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soient de même nature que les sons qui composent le mot prononcé. ,
Ilest vrai que les idées visibles et les idées tangibles sont beaucoup plus aptes à être confondues que les signes ne le sont ordinairement avec les choses qü'ils signifient, Mais c'est que l'association du visible et du tangible est constante et universelle, qu’elle commence à se produire dès notre enfance, et qu'elle se-répète et se fortifie à chaque instant de notre vie, tandis que l'association du son et de la représentation graphique d'un mot, par exemple, est une chose que nous : nous souvenons d’avoir apprise, qui résulte d’une convention humaine et varie d'un pays à l’autre. Nous avons ainsi la possibilité de les distinguer ?. En outre, les sensations visuelles sont liées aux sensations tactiles et musculaires produites en nous par le mouvement de nos yeux, ce qui est de nature à fortifier encore l’association et par suite à faciliter la confusion. Enfin il faut observer que le‘toucher, comme la vue, peut nous oflrir une grande diversité de sensations distinctes simultanées, tandis que des sons qui se produisent ensemble tendent à se fondre en un son unique. Le toucher, comme la vue, nous présente donc une multiplicité de parties coexistantes distinctes, ce qui fait que les sensations de la vue et celles du toucher sont, plus que n'importe quelles autres, aptes à s'associer et aisées à confondre *, sans que cette aptitude à s'associer étroitement pique aucune ressemblance ou identité de nature,
N 3 — L'étendue géométrique.
La critique de l'étendue abstraite et de l’espace sans qualités sensibles n'ailait pas sans difficultés. Il élait en effel généralement admis que la géométrie porte sur l'étendue indépendante de toute qualité sensible, objet de l'entendement pur.