‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 30 sur 181 · Jbid., p · texte numérisé non relu

Jbid., p

LA CAUSE DE NOS SENSATIONS : DIFL t |

Quand nous avons bien compris la nature de la vision, nous pouvons, par le raisonnement, arriver à connaître la cause extérieure invisible de nos sensations ;nous pouvons savoir si elle est une ou multiple, intelligente ou aveugle t. Des effets que je vois produits, je conclus qu'ily a des actions effectuées. Ces actions supposent des volitions, ces volitions une volonté. De plus, les choses que je perçoisdoivent avoir, elles ou leurs archétypes, une existence extérieure à mon esprit, puisque l'expérience me montre qu'elles en sont indépendantes. Mais les idées, comme leurs archétypes, ne peuvent exister ailleurs que dans un entendement. Or volonté et entendementconstituent, au sens strict, un esprit(maend or spirit). La cause de mes perceptions est donc à proprement parler un esprit ?, puisqu'elle est un entendementet une volonté.

£ssayons encore d'approfondir la nature de cet esprit. Quand je refuse aux choses sensibles une existence extérieure à ma pensée, Je ne parle pas de ma pensée particulière, mais de toutes les pensées. Il est évident en effet qu'elles ont une existence extérieure à mon esprit, puisque l'expérience me montre qu’elles en sont indépendantes. Il y a donc quelque esprit dans lequel elles existent durant les intervalles de temps où je cesse de les percevoir, comme elles existaient avant ma naissance, et comme elles existeraient en me supposant anéanti. Or ce qui est vrai pour moi l’est aussi pour tous les autres esprits finis. Il faut donc qu'il. y ait un Esprit éternel omniprésent qui connaît el comprend toutes choses, et qui nous les manifeste de la manière et suivant les règles qu’il a ordonnées, et que nous appelons les lois de la nature ?. Et si nous considérons en effet la constance, la régularité, l'ordre et l'enchaînement des choses de la nature, la surprenante magnificence, la beauté et la perfection des plus grandes, et la merveilleuse organisation des plus petites,

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