C. Première subdivision du troisième degré. Des qualités
L'enfant a remarqué jusqu'à présent dans les objets, d'abord, des qualités physiques qu'il a connues, à l'aide de ses sens; puis, certaines qualités métaphysiques, comme celles qu'expriment les mots bon, mauvais, utile, nuisible, beau, laid, etc., qui lui sont indiquées par l'expérience. Il a naturellement ajouté ces qualités aux noms ou substantifs , qui lui sont déjà familiers; il a formé insensiblement, sans le savoir , les mots appelés adjectifs ou qualificatifs ; on lui fait faire des exercices instructifs et amusants, propres à fortifier son intelligence et sa mémoire, sur chaque espèce de qualités qu'il a pu observer , considérées graduellement dans l'ordre suivant.
C'a. Premier exercice sur les qualités.
On lui fait exprimer d'abord la désignation pure et simple des qualités. On s'attache à celles que les sens lui ont fait apprécier; visibles, comme le blanc, le noir, le rouge, etc. Exemples : la craie est blanche , l'ardoise est noire. Il convient que les objets soient placés devant les jeux de l'enfant, tandis qu'on l'interroge , pour qu'il puisse les distinguer et les juger, rapprocher l'expression de la chose qu'il voit, de la qualité qu'il veut exprimer (i).
C'h. Second exercice sur les qualités.
On exerce un enfant à rapprocher plusieurs objets qui ont une qualité ou propriété commune. Exemples : le miroir et le bouton sont luisants et polis ; l'eau et le verre sont transparents; la cerise, la fraise, le sang de l'homme et du plus grand nombre des animaux sont rouges, etc. Cet exercice devient une sorte de jeu de mémoire et d'esprit , qui occupe utilement et amuse beaucoup les enfants. On leur dit : cherchez et désignez-moi tout ce oui est absolument blanc; ils répondent: la neige, l'ivoire, etc. Désignez-moi des objets qui sont quelquefois blancs: quelques animaux sont blancs, quelques pierres sont blanches, etc. On leur apprend ainsi à distinguer les propriétés essentielles et inhérentes et les propriétés accidentelles des choses. Car, les qualités, sous ce rapport, forment deux genres : une chose est ou elle
(i) Application nouvelle du principe et du moyen spécial de Tintuition , ou de la vue claire et distincte des objets dans chaque brandie d'enseignement. (Voyez le septième principe, page Sg, et le huitième moyen d'exécution, page 270.)
peut être bonne, mauvaise, grande, petite, etc. L'eau est liquide, transparente; eiie peut aire froide, tiède, chaude, bouillante.
C,c. Troisième exercice sur les qualités.
Cet exercice consiste à rechercher et à observer plusieurs qualités réunies dans un même objet, ou plusieurs objets qui ont une qualité commune. La détermination exacte des qualités pour distinguer les objets constitue la véritable science. On demande à un enfant : quelles sont les qualités réunies qu'il peut remarquer dans un objet déterminé, une table, un cheval, etc. ? ou quel est l'objet auquel peuvent s'appliquer telles et telles qualités? L'enfant cite par coeur toutes les qualités qu'il a remarquées dans l'objet qu'on lui désigne , ou tous les objets dans lesquels il a reconnu et distingué les qualités qu'on lui rappelle. Sa faculté de reproduire les objets absents, ou sa mémoire est mise en action; son attention est excitée, son jugement exercé. Il devient observateur exact et curieux; il apprend à éviter les notions vagues et confuses, les illusions, les erreurs, les malentendus. Il examine tout, se rend raison de tout; il ne se permet de juger qu'après avoir bien et mûrement observé. On lui donne à la fois des idées nettes , justes , précises , complètes , et une grande richesse d'imagination. La seule indication de ces différentes sortes d'exercices suffit pour réfuter et détruire le reproche qu'on avait fait, sans aucun fondement, à Pestalozzi de tendre à dessécher l'imagination , en appliquant trop exclusivement les esprits de ses élèves aux sciences et aux méthodes mathématiques. Du reste, l'imagination, comme toutes nos autres
facultés, est relative à 3a disposition naturelle et à l'âge de chaque individu, et ne peut être exercée et développée que par gradation , et proportionnellement à ses progrès.
Cld. Quatrième exercice sur les qualités*
On rend l'élève attentif au sens par lequel il a remarqué les qualités.
