Commonplace Book, p
3 Principles, $ 147.
tent. La pensée de Berkeley peut donc, mulalis mutandis, êlre rapprochée de celle des métaphysiciens du xvu* siècle, dont la tendance est de mettre toute causalité en Dieu par suite de la difficulté qu'ils éprouvent à admeltre l’action de la substance étendue sur la substance pensante ou celle de la substance pensante sur la substance étendue Seulement. landis que ces métaphysiciens aboutissaient au déterminisme universel, Berkeley pose l'activité humaine et l'activité divine, comme se conditionnant en quelque sorte l’une l’autre, les différents esprits agissant les uns ‘sur les autres par l'intermédiaire de Dieu.
Cette espèce de dépendance mutuelle de la volonté divine et des volontés particulières, ou, pour parler plus exactement, cette solidarité de tous:les instants qui les unit, n'empêche pas qu’elles ne soient libres l’une et l’autre. =
1° L'activité de l’homme est libre. L'esprit considère ses idées, choisit, rejette, examine, délibère, en un mot agit sur elles; et non elles sur lui. Il se détermine ainsilui-même. En effet il ne peut être déterminé par les objets extérieurs, puisque ceux-ci sont inertes, ni par ses autres idées, images et souvenirs, pour la même raison !. « C’est folie que de rechercher ce qui détermine la volonté. Le malaise, etc., sont des idées, donc sont inactifs, donc ne peuvent rien faire, donc ne peuvent déterminer la volonté.?» Quantà demander si l'on peut vouloir les deux côtés de l’alternative, c’est absurde, car le mot « peut » présuppose la volition…. Locke pose une question absurde lorsqu'il demande si l'homme est libre de vouloir. En somme, l'attitude de Berkeley en ce qui concerne le libre arbitre peut être rapprochée de celle de Bergson. La liberté est un fait de l’expéricnce intime. Il suffit d'invoquer l'intuition en faveur du
1. Alciphron VII,K$ 18, 19 et 20, È NN 2. Commonplace-Book, p. 34.