LS
supprimé pour d'autres causes, el je suis même assez porté à croire que s'il l'a introduit dans la première édition, c'est que, reprenant dans le septième dialogue la conception pragmatiste du langage qui figure dans l'introduction des Principes, il a dû se laisser entraîner à reproduire intégralement les idées de cette introduction, et à en conserver le plan. Or comme, dans l'introduction, la théorie pragmatiste du langage vient à la suite de sa critique des idées abstraites, l'une peut très bien l'avoir conduit à exposer l'autre,
Ainsi, en supprimant un développement qui, par sa longueur même, faisait perdre de vue l'objet principal de la discussion, qui est la grâce, Berkeley n'a point entendu renoncer à son nominalisme. Et ce qui semble confirmer cette vue, c'est que dans la Sws, le philosophe continue de rejeter les idées abstraites au moment même où il adhère à la doctrine platonicienne des idées !. En outre, et ce fait est décisif, certains arguments de l'A/ciphron s'appuient expressément sur la doctrine des idées abstraites. Ainsi Berkeley réfute les déterministes en montrant que séparer le jugement de la volonté, quand on discute sur l'existence du libre arbitre, est une abstraction ?. Il montre ailleurs que a grâce ne doit pas être séparée de Dieu qui en est l’auteur, de l'homme qui en est le sujet, de la piété et de la vertu que en sont les effets *.
Toutefois, on peut admettre qu'après son adhésion au platonisme, la critique des idées abstraites, telle qu'elle est exposée dans Alciphron, ait perdu à ses yeux une partie de son importance et de sa valeur, ce qui aurait contribué à la lui faire retrancher d’une discussion où elle était plutôt nuisible qu’utile.
1" Siris, $2323.