‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 133 sur 181 · L'attitude intellectuelle · texte numérisé non relu

L'attitude intellectuelle

De l'attitude qu'un philosophe adopte vis-à-vis du monde dépend Ja conception qu'il s’en fait. Chez Berkeley, l'attitude intellectuelle est toute naïve, et volontairement telle. La candeur quinous apparaît comme undes traits dominants de son caractère constitue aussi l’une des qualités de son esprit. Il prend les choses très simplement. Il se demande comment un homme existant seul dans le monde, libre de toutes les abstractions du langage, appréhenderaitle réel, qu’il envisagerait face à face, sans user ou abuser des symboles verbaux; comment un aveugle-né qui viendrail à recouvrer la vue se représenterait l'univers visuel 2, Et comme son point de vue est essentiellement psychologique, son effort est de retrouver les données immédiates de la conscience, données immédiates de la vue d’abord, dans la Nouvelle théorie de la vision, données immédiates de la perception ensuite, dans les Principes de la connaissance humaine et dans les Dialogques d'Hylas et Philonoüs, données immédiates de l’activité consciente enfin lorsqu'il identifie le sujet connaissant el la volonté. Par une conséquence naturelle, il a horreur des abstractions. Il reproche aux philosophes d’avoir rendu obscures des choses faciles et compliqué des choses simples *. Ainsi les difficultés relatives au libre arbitre viennent de ce qu’on abstrait la volonté du jugement : il fauten appeler des philosophes au sens commun qui, lui, s’en tient au fait coneret #, [l ne faut point se payer de mots : tous les termes dont on se sert doivent répondre à une expérience réelle. (Schopenhauer dira plus tard que le concept n’a de valeur qu'au-

1. Commonplace Book, p. 28 et 29 @... a man put in the world without company... »— « This a non-sensical proposition and such as the solitary man would never think on... » ,

D Theory of vision, $ 92.

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