VI . PRÉFACE
1 794, sur la révision des lois criminelles. Mais cette fois avec plus de succès.
L'acte du 10 février 1820, relatif à la révision de la législation criminelle de la Louisiane, voté par le Sénat et la Chambre des Représentants de cet État, en vertu duquel M. Livinsgton fut chargé Tannée suivante (13 février 1821) de préparer un Code criminel, était toutefois fort éloigjié de tracer le programme si original, si méthodique et si complet dont M. Livingston devait concevoir et réaliser l'ensemble. Le considérant, en effet, qui précède cet acte, déclarait que le Code pénal devait reposer sur le principe de la prévention des crimes; et il ne s'occupait ainsi que du système préventif de l'intimidation en laissant de côté l'amendement du coupable.
Il y avait loin de là à une réforme de législation criminelle qui devait proclamer l'abolition de la peine de mort et réaliser la codification d'un régime pénitentiaire. M. Livingston pensa qu'il devait prudemment préparer le terrain et sonder les dispositions de la législature pour savoir si elle consentirait à le suivre dans la voie nouvelle où il voulait entrer : de là le rapport préalable qu'il adressa au Sénat et à la Chambre des Représentants de la Louisiane en 1822, dans lequel il soumettait son plan à la législature, en la priant d'en décider l'abandon ou la continuation.
Ce plan, auquel étaient ajoutés, comme spécimen, quelques chapitres sur la procédure, et qui fut approuvé par acte législatif du 21 mars 1822, consistait dans une espèce de codex divisé en six parties, relatives :
PRÉFACE. Vil
La première aux définitions du sens dans lequel certains mots seraient employés dans le cours du Code;
La deuxième aux dispositions générales concernant Texercice du pouvoir législatif en matière pénale;
I^ troisième aux crimes et aux peines ;
La quatrième à la procédure;
La cinquième aux preuves requises en jugement pour chacun des délits ;
La sixième à rétablissement d'une maison de correction et aux règlements pour son administration.
Ce plan avait des inconvénients et une lacune que M. Livingston ne tarda pas à reconnaître. L'importance de la codification d'un régime pénitentiaire, qui devait notamment être Tune des parties les plus remarquables de l'œuvre finale de M. Livingston, n'y était qu'à peine indiquée, car tout se bornait à mentionner la nécessité de l'établissement d'une maison de correction et de règlements pour son régime intérieur. Mais la grande hardiesse de ce plan était l'abolition de la peine de mort, dont le Sénat et la Chambre des Représentants de la Louisiane n'avaient pas repoussé la proposition.
M. Livingston put donc travailler avec confiance à l'exécution de son plan qu'encourageait l'approbation législative.
On lira dans la notice de M. Mignet le récité mouvant de l'incendie de son manuscrit à New- York à l'automne de 1824; on y verra la courageuse résignation avec laquelle M. Livingston supporta cette perte qui devait tourner peut-être au profit de la législation criminelle, car le monument qui était appelé à ralta-