‹ Exposé Critique de la Philosophie de BerkeleyChapitre 96 sur 181 · SA · texte numérisé non relu

SA

LES INTUIFIONS MYSTIQUES : PLATON ET PLOTIN En

D'autre part, l’Idée du Bien est, chez Platon, le principe de toute connaissance, la source de tout ce qu'il y a de bon et de beau dans l'univers. Ilæyr@y aÿtn DpOGvTe AA ao aitiæ êvre Gputm pis A TOY, TOUTOU HUDIOY TExGÛGR, Év Te VONT aÙTh pic dhaOetay A4 VOD RUOATYOUEVN 1. Or, chez Berkeley, Dieu est la cause de toutes nos sensations, et par conséquent la source de toute notre eonnaissance ; et il est en outre le régulateur de notre action, puisque le monde sensible d’après lequél se déterminent nos volontés est un système de signes institué et produit par lui pour nous permettre d'agir. Berkeley devait donc être séduit par cet aspect de la philosophie platonicienne qui lui apparaissait comme le reflet -de sa propre pensée, etil se trouvait en même temps d'accord avec Plotin pour qui le monde est un système harmonieux, parce que loutes choses convergent vers le même absolu.

Enfin l'Ua de Plotin offrait avec le Dieu de Berkeley des analogies dont le philosophe anglais devait être frappé. «Il est partout ; c’est par lui que tout existe... [l produit tout sans être tout ce qu'il produit... Il est l'absolu dans une souveraine indépendance de toutes choses (r5 aUruoxec x mavr@y £5)?.» Il était donc la cause universelle, et une cause qui ne s'identifiait pas avec ses effets ou ses créatures:; et par là

l’avait de bonne heure préoccupé (Commonplace Book p. 58, 59,60, 61 et passim), a été pour lui l'occasion d’une série de questions ou d'affirmations, mais n'a donné lieu à aucune recherche systématique, à aucune étude approfondie. Il semble que ce soit sous l’influence de la philosophie antique que Berkeley soit revenu à la conception classique de Dieu soustrait au temps. En effet, cette conception apparaît dans la lettre à Johnson datée du 22 juin 1729, alors que Berkeley prépare Alciphron, publié en 1732, où apparaît déjà très sensiblement l'influence de la philosophie grecque (Alciphron, II, 14, et HT, 13 CF. Plotin, Ennéades, V, . 1, 4). À noter que le théoricien moderne du temps, Henri Bergson, dont ] attitude intellectuelle est analogue à celle de Berkeley, marque une prédilection singulière pour la philosophie de Plotin.

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