Principles, K
Les divers phénomènes ne sont pas reliés par des relations de cause à effet, mais de signe à chose signifiée. Le feu que je vois n'est pas la cause de la douleur que j'éprouve si je m'en approche, mais une marque qui m'avertit d’avoir à m'en tenir éloigné. Les idées sont formées en combinaisons artificielles régulières pour la même raison que les mots sont formés de lettres. Pour qu'un petit nombre d'idées originales puisse signifier ur grand nombre d’effets et d'actions, il est nécessaire qu'elles se combinent entre elles de façons variées. Et pour qu'elles soient d'un usage permanent et universel, ces Combinaisons doivent se produire régulièrement et être sagement agencées. Les parties internes des corps sont ainsi des signes propres à nous renseigner sur les propriétés de ceux-ci, les usages que nous pouvons en faire, et la manière dont nous devons nous comporter à leur égard f.
Si heureuse que puisse être, au point de vue de l’harmonie du système, cette ingénieuse explication de la complexité des apparences sensibles, la doctrine des signes a des conséquences plus importantes encore que celle-ci.
L'existence du monde sensible consistant à être perçue, et toutes nos perceptions étant produites pâr Dieu, il en résulte que l’acte créateur se renouvelle à tous les moments de la durée ; que l'univers n’est pas créé une fois pour toutes, mais créé perpétuellement dans tous les esprits. Berkeley aboutissait ainsi à une théorie de la création continuée, ou plus exactement de la création continue (constant creation) ?. D'autre part, Dieu étant un esprit, et l'esprit étant essentiellement volonté, le monde visible qui résulte en nous d’une action immédiate de Dieu est dans son ensemble une manifestation de la présence divine. La natureest en quelque sorte le signe dont Dieu est la chose signifiée; elle constitue une perpétuelle révélation. |