‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 32 sur 181 · LA CAUSE DE NOS SENSATIONS : DIEU · texte numérisé non relu

LA CAUSE DE NOS SENSATIONS : DIEU

D'autre part, la permanence d'une chose en soi cause de nos sensations étant jugée une hypothèse inadmissible, il y avait lieu de se demander pourquoi les esprits différents, en qui seuls les sensations existent, percoivent effectivement les mêmes choses, et pourquoi les sensations se reproduisent identiques, après des intervalles de non-perception, comme si Les choses avaient subsisté ? Précisément parce qu'il établissait avec force la relativité et la subjectivité des qualités sensibles, Berkeley devait sentir impérieusement le besoin d'expliquer l’accord que manifestent les différents hommes au sujet des sensations qu'ils éprouvent, et l’unité de la nature résultant de la constance de ses lois. Or une cause . unique, Dieu, permettait de résoudre d’un seul coup ce double problème.

Tout ce que nous voyons, entendons, touchons ou percevons par les sens étant un effet du pouvoir divin, Dieu se manifeste à nous en tous temps et en tous lieux, et rien n’est plus évident que l'existence d'un Dieu présent et intimement uni à nos esprits, produisant en eux toute la variété des sensations qui les affectent, dont nous dépendons absolument, en qui nous vivons, nous nous mouvons et avons notre être !. Dieu nous est ainsi connu avec autant de certitude et aussi immédiatement que tout autre esprit distinct de nous-mêmes. Son existence est même plus évidente que. celle des autres hommes, puisque les effets de la nature sont infiniment plus nombreux et plus considérables que ceux qu'on attribue à des agents humains, et que tout ce qui révèle un homme ou un effet produit par lui révèle en même temps et avec plus de force encore l’auteur de la nature ?,

(1 Principles, $ 148, 149. Cf. Hylas el Philonous, 2e dial, t. le p. 424, 425.

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