Siris
science, et le monde des causes réelles, qui est celui de la métaphysique. Seulement tandisque Kant ne pose ce monde des causes réelles que pour le déclarer inaccessible, tandis qu'il le réduit à n'être qu'un postulat de la morale, Berkeley — qui fait de la science la simple généralisation d’une expérience contingente au regard de Dieu, — conserve à la métaphysique son objectivité et sa valeur. Or, par là même, il se rapprochait de Platon, qui distinguait le monde sensible, objet de l'opinion vraie, du monde intelligible, objet de la science!, et l'on conçoit dès lors qu'il se soit inspiré, dans ses derniers écrits, de la philosophie platonicienne, sauf à rapprocher de la notion berkeleyenne l’idée de Platon?. Le mysticisme de Berkeley n’est pas quelque chose qui se surajoute à sa doctrine : il en est l’aboutissement naturel, et ce myslicisme même — indépendamment de son empirisme— suffisait à l’éloigner d’une critique de la raison pure entendue à la manière de Kant
Il en était également éloigné par son empirisme. Mais cet empirisme n'est pas tel que la théorie de la vision ne puisse, tout au moins sur un point, se prêter à quelque rapprochement avec les théories de l’idéalisme transcendantal. Il est à noter en effet que tout en faisant de l’étendue un donné, Berkeley n’en a pas moins tendance à considérer le monde extérieur comme étant en quelque manière une construction de l’esprit. R
La vue, en effet, ne nous donne réellement que des taches de couleur d'étendue variable, et tout le reste, distance, . relief, forme, dimension, localisation, haut et bas, droite et gauche, sont des notions fournies par nos sensations tactiles et musculaires, relatives aux mouvements et aux attouchements de notre propre corps, sensations qui s'associent graduellement aux données de la vue. Le monde visible, tel que