‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 53 sur 181 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

sont donnés par la vue que d’une manière secondaire et dérivée, sont en réalité des données immédiates du toucher sugoérées par l'intermédiaire des données immédiates de la vue. Mais la suggestion est si vive et si prompte que les deux objets semblent faire corps l'un avec l’autre, de même que les mois d’un langage familier sont compris aussitôt qu'entendus, et demeurent inséparables de leur significaion, en sorte qu'il semble que nous entendions les pensées elles-mêmes 1.

b) La grandeur.

Quant à la manière dont nous jugeons de la grandeur des objets, l'explication géométrique ne saurait davantage être admise. Qu'une même portion d’étendue sous-tende un angle plus ou moins grand, selon qu’elle est elle-même plus ou moins rapprochée, c'est une chose qui ne nous renseigne en rien, puisque nous n'avons aucune conscience de cet angle, el tout ce que nous avons dit pour la distance vaut ici pour la grandeur ?. L'analyse psychologique seule doit ici nous servir de guide. Pour savoir ce qui introduit dans notre esprit l’idée de telle ou telle grandeur, . nous n'avons qu'à interroger nos propres pensées ?.

L'élendue visible et l'étendue tangible sont deux choses distinctes, puisque les données de la vue sont différentes de celles du toucher. Chacune d’elles étant sensible, elles ne peuvent, ni l’une ni l’autre, être indéfiniment divisibles, puisqu'il existe pour chaque sens un minimum au delà duquel il n’est plus de perception possible, Suivant que Île nombre de ces minima visibles ou tangibles est plus ou moins grand, l'étendue visible ou tangible est elle-même plus ou moins grande. En d’autres termes, il existe une grandeur . visible et une grandeur tangible. |

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