FORMATION DES G0UPA6N1BS
V Ligne de Sanebonrg à Fénétrange et à la limite du Bas-Rhin.
La région traversée est exclusivement agricole et n^offrait pas les éléments d'une compagnie locale d'exploitation ; Sarrebourg^ petite ville de 3^037 habitants^ Fénétrange, de 1^309 habitants^ avaient fait^ Fénétrange notamment, des sacrifices sérieux sur la caisse communale ; mais on n'y trouvait ni les ressources industrielles, ni l'esprit d'entreprise^ sans lesquels il est bien dif* ficile de fonder des sociétés de chemins de fer. Heureusement cette ligne, avec la possibilité de se prolonger dans les départements du Bas-Rhin et de la Moselle jusqu'à Sarreguemines, et dans la Prusse jusqu'à Sarrebrûck^ acquérait à ce point de vue une importance qui compensait largement le défaut complet d'initiative locale.
A cette époque la spéculation^ découragée encore par les embarras qui s'étaient révélés dans la situation des grandes compagnies^ était peu portée en France vers des entreprises nouvelles de chemins de fer. La Belgique^ où la concurrence de l'Etat, qui exploite plus du 1/3 des chemins de fer et les plus productifs^ n'a nullement entravé le développement des chemins concédés à des compagnies (1)^ montrait plus de hardiesse^ et il venait de s'y former une société, dite Société belge de chemins de fer, ayant pour objet l'établissement et l'exploitation de chemins de fer à l'étranger.
' Cette société, constituée sous les auspices de la Société générale belge et du chemin de fer du Nord de la Belgique (2), était dirigée par des hommes qui s'étaient fait une notoriété en matière de chemins de fer, et présentait les garanties les plus sérieuses. Mis en rapport avec son représentant^ nous lui signalâmes le chemin de fer de la Sarre comme un des chemins projetés^ qui méritaient par leur importance d'attirer l'attention de la spéculation et lui présentaient même l'attrait d'un chemin d'intérêt général de Sarrebourg à
(1) Recette kilométrique des chemiDs de fer en France et en Belgique, pendant Tannée 186^ :
I Ancien réseau. — 7,633 kilomclres. — Exploité exclusivement par des Compagnies 55,809 fr.
Nouveau réseau. — i,7ii kilomètres. — Id., id. . ;\ . 21,007 Ensemble : 12,374 kilomètres . ^%in^
(Chemins de fer de l'Etat. — 7^7 kilomètres 48,196 Chemins de fer exploités par des Compagnies. — 1,27^ kil. 21,68^ Ensemble : 2,021 kilomètres 31,531
(2) La Société belge des chemins de fer avait à celle époque pour administrateurs MM. Liedls, Uischoffshciii, Malou, Drugman et Sloclet.
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Sarreguemines par la réuaion des trois sections de longueurs presque égales traversant les départements de la Meurthe, du Bas-Rhin et de la Moselle. Le Bas-Rhin^ par ses premiers chemins départementaux devenus célèbres^ avait fixé un précédent qui déterminait la subvention à espérer du département et des communes (1) ; la Moselle^ qui avait fait en i865 une vaine tentative pour aborder l'exécution d^un réseau peut-être exagéré de chemins de fer, avait posé en 1866 le principe de l'allocation d'une subvention éventuelle maxima de 30^000 fr. par kilomètre sur le budget départemental en faveur des chemins de fer d'intérêt local. La Meurthe^ par les travaux de ses commissions^ avait préparé la réalisation d'une subvention qui atteignait 3^,000 fr. par kilomètre. Toutes ces subventions réunies constituaient une somme totale de 2 millions quî^ majorée du concours proportionnel d'un million alloué sur les fonds du Trésor par la loi du 12 juillet 1865, représentait un fonds de 3 millions^ soit par kilomètre une subvention de 54,000 fr. environ; cette subvention^ pour une ligne pleine d'avenir et d'exécution facile^ était suffisante.
Après une étude approfondie de la [question^ la Société belge des chemins de fer demanda simultanément aux (rois départements intéressés la concession de la ligne de Sarrebourg à Sarreguemines*
Le Conseil général du Bas-Rhin^ dans sa session de 1867 (délibération du 28 août); autorisa immédiatement le préfet à traiter sur les bases de ta subvention prévue.
Le Conseil général de la Meurthe, par le vote de la subvention qui avait été fixée par la commission centrale, avait également rendu possible la concession de la section comprise dans ce département.
Le département de la Moselle (délibération dn 3 septembre 1867) mit à son adhésion la condition que le tracé, au lieu de se diriger sur Sarregueroines; serait* dévié vers l'ouest pour se souder à la ligne de Thionville â Niederbroim dans la station de Farschwiller^ à 12 kllooiètres de Sarreguemines.
La variante demandée par le département de la Moselle imposait au Bas- Rhin et à la Meurthe un circuit de 12 kilomètres pour se rendre aux houillères de SarrebrudL. Cette condition était inacceptable pour ces deux départe-
(1) Cette sabyenUoD pouvait èlre évaluée à 38^000 fr. par kilomètre et devait être équivalente à la dépense d'établissement de la plate-forme terrassée et ballaslée^ y compris les ouvrages d*art.
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ments; la compagnie belge la repoussait égaleroeat comme contraire à ses intérêts.
Malgré raptagooismç qui se manifestait entre la Moselle et les deux autres départements, M. le préfet de la Meurlbe traita le i9 octobre 1867 avec le représentant de la Société bel^^; M. le préfet du Bas-Rhin imita son exemple le 18 décembre siiivapi. Les deux traités subordonnaient la concession à roUettiioo dans la Moselle du chemin de fer direct de Sarralbe à Sarreguemîpesj à l'ejclusiop de la variante de Sarralbe à Farsch^filler. Les cahiers des charges^ annexés aux deux traités^ avaient été arrêtés d'un commun accQrd^ et la rédaction en était identique, comme il convenait de le faire pour deux ^pHioAS de3Ujoées à former une ligne unique.
Pour ne pas revenir sur des débats aujourdMiui sans intérêt^ nous dirons dés à présent^ en anticipant sur Tordre chronologique de notre exposé^ que le départenoeut de la Moselle^ revenant sur sa première décision en présence des stipulations formelles des deux autres départements, abandonna le tracé de Sarralbe à Farschviller. Un traité fut passé le i6 avril 1868 par le préfet de la Moselle et approuvé par le Conseil de ce département le i 8 du même moU pour la concession de la section de Sarralbe à Sarreguemines.
Aiosi se trouvait complétée par un accord entre trois départements(l)^ accord dont il y a sans doute encore peu d'exemples dans Thistoire des chemins de £er d'intérêt local, la concession de la ligne entière de Sarrebourg à Sarreguemines^ laquelle, donnant la main à la ligne prussienne de Sarreguemines i Sarrebrûck {%, réalisait le cliemin de fer des Houillères de la Sarre de ^rrebourg à Sarrebrûck sur une longueur de 71 kilomètres.
(I) Subvendons définitives promises h la Compagnie concessionnaire par les départemenlBf les communes et les particuliers intéressés, y compris le tiers alloaé par TEtat confvmémenl à \^ loi du 1 2 juillet i 865 :
Meurthe
Bas-Rhin
Bloselle
Subventions en nature
Tsrrains
et
frtkh généraux.