LA CONNAISSANCE SUPRA-=SENSIBLE
sont une grammaire pour l'intelligence de la nature et qui rendent possible la prévision !, La science n’est donc que la généralisation d’une expérience contingente, — contingente parce que la cause réelle des phénomènes est libre, l'empirisme de Berkeley étant ici l'envers du volontarisme divin, — et cette généralisation suppose la constance de l'action divine perceptible à notre esprit dans l’uniformité des lois de la pature.
Or Dieu agit avec une pleine conscience. Il se règle donc sur des idées. Mais ces idées sont actives, non passives. Elles ne sont ni corporelles ni sensibles, ni imaginables. En interprétant les phénomènes naturels sensibles et imaginables, la science s'efforce done de mettre les conceptions humaines en harmonie avec la pensée divine?. La métaphysique s'élève plus haut et va jusqu'aux idées divines elles-mêmes. Mais ces idées divines, étant actives par nature, sont l'objet de notions, non d'idées. Berkeley se trouve ainsi conduit à superposer aux sens et à l'imaginalion un troisième genre de connaissance, l’entendement pur, qui a pour objet les choses spirituelles et inétlendues et s'élève jusqu’à la divinité « objet bien plutôt d'une connaissance intellectuelle que d'une connaissance discur- SIVE * ».
La connaissance intellectuelle ainsi définie ne saurait être une dérogation aux principes de la philosophie berkeleyenne. Elle résulte au contraire d’une de ses thèses essentielles, l’incommensurabilité de la volonté à l'entendement. «€ Les actes de l’éntendement, est-il écrit dans la Suis, deviennent pour la raison de nouveaux objets #. » Or cette assertion ne