Ibid
encore à l'argument, c'est que les angles et les lignes dont il est ici question sont des abstractions sans existence réelle !. -La distance étant en elle-même invisible, il faut qu’elle nous soit suggérée par quelque autre idée perçue immédiatement par la vue. Or, en premier lieu, quand un objet s'approche ou s'éloigne, nos yeux se meuvent de telle manière que l'intervalle entre nos deux pupilles diminue ou s'accroît; et ce mouvement de nos yeux donne naissance à une sensation qui se trouve ainsi varier ellesmème suivant la distance. Ainsi, quoiqu'il n'y ait aucune connexion nécessaire entre les sensations muscülaires dues aux mouvements de l’œil, et le plus ou moins de distance qui nous sépare de l'objet, l'expérience nous montrant constamment l’un des phénomènes à la suite de l’autre, la notion d’une certaine distance nous est naturellement suggérée par telle ou telle sensation musculaire liée au mouvement de nos yeux. En second lieu, si l'objet, étant déjà suffisamment rapproché de nos yeux, s’en rapproche encore, la vision que nous en avons devient confuse et d'autant plus confuse qu'il se rapproche davantage. La confusion de la vision est donc un nouvel élément capable de nous suggérer la distance, et l'expérience nous apprenant à associer l'idée d'une certaine distance à un
certain degré de confusion, l'un ne nous est pas plutôt
donné que nous pensons aussitôt à l’autre. La connexion ainsi établie n’a d’ailleurs rien de nécessaire, et si notre expérience était inverse, en sorte que l’objet devint confus à proportion de son éloignement, ce serait la confusion de la vision qui nous suggérerait l'idée d’une plus grande distance, et la. clarté de la vision celle d’une distance moindre. Enfin, lorsqu'un objet se rapproche de notre œil dans ces mêmes conditions, nous pouvons prévenir la confusion par un mouvement appropriéde l'œil, et la sensation ainsi éprouvée, comme le degré de l'effort que nous faisons alors pour obtenir une”