‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 172 sur 181 · DEUXIÈME SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION

S1. — Le monde système de signes : création continue et finalité naturelle.

Conception du monde comme un système de signes destiné à éclairer l'action humaine. — Cette conception permettait de résoudre une difficulté résultant de l'attribution de l'univers visible à une cause unique. La complexité que nous observons dans la nature n’est nécessaire à la production d'aucun effet, — mais est nécessaire à l’intelligibilité du monde. Une telle conception implique en outre la création continue,

\rpétuelle révélation de Dieu par la nature, — et à ce titre, elle

découle logiquement de l'analyse des conditions psychologiques de la vision et de la conception psychologique de la cause. La constance des perceptions visuelles et de leurs associées tactiles conduit à l'idée d'une cause unique, — jeur accord avec les besoins du corps à l’idée d'une cause intelligente et bonne, — leur identité pour tous les esprits rend possible la société des esprits. — Berkeley s'élève ainsi à l'idée d'une Providence universelle. :: + 4 mn . su Ur) Cette Providence est libre, puisqu'elle est volonté et que toute volonté est libre. Par suite, le lien du tangible au visible est contingent, — les rapports des phénomènes entre eux sont des rapports non de cause à effet, mais de signe à chose signifiée. Tous les phénomènes ayant une même cause efficiente, qui est Dieu, leur apparition dans le temps ne comporte pas de cause efliciente particulière, mais seulement des causes CRE Re LE Te ARR A RE OI, te 0 On objectera que la nature étant imparfaite ne semble pas être l’œuvre directe d’un esprit infiniment sage et bon. Réponse : 1° les imperfections résultent de la généralité et dela simplicité des lois de la nature nécessaires à l'intelligibilité du monde et à la conduite humaine; 20 elles font ressortir la beauté de l’univers ; 3° elles sont un bien, rapportées a-Tensembleidu monde 3 22. ur 00108

$2 — La pensée, système de signes : le pragmatisme de Berkeley.

La théorie des signes implique la subordination de la représentation à la volonté. Deux points à considérer : 4) théorie de la science ; b) théorie de la foi. À

a) L’uniformité des lois naturelles a sa raison d'être dans son utilité pratique. La science humaine qu elle rend possible est utilitaire dans sa fin. C’est un système de notations ou de signes substituables aux choses.

b) Les signes ne suggèrent pas toujours des idées, mais encore des émotions, et c’est précisément le rôle des dogmes et des symboles.

Le pragmatisme de Berkeley résulte logiquement de ce que la représentation pour lui n’a d'existence que dans l'esprit actif: la valeur en est donc relative à celle de l'action. . . . . . . . . . 104

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