‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 25 sur 181 · Hylas et Philonous, I, t. I,p · texte numérisé non relu

Hylas et Philonous, I, t. I,p

L'IMMATÉRIALISUE 11

En outre, rien ne peut ressembler à une idée,si ce n’est une idée. Il nous est impossible de concevoir une ressemblance si ce n'est entre nos idées. Pour pouvoir comparer deux choses entre elles, il faut les percevoir l’une et l'autre. On ne peut donc pas dire d’une chose qui n’est pas une idée qu’elle est semblable à une idée ou qu'elle en diffère !, Ainsi de deux choses l’une : ou ces originaux supposés sont perceptibles, et dans ce cas, ils sont des idées ;: — ou ils sont impossibles à percevoir, et dans ce cas ils ne peuvent ressembler à rien. Une couleur ne peut ressembler à une chose invisible ?. |

2° Essaye-t-on maintenant de définir la matière comme la cause de nos sensations ?

La substance matérielle ne peut davantage être une cause. Prenons en effet les corps tels que les matérialistes se les représentent. Nous ne pouvons comprendre comment un corps peut agir sur un esprit: on n’a jamais expliqué comment des corps externes, des figures et des mouvements pouvaient: produire une apparence dans la conscience, et les matérialistes eux-mêmes se reconnaissent incapables de Je faire #. Il y a plus. L'extension, la figure, le mouvement, ne sont que des idées ou des modifications de nos idées. Or nos idées sont des états passifs de notre conscience, leurs modifications sont des modifications passives de notre conscience. IL est donc impossible qu'elles soient causes de quoi que ce soit, et par conséquent l'extension, la figure, le mouvement, étant eux-mêmes des idées, ne peuvent produire en nous des idées 4. Plus précisément éncore, essaye-t-on d'expliquer la production de nos idées en nous par l'action exercée sur nos nerfs et sur notre cerveau ? Mais quand on parle des idées comme produites par des impres-

1. Commonplace Book, p. 61. Cf. Hylas et Philonous, 3 dialogue, p- 465. ’

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