à celui qui existe entre l'intelligence et l’Un. « La lumière et la vue, dit Platon, ne sont pas le soleil : de même la vérité et la connaissance ne sont pas le bien lui-même... »