VIII PRÉFACE
cher si glorieusement son nom à cette réforme devait encore être bien incomplet à celte époque. Les deux années qui s'étaient écoulées depuis son rapport préalable de 1822 n'avaient pu suffire à la maturité d'une œuvre aussi vaste qui demandait non-seulement pour la coordonner dans son ensemble le travail de longues méditations, mais qui exigeait encore des recherches si considérables pour les informations que Fauteur avait besoin de recueillir, en ce qui concernait notamment la situation et le régime des prisons dans les divers États de la confédération américaine.
Le rapport préalable de M. Livingston contenait Taveu qu'en 1822 il était entièrement dépourvu de ces informations qu'il reconnaissait le besoin de se procurer. Ce rapport constatait de plus que M. Livingston était encore peu initié à cette époque au mouvement des idées et des faits de la réforme de la législation criminelle en Europe. Or les 2 000 exemplaires dont la législature de la Louisiane avait ordonné Timpression dans les deux langues anglaise et française, avaient fourni à M. Livingston une merveilleuse occasion d'appeler par leur distribution Taltenlion des criminalistes de l'Europe les plus autorisés sur son remarquable travail et d'entrer en relation avec . eux.
Nous arrivons à l'époque la plus intéressante des travaux et de la vie du grand criminaliste américain, et
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c'est celle qui jusqu'ici a été le plus ignorée. Personne n'a dit encore ce qu'il fit pour la reconstruction et le perfectionnement de son œuvre, comotient il se mit en relation avec les'principaux criminalistes de l'Europe, l'influence qu'il y exerça et celle qu'il reçut à son tour de leurs appréciations, de leurs écrits, et qui détermina une modification si profonde dans ses doctrines philo* sopbiques.
Nous allons en retracer rapidement Thistorique.
Par la publication de son rapport de 1822, M. Livingston obtint un grand succès européen; son esprit novateur répondait aux tendances de Tépoque, et si sa proposition abolitive de la peine de mort parut à plusieurs une bardiesse à laquelle les esprits n'étaient pas encore suffisamment préparés, les critiques mêmes que souleva cette proposition, à laquelle on reprochait de ne s'appuyer ni sur l'autorité d'une doctrine ni sur celle des faits, ne firent que donner à son travail un plus grand retentissement.
Publié en Angleterre, ce rapport le fut également en France en 1825 par un savant avocat à la Cour de cassation, M. Taillandier, qui fit précéder cette publication d'une introduction, et l'accompagna d'annotations.
L'impression de l'œuvre de M. Livingston en 1824 eût donc été prématurée, car elle eût devancé tout ce qu'il devait recueillir^ pour l'exécuter dans toute son ampleur, de l'observation des faits aux États-Unis, l'eût privé de plus de l'utilité qu'il avait à retirer et des appréciations et des doctrines des criminalistes de l'Europe.
11 entra en correspondance avec plusieurs d'entre