‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 134 sur 181 · Alciphron, VI, K 18 (t. II, p. 352 in fine · texte numérisé non relu

Alciphron, VI, K 18 (t. II, p. 352 in fine

4, Theory of vision vindicated, K 17.

tant qu'il suppose l'intuition, de même que le papier monnaie doit être garanti parla monnaie d'or et d'argent). Il faut prendre le réel tel qu'il s'offre à nous, dans sa pureté originelle, dans sa multiplicité indivise qui est plus simple que les éléments fictifs en lesquels notre raison le décompose. De là l’insistance avec laquelle il dénonce les artifices de l’abstraction. L'existence n'est rien, abstraite du percipi ou du percipere et velle. C'est se contredire et se payer de mots que d'admettre « une notion d’entité ou d’existence » abstraite de l'esprit et de l’idée, du percevoir et de lêtre perçu !. La matière n’est rien, abstraite des qualités sensibles qui ne sont rien elles-mêmes, abstraites de l'esprit. C’est une abstraction que de séparer l’existence d'une idée du fait qu’elle est perçue ?. Les qualités premières ne sont rien, abstraites des qualités secondes. Les qualités secondes ne sont rien, abstraites de la sensation affective. Les qualités premières sont inséparablement unies aux autres qualités sensibles, et ne peuvent, même par la pensée, être abstraites de celles-c1*. La force (vis, conatus, nisus, sollicitatio gravitationis) n'est. rien, abstraction faite du mouvement perçu ou de la sensation de pesanteur éprouvée. La gravitation est une qualité occulle, une abstraction #. C’estencore une abstraction que de séparer le temps de la succession des idées dans l'esprit *, ou le jugement de la volonté, quand on discute sur lexistence du libre arbitre 6. La grâce ne doit pas être séparée de Dieu qui en est l'auteur, de l’homme qui en est le sujet, dela piété et de la vertu qui en sont les effets 7.

Et précisément parce qu’il tendait à retrouver, en rejetant les abstractions et les symboles verbaux, les données immé-

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