‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 84 sur 181 · Ibid!,S · texte numérisé non relu

Ibid!,S

L'ÉTHER 124

contre la conception qui fait de la matière, entendu au sens de substance, un instrument de la divinité !, et qu’en faisant de l’éther un instrument, il se met en contradiction avec ses propres formules. Toutefois il convient ici de se rappeler que si Berkeley refuse d'admettre une matière qui serait un insirument ou une occasion pour Dieu, il en donne pour raison qu'un {el instrument est absolument inutile à la Divinité. Or, l'éther est admis par lui comme un instrument nécessaire, non pas à celui qui gouverne, mais à ceux qui sont gou-

vernés ?. Enfin l'on peut se demander comment Berkeley peut parler d'un feu invisible sans renoncer aux principes de son immatérialisme, puisqu'il affirme la nature corporelle de l’éther *, alors que toute l’existence des corps est d’être perçus. La vérité, c'est qu'il en est de l’éther comme de la grandeur réelle de la lune. Nous avous le droit de dire que la lune est plus grande qu’elle ne paraît, parce que toute notre expérience nous induit à croire que nous verrions grossir la lune si nousnous en rapprochions !. De même en nous fondant sur les analogies de la nature, nous sommes autorisés à affirmer que le feu invisible deviendrait visible à des sens plus déliés que lesnôtres, et que, rendus sensibles aux impressions les plus faibles, nos organes percevraient l’éther. à

Au fond, l’éther de Berkeley n’est qu'unehypothèse physique destinée à rendre sensible aux esprits l'unité de la vie universelle. C’est un moyen de représenter à limagination l'ubiquité de l’action divine dans ce qu'elle a de plus uniforme. Ce signe général supposé qui précède pour les intelligences averties tous les signes particuliers que nous appelons nos perceptions « nous conduit d'une manière aussi

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