‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 127 sur 181 · Siris · texte numérisé non relu

Siris

LES INTUITIONS MYSTIQUES : PLATON ET PLOTIN dt

de l’action de la substance de la Divinité sur la substance de cesesprits 1.» *

Mais s’il en est ainsi, n'est-ce pas du dehors seulement que la volonté divine peut être connue? Ce serait le cas sans doute sila connaissance sensible était le tout de notre connaissance. Mais au-dessus de la connaissance sensible est celle de l'entendement pur. Si Berkeley reste incontestablement fidèle au point de vue central de son système en disant que l’intelligence divine et l'âme du monde ne nous sont jamais connues en elles-mèmes, mais seulement par leurseffets, il semble au contraire s'en écarter lorsqu'il admet une participation de l'âme à la vie universelle, une identification de l’activité intellectuelle de l'homme à la pensée vivante de Dieu, lorsqu’il cite par exemple les opinions de Proclus et de Socrate suivant lesquelles il nous suffit de rentrer en nos âmes pour trouver Dieu, de contempler notre propre essence pour apercevoir l’Intelligence et la substance divines, et inversement de contempler Dieu pour arriver à la connaissance exacte de notre âme ? ; mais c'est qu’à côté de l’action exercée par Dicu sur notre entendement, et quinous limite, il y a l’action exercée par Dieu sur notre esprit et qui nous exalte. 11 semble donc que sa pensée soit au fond la suivante. L'identité de la persoune consiste dans la volonté, qui constitue notre être même ; et comme la volonté humaine est une aspiration vers le Bien, c’est en définilive le Bien qui est le principe de notre être. L’attrait exercé par Dieu sur nous est la condition sine qua non de notre identité, de notre unité, et par conséquent de notre existence. Nous ne pouvons donc exister sans participer au Bien, et c’est en participant au Bien que nous participons à l'Unité. C’est l'Un qui donne l'unité, la stabilité, la réalité à toutes choses. ? Ainsi, en nous, le Bien est distinct

1. Critiques and adresses, XIIL (Bishop Berkeley on the metaphysics of sensation), p. 348. i k

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