NOTICE SUR LIVINGSTON. LIX
rapidité de leurs mouvements et la froideur de leur courage, ne pas arriver jusqu'au fossé qu'elles voulaient franchir; leurs rangSy traversés de loin par tes boulets et la mitraille, fléchirent et tombèrent lorsqu'ils furent à la portée des carabines de ces intrépides chasseurs de l'Ouest, dont la main était ferme, l'œil sûr et le coup infaillible. En quelques instants, le général en chef, sir Edward Packenham, fut tué; les généraux Gibbs et Keane, qui prirent le commandement après lui, furent grièvement blessés; la plupart des officiers périrent sous les balles américaines ; deux mille morts couvrirent la terre; l'armée découragée s'arrêta, battit en retraite, et la Louisiane fut sauvée.
M. Livingston avait pris une noble part aux actes et aux dangers de cette guerre. II avait secondé le général Jackson par ses sages conseils; il lui avait prêté l'assistance de son courage réfléchi et de sa plume habile, il avait transmis, ses ordres et rédigé, à ce qu'on assure, ses proclamations et ses dépêches. Après l'avoir accompagné dans la bataille, il avait heureusement négocié l'échange des prisonniers. Aussi, lorsque plus tard le congrès américain, organe de la reconnaissance nationale, décerna au général Jackson une médaille frappée en souvenir de ses victoires, il dit à M. Livingston : « Approchez et venez voir ce que vous m'avez aidé à gagner. »
Après la délivrance de la Louisiane et la paix de Gand, M. Livingston reprit ses études. Il s'y livra avec une ardeur si persévérante, qu'il eut arrêté au bout de quelques années tout le plan de sa réforme pénale. Désireux de la faire adopter par la Louisiane, il devint membre de la législature de cet État, afin de la soumettre à son examen et à son suffrage. Il lui proposa donc de changer les lois défectueuses qui la régissaient, et la pressa d'en accepter d'autres plus conformes à la raison comme aux mœurs du temps et fondées sur le^ véritables principes du droit cri-