Ibid.,$ 1 et
3. Berkeley, Principles, introd., $ 2et 3. Cf. Descartes, Principes, Is 26 et 27. Malebranche, Recherche, II], 2. .
mouvements, c'est-à-dire l'esprit. Schopenhauer, en retenant la critique kantienne de la connaissance et en y ajoutant une métaphysique de la volonté, retrouvera en la développant et en l’approfondissant, une des idées maîtresses du système de Berkeley.
Il existe pour Berkeley deux causalités réelles : la volonté humaine, qui est la première connué, la volonté divine, qui produit en nous nos perceptions. tn dehors de ces deux activités, le monde phénoménal n'étant qu'une succession d’apparences passives, la causalité est pure succession, comme le dira plus tard David Hume !. Ainsi donc une double tendance se manifeste ici : d’une part, en faisant de la matière une pure apparence passive, Berkeley exclut de celle-citout pouvoir réel et ne voit dès lors dans l'attraction qu’une modalité du mouvement. Par là if continue le mouvement rationaliste et positiviste inauguré par Descartes. Les cartésiens se refusaient à admettre la gravitation universelle et considéraient celle-ci comme une qualité occulte. Berkeley de même bannit les entités scolastiques. Il ne veut pas qu'on réalise les hypothèses mathématiques, attraction, force, etc. ?. Mais en même temps, il devance la philosophie de Schopenhauer en reconnaissant derrière la matière une volonté réelle, en soutenant que le pur mécanisme ne peut expliquer la nature. Il est positiviste, mais il est spiritualiste.
Berkeley a donc été singulièrement clairvoyant, puisque tout en admettant ce que le développement ultérieur de la philosophieétablira en oppositionau criticisme, 1l a lui-même été le premier à soutenir quelques-unes des thèses les plus importantes de la philosophie critique. Il n'en reste pas moins vrai qu'au point de vue du criticisme sa philosophie, considérée dans son intégrité, ne saurait avoir grande valeur, parce qu'il n’a pas fait la théorie de la science. Comme Kant, il distingue le monde des phénomènes, qui est l'objet de la