LXYI NOTICE SUR LIVINGSTON
une occupation et le préseryer par là de Toisiveté ou de la misère, qui mènent également au crime; il lui procure rinstruction intellectuelle et morale qui Taidera à se bien conduire. 11 combine avec assez de bonheur, et peutêtre avec un peu de subtilité, la solitude et le travail, rinstruction isolée et Tinstruction en commun, sans avoir besoin d'employer la violence envers les prisonniers, el sans craindre leur corruption. Son système est complet. Il comprend des maisons de détention pour les prévenus, des maisons de réforme pour les condamnés qui n*ont pas atteint Tâge de dix- huit ans, des maisons de pénitence pour ceux qui l'ont dépassé, enfin des maisons de refuge et de travail pour les condamnés libérés. Il y a ainsi des lieux d'attente où Ton est gardé à la disposition de la loi; des hospices pénaux où Ton est guéri en son nom; des établissements de convalescence qui servent à passer du régime de la maladie au régime de la santé morale, de la prison dans la société.
Le système de M. Livingston n'a-t-il rien que de juste, de doux, d'humain, d'efficace? L apparence le ferait croire; mais plusieurs de ses dispositions peuvent susci^ ter des objections graves et être regardées comme trop dangereuses ou trop dures, malgré la prudence ou Thu* manité qui les a dictées. Sans entrer ici dans la grande controverse du maintien ou de l'abolition de la peine de mort, esl-H^e que M. Livingston n'applique pas à ceux qui l'encourent dans notre législation une peine encore plus sévère? Est-ce qu'il n'abandonne même pas son propre système à leur égard lorsqu'il dit : « La réformation n'entre dans leur traitement qu'autant qu'elle les concerne en particulier. Bannis à jamais de la société civile, la loi ne contient aucune disposition pour les employer désormais. Indifiërente aux habitudes qu'ils peuvent prendre, elle est uniquement occupée, dans leur seul intérêt, à les