‹ Expose de la méthode d'éducation de PestalozziChapitre 10 sur 43 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

d'une lettre de pestalozzi a m. jullien de paris, en date d'yverdun, du 25 avril 1811.

Cher ami ,

Je préférerais presque l'état de maladie à celui d'une santé accompagnée d'une faiblesse tellement progressive que je me sens presque hors d'état de soutenir mes relations d'une manière satisfaisante pour moi et pour d'autres. C'est une triste situation que de devenir peu à peu émérite , et de se voir forcé cependant à traîner continuellement après soi le poids et là charge d'obligations permanentes et d'embarras toujours renaissants.

La période de votre absence est déjà si longue , et nous avons tant de choses à vous envoyer, dont l'expédition est toujours arriérée, que j'ai vraiment honte de voir votre activité traversée par nos retards. Malgré cela, vous nous donnez toujours des preuves renouvelées de votre attachement pour nos personnes et pour nos espérances , et votre indulgence ne cesse point de me pardonner ma nonchalance. Cela redouble l'ardeur de mes désirs de vous voir auprès de moi ; et la persévérance de votre zèle à nous être utile m'inspire une satisfaction inexprimable. Je sens tout le prix de l'influence de vos recherches sur le jugement du public, et il m'importe extrêmement que vous ne soyez privé d'aucun moyen propre à mûrir votre jugement

Je me réjouis du consentement de Egger (i), et des témoignages avantageux qu'il donne de ses élèves , ainsi que de la perspective de son retour avec vous. L'Institut jusqu'alors prendra une forme plus concentrée , mais, s'il plaît à Dieu, d'autant plus solide.

A différents égards , nous avançons dans la théorie et dans la pratique des objets ; et moi-même je me crois en état d'en rendre un compte plus précis que jamais

Adieu, cher et digne ami. Supportez la faiblesse de mon âge et revenez bientôt auprès de vos amis d'Yverdun.

Quelque inférieurs que soient nos efforts et nos travaux à ce que vous pouvez et devez attendre, songez que l'impulsion est donnée. Le temps mûrira ce que nous ne pouvons qu'ébaucher ; et des hommes tels que vous accéléreront l'accomplissement de la bonne

cause

Pestalozzi.

(i) Le jeune Guillaume Egger, élève de Pestalozzi, avait accompagné M. Jullien en Italie, comme précepteur de ses trois fils aînés, qu'il devait initier à la Méthode, avant qu'ils vinssent à l'Institut d'Yverdun.

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