Ibid
nombre, à celui de toutes les nalions et de toutes les époques, du commencement du monde à sa fin !. Ainsi, en se rapprochant de la doctrine des docteurs anglicans du xvu® siècle, Berkeley se trouve sur la woie du mysticisme romantique. À ses yeux comme à ceux de Carlyie, l'autorité est mystique et vient par la grâce de Dieu ?. Seulement pour Carlyle, l'autorité n’est de droit divin que si celui qui en est investiest capable de remplir son rôle, et le critérium de cette capacité est la durée et la stabilité de son pouvoir. Le succès est la preuve du droit, la manifestation extérieure de la légitimité de l'acte, et la rébellion devient légitime dès lors qu'elle a pour effet de renverser une autorité incapable pour lui en substituer une capable. Mais l'autorité ne peut se maintenir et n'est sacrée qu'autant que ceux qui y sont soumis ont foi en elle. Tout autre est le point de vue de Berkeley. Mais il n'en reste pas moins qu'en un siècle où la tendance générale était de reconstruire rationnellement Ja société, il a vu dans l’organisation sociale « quelque chose de plus profond que le caprice populaire ou l'arbitraire contrat de Locke * ».
La parenté de Berkeley avec les romañtiques" s'explique par les préoccupations religieuses et les tendances pragmatistes qui sont l'expression directe de son caractère. Fonaièrement religieux, il écrit pour combattre les sceptiques et les athées : il s'insurge contre l'esprit antireligieux de son siècle, et l’un de ses ouvrages, l'A/ciphron, est précisément dirigé contre les tendances « libertines » du xvin* siècle. La réaction de Berkeley pourrait être ici rapprochée de celle de Jean-Jacques Rousseau qui, lui aussi, s'est mis en opposition avec l'esprit voltairien du siècle en écrivant la Profession de