Cpl:B.; p93'et 34 DIDid. pr 02853 Ce p
SAIDIde pile
4 Ibid ep. Da:
ment parler, et en tant qu’elle est distincte des idées 1 ». L'esprit — la substance active — qui est l’âme et Dieu, est la volonté seule. « Les idées sont des effets — des choses impuissantes ?., » Et Berkeley se demande s'il ne ferait pas mieux d'accorder que les couleurs existent en dehors de l’esprit, entendant par l'esprit la substance active qu'il appelle Je ou #10i — et qui semble être distincte de l'entendement *.
Il oppose donc l’esprit à l’entendement, comme ce qu'il y
a d'actif à ce qu'il y a de passif en nous. Il les identifie au contraire lorsqu'il envisage l’entendement, non plus dans son contenu, mais dans sa forme. Le mot esprit désigne à Ja fois la volonté et l’entendement, tout ce qui est actif #. « L’entendement, écrit-il alors, est une sorte d'action. L'entendement, considéré comme faculté, n’est pas réellement distinct de la volonté 5 ». De ce point de vue, on peut dire que lentendement et la volonté se confondent, ou plutôt qu’ils ne sont que deux idées abstraites, en d’autres termes qu'ils ne sont rien, n'étant pas différents, même par une distinction de raison, de l'esprit en tant que faculté, c'est-à-dire en tant qu'actif 6. :
Entin, d’après le Commonplace Book, la volonté est en elle-même une et identique. En premier lieu, nous ne voyons pas de différences entre les volitions elles-mêmes, mais seulement entre leurs effets. C’est donc par leurs effets seuls qu'elles diffèrent les unes des autres. « Volonté, entendement, désir, haine, etc., pour autant qu'ils sont des actes ou impliquent l’action, ne diffèrent pas:-Toutes leurs différences consistent dans leurs objets [les] circonstances [où elles se produisent}, ete... Il y a une volonté, un acte, distingué par
, dt
. Cormonplacé Book, p. 16.
FAR + 1bid ep. 88: 5 * . Ibid.; p. 55.
Ibid pr 562%, . Ibid , p. 57.
D Où À ON
LA VOLONTÉ à 59
ses effets. Cette volonté, cet acte est l'esprit, c’est-à-dire le principe actif, l'âme, etc. ! » En second lieu, cette volonté, toujours la même, est permanente: elle accompagne toutes les représentations. € Pendant que j'existe ou que j'ai une idée, ma volonté est éternellement, constamment agissante. Le consentement que je donne à mon état actuel est un acte de ma volonté ?, » Il semble que l'âme, en tant que volonté, soit immortelle, incorruptible *, Et Berkeley se demande si l'identité de la personne ne consiste pas dans la volonté #. Que Berkeley n'ait pas abandonné ces conceptions du Commonplace Book, c'est ce qui résulte des textes mêmes de la Siris, où nous le voyons reprendre sous une forme nouvelle les trois thèses formulées dans son journal philosophique. La volonté divine possède en effet au plus haut degré les caractères essentiels de la volonté humaine. Elle est ineffable, comme l’autre est inconnaissable ; nous ne pouvons en avoir la notion qu’en nous identifiant à elle par l’extase. Elle est la substance divine elle-même, fons Deitalis; comme ttlle, elle engendre l'intelligence de Dieu qui est toute action. Enfin elle est une en elle-même, diversifiée seulement par ses effets dont l’ensemble constitue le monde sensible perçu par nous; elle est aussi immuable, éternelle, incorruptible. Elle est l’unité absolue, la raison de l'unité du monde dans son ensemble, et de l'unité de chaque être pris en particulier, la même unité étant en Dieu la force qui produit, dans l’âme la force qui conserve l’âme et le corps, dans les institutions humaines l'autorité qui fonde. Ainsi Berkeley reconnaît ici implicitement à la volonté humaine les caractères essentiels par lesquels il la caractérisait dans le Commonplace Book, et en même temps il rend raison de ces caractères par sa théorie de la participation des
1” CniMbE pp, 40,55.
2, Tb1d/,ep 49?
DALOtde D AD 4, Ibid,, p. 72.
créatures aux perfections divines: il les fonde en quelque manière en Dieu !.
Si l’on veut bien remarquer, d'autre part, que les autres ouvrages de Berkeley, non seulement ne contiennent rien de contraire à ses premières intuitions, mais au contraire n’affirment rien qui ne soit en parfait accord avec elles, puisque ce qu'il disait autrefois de la volonté, il l’affirme maintenant de l'esprit, en définissant l'esprit de telle sorte qu’il apparaît identique à la volonté, il serait assez peu vraisemblable qu’il eût abandonné dans les Principes ses idées du Commonplace Book pour y revenir sur le tard dans la Siris. Hypothèse pour hypothèse, celle qui consiste à présumer que Berkeley n’a jamais varié est de beaucoup la plus simple, la plus logique et la plus claire. La seule difficulté qu’on y puisse trouver, c'est que lathéorie de la volonté n’est pas exposée d'une manière explicite dans les Principes, ct de ce fait même, on peut assez aisément rendre raison. Peut-être, en effet, Berkeley n’a-t-il pas senti toute l’importance de sa théorie, élant donné que cette importance, à nos yeux, résulte du développement ultérieur de la philosophie européenne. C’est parce qu'on a vu dans l'intuition dela volonté un moyen d'échapper aux conséquences de la critique de Hume et de Kant, qu'on a considéré la thèse de l’incommensurabilité de la volonté à l’entendement comme absolument capitale. Mais par rapport à l'immatérialisme, point essentiel de son système, ce que Berkeley avait dit de l'esprit et de ses notions suffisait. On s'explique dès lors que l'étude des rapports de l'intelligence et de la volonté divine, entreprise sous l'influence du néo-platonisme, ait seule ramené son attention sur ce point.