‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 28 sur 181 · Connaissances humaines, début · texte numérisé non relu

Connaissances humaines, début

L'IMMATÉRIALISME 49

pas la conviction »t, C'est à produire cette conviction que Philonous s'applique, etille fait d'une double manière. D'une part, il presse Hylas de préciser ce qu’il entend par matière et le force ainsi à constater que quand il parle de la matière comme d’une substance, d'un modèle, d’unecause, d'un substratum ou d'une occasion, il emploie des mots vides de sens : d'autre part, il lui prouve que si la matière lui apparaîtcomme concevable, c’est qu'il applique ce terme de matière à des qualités sensibles dont toute la réalité consiste à être perçues, ce qui est en contradiclion avec l’idée de substance matérielle existant en soi. L'esprit d'Hylas oscille ainsi entre deux espèces de matières, une matière irreprésentable qui n’est qu'une abstraction, une matière représentable qui n’est qu’une perception, et tous les arguments de Philonous le ramènent sans cesse d’un point de vue à l'autre, jusqu’au moment où la thèse de l’idéalité de la matière devient pour lui croyance vivante et, comme telle, emporte définitivement sa conviction.

1. D. Hume, 12% Essai, I, note, trad. Pillon, p. 563. Cf. Hylas et Philonous, II, t. I, p.442. « Truly my opinion is that all our opinions are alike vain and uncertain. What we approve to-day, we condemn to- MOrrow. »

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