‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 159 sur 181 · Alciphron, NI · texte numérisé non relu

Alciphron, NI

5. Hylas et Philonoüs, Il, t. Ip. 422 et suiv. « How sincere a pleasure is it to behold the natural beauties of the earth ! » Cf. Essays in the Guardian, N. it. IV, p. 158.

poétique des choses, à une vision d'ensemble de l'univers. Dans l’A/ciphron en particulier, il montre la solidarité des différents éléments du monde, la manière dont les diverses parties de l'organisme concourent à une même fin, la dépendance des animaux à l'égard les uns des autres et à l'égard des végétaux, la beauté de l'univers dépendant du soleil f. Dans la Siris, il considère la nature comme une chaîne de phénomènes dont le premier terme, Dieu, et le dernier terme, l'esprit fini, sont tous deux incorporels, tandis que tous les intermédiaires sont corporels et doués de toutes les - qualités des corps ?. EU sa conception, et soi sentiment de l'unité de la nature revêtent toujours une teinte d’enthousiasme mystique caractéristique du romantisme.

Cet amour de la naturé et cé sentiment poétique qui l’apparentent à Jean-Jacques Rousseau et à Bernardin de Saint- Pierre, deviennent d’ailleurs blus sensibles lorsque le romantisme de Berkeley s'approfondit. De même que Victor Hugo n'a vu tout d’abord dans lanature qu’un spectacle magnifique et varié, source de descriptions éclätantes, puis s’est trouvé peu à peu conduit à la conception d'une nature vivante *, Berkeley semble s'acheminer graduellement au sentiment des spontanéités profondes de la nature et de ses forces mystérieuses. Ainsi, pour lüi, ce qui est naturel n’est pas ce qui apparaît dès l’origine, mais ce qui, dans des conditions favorables, se développe : il est naturel à l’'oranger de produire des oranges, quoiqu'il n’en produise qu'en sa saison *. Ce passage est à rapprocher du paragraphe de la Siris où Berkeley monire que les théories mécañistes ne peuvent has expliquer la vie, même dans le détail des phénomènes, el où il invoque Comme exemple le développement de l'être vivant, oula croissance des re-

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