CHAPITRE IV
LA SUPSTANCE SPIRITUELLE.
La réalité de la substance spirituelle est impliquée dans la critique de la notion de matière. Le monde sensible n'a pas de réalité métaphysiqué parce qu'il n'est qu'une manière d’être de l’esprit. Il existe donc en autre chose, tandis que l'esprit existe en soi. « Il n'existe à proprement parler que des personnes, c’est-à-dire des choses conscientes. Toutes les autres choses ne sont pas tant des existences que des manières. d'être des personnes !. » Il y a contradiction à dire que les idées existent dans ce qui ne perçoit pas ;1ln yena pas à dire qu’une chose qui perçoit en est le sujet ?.
On voit par là combien il est vain de prétendre que Hume a fait pour la notion de substance spirituelle ce que Berkeley avait fait pour la notion de matière. La position de Berkeley est absolument différente, et beaucoup plus forte. d’ailleurs qu'on ne l'accorde généralement. Sans doute Berkeley a tenu parfois le même langage que Hume. « L’existence même des idées constitue l'âme... L'esprit esl un amas de perceptions. Posez les perceptions, vous posez l’esprit. Otez les perceptions, vous ôtez l'esprit %. » Mais si l’esprit n'existe pas sans idées, iln’en reste pas moins une substance. Cette substance n'existe pas sans accidents, c’est-à-dire sans délerminations particulières; mais son existence ne dépend pas de telle ou telle idée, n’est subordonnée à aucune idée
en particulier : à ce titre, elle en est distincte. « L'esprit est 1. Commonplace Book, p. 59. j