‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 78 sur 181 · Siris, K · texte numérisé non relu

Siris, K

qui distinct du monde comme la cause est distincte de ses effets, est « un esprit réellement existant, transcendant toutes choses corporelles et sensibles !. »

Erudition et métaphysique ont d’ailleurs un trait commun. La première témoigne d’un effort pour ramener à une pensée commune toutes les productions de la pensée antique, en retrouvant sous la diversité des systèmes en apparence opposés les traits essentiels de son propre spiritualisme ‘et surtout l'affirmation de la divinité. Son dessein métaphysique tend au même idéal lorsqu'il s’élève des considérations sur les propriétés de l’eau de goudron jusqu’à sa doctrine des hypostases, et qu'à-travers la série ascendante des apparences, il rattache les phénomènes particuliers et sensibles à la cause unique ct éternelle qui les fonde et qui les unit. Ainsi la revue des systèmes philosophiques de l'antiquité comme l'exposé des propres théories de Berkeley révèle une direction de pensée analogue à celle d’où procédaient les autres ouvrages du philosophe, le désir de démontrer el de rendre sensibles aux esprits l'existence de Dieu et son action sur le monde. Toujours préoccupé de combattre les athées, il s'efforce de montrer que les systèmes philosophiques des anciens n'aboutissent pas à l'athéisme. « Ni Héraclite, ni Parménide, ni les Egyptiens, ni les stoïciens, avec leur doctrine d’un Tout divin ou vivant, ni Xénophane avec son & x4t ray, ne peuvent être en bonne justice réputés athées. L'athéisme moderne, que ce soit celui de Iobbes, de Spinosa, de Collins, ou de qui vous voudrez, ne saurait s’appuyer sur l'autorité des grands noms de l'antiquité » 2. Plus précisément, Berkeley essaye de retrouver sa conceplion spiritualiste de la nature dans la philosophie des Egyptiens et des Grecs pour laquelle il a plus de sympathie que pour la science mécaniste et malérialiste. L'espace pur, la ma-

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