Siris, S
fait que répéter sous une forme nouvelle la doctrine des ouvrages antérieurs. « Nos âmes ne nous sont pas connues de la même manière que les objets inconscients et inertes, c’està-dire par idées, écrivait déjà Berkeley dans la première édition deses Principes. Les esprits et les idées sont des choses si différentes que quand nous disons qu'ils existent ou sont connus, ces mots ne doivent pas être considérés comme signifiant une communauté de nature. Il serait absurde de supposer qu'un accroissement ou un progrès de nos facultés nous rende jamais capable dè connaître un espritcomme nous connaissons un triangle : autant dire que nous pourrions devenir capables de voir un son'. La se-. conde édition des Principes précise et complète cette pensée. « Nous saisissons notre propre existence par sentiment intérieur ou réflexion. On peut dire que nous avons quelque connaissance ou notion de notre propre conscience, des esprits et des êtres actifs, dont à proprement parler nous n'’avons pas d'idées. Pareillement nous connaissons et avons une notion des relations entre les choses ou idées, et ces relations sont distinctes des idées ou choses entre lesquelles elles existent pour autant que nous pouvons percevoir ces idées etces choses sans les relations qui les unissent?.» Toutes les relations impliquent en effet un acte de l'esprit, et nous ne pourrons dès lors en avoir une idée *, Si l’on songe maintenant que les relations existant entre les choses sont voulues par Dieu, principe de l'unité du monde, on conçoit très aisément le développement de la doctrine. Dieu étant la cause de nos sensations, il est de toute évidence qu'il fait l'unité du monde. matériel, et il la fait précisément en tant qu'il agit. Une telle unité, inhérente à l’action divine, ne peut tomber sous les prises de