Netv theory of vision
Or, quand nous parlons de la grandeur réelle d’un objet, nous entendons par là sa grandeurtangible quiést invariable et non sa grandeur visible qui augmente ou diminue selon qu'on s'approche ou s'éloigne. Un homme placé à dix pieds de distance est jugé aussi grand que celui qui n'est éloigné que de cinq pieds, encore que sa grandeur visible soit plus grande dans le second cas que dans.l’autre. Le problème est donc ici de déterminer comment la grandeur tangible nous est suggérée par la vue, et la simple observation de ce qui se passe en nous quand nous jugeons de la grandeur des objets nous en donne la solution. En fait, la grandeur tangible nous est suggérée, comme la distance, par certaines qualités des données imrmédiates de la vision ; la grandeur visible de l’objet, sa confusion ou sa distinction, sa vivacité ou sa faiblesse, sans parler de toutes les autres circonstances, telles que le nombre, la figure et la situation des objets inlermédiaires !.
Il est d’ailleurs aisé d'expliquer pourquoi la grandeur tangible invariable éclipse en quelque sorte à nos yeux la grandeur visible et changeante qui la suggère. C'est que le visible est le signe du tangible et que le signe n'a pas pour nous le même intérêt que la chose signifiée. Les idées du toucher ont plus d'importance que celles de la vue, parce que les objets nous intéressent dans la mesure où ils sont propres à causer à nos corps du dommage ou du profit, et par conséquent à nous procurer douleur ou plaisir. Or le profit et le dommage qui nous viennent des corps dépendent surtout du contact. Le rôle des idées de la vue est dès lors de mettre l'animal et l’homme à même de prévoir à distance, par le moyen des idées tactiles qu’elles leur suggèrent ct dont l'expérience leur a révélé les effets, l’action que les -corps étrangers exerceraient sur le leur propre, au cas où se produirait le contact.