‹ Exposé de l'état actuel de nos connaissances et observations personelles sur la terminaison des nerfs dans les muscles lisses de la sangsueChapitre 15 sur 20 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Il existe dans le tube digestif de la sangsue une couche musculaire longitudinale, située à l’intérieur de la couche musculaire circulaire déjà connue. Elle est formée d’après le même modèle que celle-ci et constituée par des fibres musculaires lisses, grêles, à cylindre protoplasmique, légèrement aplaties, longues, distantes les unes des autres; elles sont munies sur tout leur parcours de branches latérales nombreuses et elles se ramifient à leurs extrémités : par ces branches et ramifications, ces fibres longitudinales sont fréquemment anastomosées entre elles et forment de la sorte un réseau contractile continu (fig. 1).

IL — Les extrémités des fibres musculaires de la couche circulaire présentent assez souvent une ramification plus nombreuse que celle indiquée parRanvier et Vignal :les branches de bifurcation se divisent et se subdivisent encore (fig. 2 a). Les bandes musculaires transversales qui entourent le tube digestif n’appartiennent pas à la couche musculaire circulaire et se classent parmi les muscles lisses volontaires.

III. — Outre le nerf intestinal découvert chez les sangsues par Brandt, lequel nerf court sur la face inférieure du canal digestif et lui envoie des rameaux ainsi qu’à ses cavités cœcales, il existe chez cet animal deux nerfs analogues, possédant des cellules ganglionnaires, qui occupent la partie médiane de la face supérieure du tube digestif. Le système viscéral est donc formé par trois nerfs principaux, un nerf ventral, le plus volumineux, et deux nerfs dorsaux. Ces trois nerfs sympathiques, longitudinaux, émettent des branches latérales sur tout leur parcours et principalement en face des culs-de-sac : à

ce niveau, le nerf ventral envoie de chaque côté une branche nerveuse transversale, et les deux nerfs dorsaux une branche du côté externe seulement. Les rameaux nerveux supérieurs et inférieurs vont à la rencontre les uns des autres; ils se divisent, se subdivisent et s’anastomosent entre eux; ils portent sur divers points de leur trajet des cellules ganglionnaires : ils forment ainsi le plexus fondamental ganglionnaire (fig, 3).

IV. — Le plexus fondamental ganglionnaire, analogue au plexus myentérique des vertébrés, est situé entre la couche circulaire et la couche longitudinale (fig. 2 d).

V. — Une même fibre musculaire circulaire est croisée par plusieurs travées du plexus fondamental et côtoyée par un nombre encore plus grand de fibres du plexus périphérique ; elle reçoit de ces deux plexus au moins une, parfois plusieurs fibres terminales à tache motrice : cette tache est formée par de nombreux petits granules, et se trouve dans la partie périphérique de la gaine contractile. La fibre circulaire reçoit, en outre, plusieurs fibrilles terminales qui ne présentent pas de renflement à leurs extrémités (fig. 4, 4^, 5 et 6).

VI. — La tunique musculaire des vaisseaux contractiles de la sangsue est constituée par une couche externe circulaire, qui est la plus développée, et par une couche interne oblique et longitudinale. C’est une même fibre musculaire lisse qui forme ces deux couches contractiles : en effet, la fibre circulaire, dans laquelle se trouve le noyau, passe à un moment donné, soit sans bifurcation, soit après une bifurcation unique ou répétée, simple ou multiple, sous les fibres circulaires voisines, devient ainsi oblique et longitudinale sur une étendue parfois très considérable. Toute la couche interne longitudinale se forme ainsi par les extrémités des fibres musculaires de la couche externe circulaire. Cette seule et même fibre musculaire, lorsqu’elle se contracte, déterminera simultanément le rétrécissement et le raccourcissement du vaisseau (fig. 8, 9, 11 et 12).

VIL — Des nerfs vaso-moteurs aboutissent aux vaisseaux contractiles longitudinaux en des endroits différents ; ils se ramifient dans la tunique adventice de ces vaisseaux et de leurs branches collatérales, s’anastomosent entre eux et forment ainsi un plexus unique qui doit être considéré comme le plexus tertiaire, périphérique ou terminal ; il est à mailles allongées et assez grandes ; c’est un plexus nerveux non

ganglionnaire, car on n’observe nulle part des cellules nerveuses. De toutes les travées de ce plexus partent des fibrilles latérales qui se terminent, après un trajet généralement court, par un petit renflement, d’ordinaire en forme de bouton, dans la partie périphérique de la gaine contractile de la fibre musculaire. Cette tache motrice ovoïde n’occupe aucune place fixe par rapport aux différentes régions de la fibre musculaire et se trouve dans les deux couches musculaires sur un point quelconque des fibres dont chacune reçoit en propre une fibre nerveuse terminale (fig. 7 à 12).

IX. — Les nerfs moteurs qui se rendent aux muscles lisses volontaires de la sangsue ne possèdent pas de cellules ganglionnaires à leur périphérie ; ils se ramifient sans s’anastomoser et les fibres nerveuses qui en résultent se terminent par une petite plaque granuleuse située dans la partie périphérique de la gaine contractile de la fibre musculaire. Cette plaque ou tache motrice n’est jamais en contact soit avec le nucléole, soit avec le noyau, soit avec le cylindre protoplasmique ; de plus, elle peut se trouver sur tous les points de la longueur de la fibre. Ces plaques s’observent en telle abondance que chaque fibre musculaire peut en posséder au moins une ; même, sur les fibres que j’ai pu poursuivre dans tout leur parcours j’ai constaté la présence de deux taches motrices (fig. 14 à 27).

Ce sont là les conclusions auxquelles m’ont amené les observations faites jusqu’à ce jour; il me semble que je pourrais les présenter comme thèses annexées à ce mémoire d’après les prescriptions de la loi ; toutefois, pour me conformer aux habitudes tant belges qu’étrangères, je les résume en quelques propositions plus brèves mais, par cela même, à sens parfois trop absolu et trop général.

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