Dante, Paradiso, XXX VIII
la procession de Dieu au monde. Et tandis que les néo-plaloniciens, avec Proclus, s'efforcent de combler, pour ainsi dire, l'intervalle qui sépare Dieu et le monde, en créant entre ces deux extrèmes une série d’intermédiaires, la théologie chrétienne séparera de plus en plus le Créateur de la Création par sa conception de la liberté divine, de la création arbitraire dans le temps, du monde fini dans l'espace !
A lire la Siris, on a quelquefois l'impression que Berkeley se laisse aller dans le sens du panthéisme. Ebloui par la grandeur de Dieu, il est visiblement séduit par les formules qui semblent anéantir la créature devant le Créateur «Dieu est toutes choses. Dieu seul existe.» Aussi bien s’en défend-il Juimême et prend-il soin de préciser en quels sens on peut dire que Dieu est toutes choses : en tant qu’il crée tout, en tant que son intelligence contient les idées de toutes choses et s’identifie avec ses objets, en tant qu'il ordonne et meut l’ensemble du monde ?. Entre ces deux directions différentes, en effet, le choix dé Berkeley ne pouvait être douteux. En droit, il répugnait au panthéisme. D'abord parce qu’il admettait la liberté, et par là même laissait l'initiative de l'homme subsister, intacte, en face de celle de Dieu. Ensuite, parce que tout son système repose sur la différence essentielle des esprits finis et du Créateur. Les esprits finis, en effet, jouent chez lui, par rapport au monde sensible, un rôle analogue à celui de la matière chez Platon : ils constituent le réceptacle des apparences sensibles, la matière sur laquelle Dieu agit pour produire le monde. «Il yadeux espèces de substances spirituelles, dit Thomas Huxley, résumant ainsi très heureusement le système de Berkeley, l’une éternelle et incréée, la substance de la Divinité, l’autre créée, et une fois créée, naturellement éternelle ;.. l'univers, én tant que connu par les esprits créés, n'a pas de réalité en lui-même, mais il est le résultat