‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 69 sur 181 · Alciphron, IV · texte numérisé non relu

Alciphron, IV

100 LA PIILOSOPIHE DE BERKELEX

à Berkeley le grand avantage de lui permettre de résoudre une difficulté soulevée par sa conception philosophique d’un monde sensible dont toute la réalité est d’être perçu, et dont toutes les manifestations particulières se rapportent à une seule et même cause.

Si tous les phénomènes ont une cause unique, d’où vient la complexité des choses de la nature ? Si les organes et les diverses parties organisées des animaux et des plantes, n'étant que des idées, n’ont aucune activité réelle, et n’ont aueune connexion nécessaire avec les effets qu'on leur attribue, en quoi les végétaux en ont-ils besoin pour croître et se développer, ou les animaux pour accomplir tous les mouvements qu'ils nous manifestent ? Si c’est Dieu, par un acte de volonté, qui produit toutes nos perceptions, pourquoi la vision de l'heure sur le cadran d’une montre a-t-elle pour con dilions la réalisation par un horloger de tout le mécanisme compliqué des pièces et des roues ? D'où vient qu'un dérangement dans l’agencement de ce mécanisme ne peut se produire sans que la marche de la montre ne soit dérangée et d’où vient que la réparation faite par un habile ouvrier ait pour conséquence la reprise d’une inarche régulière ? Quelle cause finale peut-on assigner à l’innombrable multitude de détails que nous révèle le microscope, à cet agencement merveilleux des parties qui sont comme les rouages cachés de l'immense horloge de la nature ?

A ces objections Berkeley répond que si cette complexité

des parties et des organes n’est absolument nécessaire à la production d’aucun effet, elle est cependant nécessaire à la régularité qui se manifeste dans la production des choses. Les effets naturels sont produits d’une manière uniforme et il faut qu'il en soit ainsi pour que le monde soit intelligible et pour que nous puissions régler notre conduite d’après nos perceptions.

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