‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 56 sur 181 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

c) La situation : la vision droite.

D'après les physiciens, si nous voyons les objets droits et non renversés, bien qu'ils se peignent renversés sur notre rétine, c'est que nous rapporlons chacun des points de limage peinte au fond de notre œil au point correspondant de l’objet dont elle émane. Les rayons visuels, allant de l'œil à l'objet, suivent ainsi la direction des rayons lumineux allant de l’objet à l'œil, et, refaisant le chemin parcouru par ceux-ci, opèrent en quelque sortele rétablissement de l'image.

A cette théorie, trois objections peuvent être faites : 1° Un enfant, un idiot, ou même une personne ignorante des lois de l'optique est incapable de se représenter un schéma aussi compliqué que l'ensemble des ravons lumineux et visuels par lequel les physiciens prétendent expliquer la vision droite. Cependant l'enfant, l'idiot, la personne ignorante en physique, jugent de la position des objets sans difficulté.

2° Je n'ai-aucune conscience des rayons visuels ou lumineux dont il est question ici. Or une’ chose dont je n'ai pas conscience ne peut servir à introduire dans mon espril une idée : une chose que je ne vois pas ne peut me suggérer ce que je vois.*

3° Une telle explication implique que nous percevons à distance les objets propres de la vue, ce qui a été démontré faux ?.

En réalité, le haut, le bas, la droite et la gauche sont des notions relatives à notre propre corps, fournies par les seules sensations tactiles et musculaires, etqu'on ne peut acquérir sans le mouvement ou l'application de la main et des différentes parties du corps. Un aveugle né possède ces notions, le bas étant, dans lPensemble de ses sensations tactiles, la

1, Theory of vision, S88 et suiv.

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