Commonplace Book, p
LA SERSTANCE SPIRITUELLE ù 5!
la seule substance dans laquelle puissent exister les idées : or il serait absurde que la substance qui supporte ou percoit les idées fût elle-même une idée ou semblable à une idée 1, »
Berkeley repousse une matière abstraite de ses qualités sensibles, en disant qu'il «ne semble pas moins absurde de supposer une substance sans accidents que de supposer des accidents sans substance »?. Or il suit de là qu'il est également absurde : {1° de supposer un moi sans phénomènes ; 2° de supposer les phénomènes du moi (par exemple le monde perçu) sans le moi. Par là, Berkeley est nettement opposé à Hume: le moi ne peut être une collection de phénomènes qui seraient dès lors des accidents sans substance; et d'autre part, un moi distinct de ses phénomènes ne serait qu'une abstraction. La position philosophique de Berkeley excluait d'avance la critique de Hume.
Berkeley rejette la substance spirituelle en tant que substance inconnue. Non sans quelque hésitation d'ailleurs. Ils’est demandé si l'être n'est pas la substance de l’âme, ou si l’être ajouté aux facultés complète l'essence réelle et la définition adéquate del’âme *. Geci revient à direqu'il avait un vif sentiment de la substantialité de l’âme avant d’être arrivé à se former de celle-ci une notion distincte. Il ne voit pas la moindre raison d'admettre une substance pensante — quelque chose d'inconnu — qui perçoit, supporte et lie entre elles les idées #. Mais ce qu’il rejette ainsi comme inutile, c’est l’entité des scolastiques, le noumène de Kant, car il admet au contraire la substance en tant que chose consciente, plus précisément en {ant que volonté *.
Quelles que soient d’ailleurs les oppositions apparentes ou