‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 150 sur 181 · Principes de la philosophie, I, 13 2. Cpl. B , p · texte numérisé non relu

Principes de la philosophie, I, 13 2. Cpl. B , p

infinie chez Spinoza, ordonnateur suprême chez Leibniz. Le xix° siècle au contraire est religieux par son âme -plus que par son esprit, par sentiment et non par raison. Aussi sa littérature, expression de sa vie affective, est-elle toute pénétrée de religiosité, à l’inverse de sa philosophie, et à l'inverse aussi de la littérature classique.

Berkeley se rapproche des grands métaphysiciens au xvut siècle par la place que Dieu occupe dans l’ensemble de son système, et à cet égard il se rattache au passé. Il en diffère en ce que la preuve de l'existence se présente chez lui comme une induction fondée tout à la fois sur une analogie de l'expérience et sur la finalité manifestée dans l’univers. Et à cet égard, il est proche de Locke, il appartient à son temps. Enfin cette induction prend elle-même une telle ampleur, elle repose sur une analogie d’une nature telle qu’elle tend à se transformer en intuition. Dieu étant induit à propos de toutes nos perceptions, à tous les moments de la durée, sa pensée est en quelque manière inhérente à notre vision d'ensemble de l'univers, comme celle d'une . force infinie qui limite et dirige la nôtre en toutes ses démarches et qui demeure éternellement une et identique derrière le voile des apparences multiples et fugitives qu'elle crée. Nous arrivons à la notion de l’un quand nous preaons conscience de la totalité des choses !. Il n’y a rien là qui ne soit dans la logique du système. Dieu est essentiellement volonté, et la volonté ne peut être pensée par idée, puisque l’idée est un état passif de la conscience. Nous retrouvons donc ici encore la thèse fondamentale de la volonté incommensurable à l’entendement, thèse par laquelle Berkeley se sépare du criticisme et s'apparente au romantisme.

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