‹ Exposé de l'état actuel de nos connaissances et observations personelles sur la terminaison des nerfs dans les muscles lisses de la sangsueChapitre 10 sur 20 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

MUSCLES VOLONTAIKES.

Les muscles volontaires sur lesquels on a étudié jusqu’ici la terminaison nerveuse, sont ceux de la paroi du corps; « ces muscles sont formés comme dit Csclieidlen (1), par des fibres lisses d’une longueur énorme. Heidenliain les mesura et leur trouva jusqu’à 0,95'"™ de longueur; d’après Weissmann, elles oscilleraient entre 1,17 et 1,78'"'". »

Gscheidlen étudia l'innervation de ces fibres, et voici comment il la décrit : « Les fibrilles terminales, dit-il, sont situées ici, en partie, dans la substance cémentaire. Aux endroits où les fibres musculaires s’écartent quelque peu les unes des autres, on observe manifestement sur la fibrille nerveuse des varicosités; ailleurs la présence du filet nerveux ne se laisse déceler que par le contour foncé de la substance corticale; on voit en outre, des fibrilles nerveuses qui croisent les fibres musculaires et qui se ramifient entre elles, d’une manière analogue à celle qu’on observe dans le tube digestif (2). »

Sur la demande de Ranvier, A. Hansen enti’cprit également des recherches sur les terminaisons motrices dans les muscles du corps de la sangsue, afin de voir s’il y aurait là un plexus ou non. « Ni sur les gros nerfs, dit-il (3), ni sur les petits on ne voit des cellules ganglionnaires... Les nerfs se divisent et se subdivisent sans s’anastomoser et se perdent entre les muscles sans qu’il soit possible de voir leurs terminaisons; de toutes les coupes que j’ai faites, et c’est plusieurs centaines, je n’en ai obtenu qu’une seule dans laquelle on peut bien voir deux terminaisons. D’un tronc nerveux on voit se détacher un filet mince qui, après un trajet assez court et un peu flexueiix, aboutit à une fibre musculaire où il se termine comme les fibres musculaires de l’estomac par un épanchement triangulaire ou plutôt conique qui se confond avec la couche corticale de la fibiv,

(1) Gscheidlen, loc. cit,, p. 330-331.

(2) Gscheidlen, loc. cit., p. 331.

(3) Hansen, loc. cit., p. 741.

en un mot, par une tache motrice. La tache est un peu plus volumineuse que sur les fibres de l’estomac.

» La thèse de M. Ranvier quant aux terminaisons nerveuses dans les muscles volontaires est ainsi confirmée pour un représentant de la grande classe des Annélides. Il sera probablement beaucoup plus facile de timiver les terminaisons nerveuses dans les muscles d’un grand nombre d’annélides marines que chez la sangsue. »

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