‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 65 sur 181 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3, Ibid , $ 145.

De LA PIHILOSOPHIE DE BERKELEY

Berkeley devait se préoccuper d’autant plus de cette opinion que les mathémaliques avaient fait depuis le xvrr siècle, avec Descartes, Leibniz et Newton, des progrès considérables. Comme il se refusait à admettre un espace homogène à trois dimensions, — infini, immobile, indivisible, — comme toute idée pour lui élait particulière et concrète, ilne pouvait faire entrer dans sa théorie l’idée qu'on se faisait ordinairement des mathématiques, etil se trouvait ainsi dans l'obligation de constituer une théorie nouvelle. | C’est une opinion générale que la géométrie a pour objet l'étendue visible, et l’on altribue la clarté et l'évidence des démonstrations géométriques au fait que les idées sur lesquelles porte la démonstration sont tracées sur le papier même. C’est oublier que l'étendue visible est peu considérée en elle-même, qu’elle ne possède point de grandeur fixe, et que la mesure de l'étendue se fait par l'application d’une étendue tangible à une étendue tangible. D'où il suit que les figures en géométrie sont du même usage que les mots. Ils sugeèrent les figures tangibles comme le font les mots euxmêmes. La seule différence, c'est que la suggestion par le mot est variable et dépend d'une convention humaine, tandisque la suggestion par la figure visible est absolument universelle, un carré visible suggérant un carré tangible à tous les hommes de tous les pays et de tous les temps !. C'est ce qui ressortira avec plus d'évidence encore, dans la supposition d'un homme dont la vue serait parfaitement claire et distincte, mais qui ne posséderait pas le sens du toucher. Un tel homme n'aurait aucune idée d’un solide, ou d'un espace à trois dimensions, puisqu'il n'aurait aucune” notion de la distance ; et la géométrie dans l’espace, la mesure des solides, les surfaces convexes et concaves, les propriétés des lignes engendrées par la section d'un solide demeureraient étrangères à son esprit. Il ne comprendrait

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