De motu
4, Commonplace Book, p.55.
tablement agissantes les causes spirituelles, en d’autres termes, les volontés. |
La théorie de la causalité chez Berkeley peut être comparée avec fruit à celle de Hume, etici encore nous pouvons dire que Berkeley bien compris eût rendu Hume impossible. Pas plus qu’il n'avait à appliquer à la substance spirituelle les procédés de critique par lesquels il avait ruiné la notion de matière, Berkeley ne devait logiquement appliquer à la cause psychologique ce qu'il disait de la cause physique. Pour lui, tous les phénomènes du monde extérieur ne sont que nos idées, et ces idées, se produisant en nous sans participation de notre volonté, sont des états passifs de notre conscience. Or toute cause est active. Donc une idée, étant passive, ne peut être cause d’une autre idée. Il affirme ainsi, avant Hume, que dans le monde extérieur la causalité est pure succession, ou, pour parler comme nos-contemporains, . que le rappôrt de causalité est synthétique. Seulement, à la différence de Hume, il n’étend pas à la causalité interne ce qu'il a établi pour la causalité externe. Il distingue la cause physique, qui n'est en réalité qu'une occasion, de la cause psychologique, seule véritablementagissante. Or, du ‘point de vue de Berkeley, la position de Hume est absolument intenable,
Hume conçoit la causalité interne comme une succession d’élats passifs, au mépris de ce qu’il y a de proprement original dans l’activité consciente. Sa cause est une cause qui a cessé d'agir, Son effet, un effet qui a cessé de se produire. Il affirme que la conscience empirique ne peut révéler un lien causal entre la volition et le mouvement qui la suit, sans s'apercevoir qu'il n’a pas le droit de séparer la volition du mouvement, d'isoler l'effet de la cause ou la cause de l'effet. Dans la conscience que j'aide mon initiative créatrice productrice de mouvements, les deux choses ne sont point séparées : c’est un indivisible. L'erreur de Hume était donc" de transformer la volonté en représentation, l’activité réelle
en une succession d'états passifs, ou, comme dirait Henri Bergson, de morceler le devenir continu de la conscience en élats immuables et distincts. Fidèle à son point de vue, qui est de prendre la réalité telle qu'elle s'offre, Berkeley, tout au contraire, conserve à la volonté son caractère original : il l’affirme irreprésentable, impossible à connaître par idées, mais connaissable seulement par notion. On ne saurait donc lui reprocher de n'avoir pas soumis à la critique la notion de cause. Ce n'est pas là une lacune de son système, mais une preuve de sa cohérence.
D'autre part, Berkeley diffère encore de Hume en ce que sa théorie de la causalité externe. suppose une causalité transcendante par rapport aux phénomènes, toute passion en
- nous supposant une action exercée sur nous du dehors. Or il découle de là des conséquences importantes pour l'intelligence du système.
La critique du concept de cause — appliqué au monde matériel, implique chez Berkeley, aussi bien que la critique de l’idée de matière, l'existence de la substance spirituelle. C’est parce que la matière est un état de notre âme qu'elle n'existe pas en soi ; c’est parce qu'elle est un état passif qu’on lui doit refuser toute causalité, Or un état passif ne peut exister que comme mode d’une substance, que dans une substance. Il y a contradiction à dire que les idées existent dans ce qui ne perçoit pas ou sont produites par ce qui n’agit pas. Il n’y en a point à dire qu'une chose qui perçoit en est le sujet, ou qu'une chose active en est la cause !.
Pour Berkeley, dont toutes les idées prétendent se référer à une expérience vécue, ce qui est passif, c’est ce qui est involontaire : etce qui est involontaire ne peut exister que chez un être doué de volonté, par conséquent dans une substance. De ce point de vue, la cause de nos sensations est donc une limitation de notre activité, et Berkeley tend en