XX PRÉFACE
mort, de telle sorte que la proposition abolitive ne s*appuyait sur aucun principe philosophique, mais seulement sur des considérations éloquemment exprimées, qui étaient plutôt de nature à impressionner qu'à convaincre.
Il est certain que le rapport de 1822 n'ofifre pas en principe et en fait une argumentation puissante et une démonstration décisive en faveur de Tabolilion de la peine de mort. Toutefois l'omission d'avoir développé le point de vue philosoptiique de ce redoutable problème pouvait se justifier du moment oîi M. Livingston se montrait dans ce rapport un partisan si prononce de l'École utilitaire de Bentham, et réduisait ainsi la question à une appréciation de l'utilité que la société pouvait retirer du maintien ou de la suppression del'échafaud.
M. Livingston avait trouvé une ample compensation à ces critiques dans l'effet que son rapport avait produit en Europe, où il avait réveillé le souvenir du précédent de la Toscane et ramené l'attention publique sur la question de la peine de mort.
Mais il avait trop la conscience de l'importance de son œuvre pour ne pas s'attacher à corriger les imperfeciions et à remplir les lacunes qui pouvaient en compromettre la grandeur et la durée. Il se montre à la hauteur de sa mission.
Appelé à revenir dans son rapport définitif sur la question de la peine de mort, précédemment traitée dans celui de 1822, M. Livingston constata, comme il avait le droit de le faire, l'impression produite en Europe par ce document. Mais en même temps qu'il