‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 137 sur 181 · Essai sur La vision, $54, 80-86. Traité · texte numérisé non relu

Essai sur La vision, $54, 80-86. Traité

des écrivains anglais. Poète comme Shakespeare où comme Tennyson, historien comme Macaulay, romancier comme Dickens, Thackeray, Wells où Rudyard Kipling, l'Anglais a le sens et le don de l’observation intérieure, le penchant à se replier sur lui-même pour prendre conscience de ses 6émotions et l’art de saisir sur le vif l’individualité des autres.

Cet empirisme, et avec lui cette sûreté psychologique, née d’un profond sentiment de la vie individuelle, apparaissent plus nettement caractéristiques du tempérament anglais, quand on compare l’optimisme de Berkeley avec celui de Leibniz. Pour Berkeley comme pour Leibniz, toute la nature est imprégnée de finalité. « Toutes choses sont faites pour le bien suprême, toutes tendent'à cette fin, et nous pouvons dire que nous expliquons une chose, quand nous montrons qu'ainsi tout est au mieux. » Et ce n’est pas là une formule accidentelle, mais l'expression profonde de ce qui constitue la pensée maîtresse du système. Dieu créant à chaque instant le monde, le créant librement, le créant en vue du bier de l'homme, il était impossible que tout ne fût pas pour le mieux dans le meilleur des mondes.

La ressemblance des formules ne peut cependant faire illusion sur la différence des esprits. Leibniz procède a priori en partant des attributs de Dieu qu'il considère dans leur ensemble. Dieu est absolument parfait en puissance, en sagesse et en bonté. Comme tel, il conçoittous les possibles, a le’ pouvoir de les réaliser tous et veut nécessairement le meilleur. Entre tous les mondes possibles, il a donc choisi le , plus parfait en ayant égard tout à la fois à la simplicité des moyens et à la richesse des effets?. Berkeley procède a posteriori, Parti de l’analvse des conditions de la vision, il s'élève peu à peu à la conception de l'harmonie universelles.

Page 1