La longueur d'une ligne est saisie et jugée par Y œil. La grosseur d'un bâton est à la fois vue et sentie , appréciée par Y œil et par la main. La longueur ou durée du temps est appréciée par le sens intérieur.
C*. Seconde subdivision du troisième degré. Des actions et des fonctions des choses.
Cette branche admet les quatre mêmes subdivisions que la précédente, et se compose de quatre exercices correspondants disposés clans le même ordre.
C'a. Premier exercice sur les actions.
On commence par exercer les enfants à distinguer et à nommer les actions et les fonctions . Tel mouvement s'appelle marcher; tel autre, sauter. Les différentes actions de grimper, de se balancer, de danser, etc., ont chacune leur caractère particulier et leur dénomination spéciale.
On a recommandé, dans l'exercice correspondant sur les qualités, de mettre l'objet lui-même devant les jeux de l'enfant, afin qu'il puisse apprécier l'existence et la nature de la qualité au moment où
il la nomme. Il convient ici qu'il fasse lui-même ou voie faire Y action , dans le moment où il apprend son nom. Dans les trois exercices suivants, on peut se borner à rappeler à l'enfant des actions dont il a été témoin , dont le nom lui est familier, et que sa mémoire lui retrace facilement et avec fidélité. Toutes les fois qu'on parle d'une action nouvelle pour lui, on doit la lui montrer, afin qu'il la distingue et la connaisse , qu'il en reçoive l'intuition et la conscience, et qu'il ne prononce jamais un mot sans y attacher une idée.
Gab. Second exercice sur les actions.
On habitue l'enfant à chercher et. à désigner plusieurs objets ou plusieurs êtres, qui ont la même Jonction , ou qui exécutent la même action. L'eau coule, le vin coule, les métaux fondus coulent, etc.
C2C. Troisième exercice sur les actions.
L'enfant cherche et indique plusieurs actions d'un même objet. Le feu éclaire, chauffe, brûle, fait fondre, endurcit, etc.
C2<1. Quatrième exercice sur les actions.
On demande à l'enfant par quel organe du corps humain , ou par quel instrument une chose se fait, une action s'exécute. On coupe avec l'ongle, avec les dents, avec un couteau, des ciseaux, une hache, un sabre, etc. Cet exercice donne lieu à un plus grand nombre de questions et d'observations que l'exercice correspondant applique aux qualités. On demande et on examine, par qui, avec quoi , comment, pour-
quoi, quand, où, etc. , se fait une action ( ; quis,
quid, ubi,cur, quomodb , quandb).
Observation générale. Ces différents exercices ont beaucoup de ressemblance avec certains jeux de société, dont s'amusent même des personnes d'un âge mûr, quoiqu'ils n'aient pas le même but d'utilité, et qu'ils se bornent à exciter l'esprit, à faire des recherches , soit d'expressions à double sens , soit de mots qui ont la même terminaison, soit d'objets qui ont entre eux quelques rapports d'analogie.
Loin qu'il n'y ait ici qu'un simple mécanisme dans les opérations faites par les enfants, leur intelligence et leur imagination travaillent, leur jugement se fortifie; ils sont préparés, par la grande abondance des expressions simples et des significations physiques mises à leur portée , à l'emploi des expressions métaphysiques et figurées. En décomposant les objets et leurs qualités, en exprimant toutes les modifications de leurs sensations, ils font juger assez exactement la richesse ou la pauvreté de la langue qu'ils parlent; ils trouvent des mots conformes k son génie particulier. La recherche des choses sur lesquelles leur attention a été dirigée les occupe dans leurs promenades, dans leurs heures de récréation , même dans leur lit et dans les moments'qui précèdent immédiatement le sommeil ou qui suivent le réveil.
De semblables exercices, faits par les enfants euxmêmes , sous la direction d'un instituteur habile , fourniraient les matériaux d'un très-bon livre élémentaire de lecture. Les enfants seuls, aidés et dirigés avec sagacité, peuvent fournir les moyens de bien faire les livres élémentaires qui conviennent à leur âge.
t')0K MÉTHODE D'ÉDUCATION.
C1. Troisième subdivision du troisième ouaté. Rapports simples des objets.
Dans cette troisième et dernière branche, nous distinguerons seulement trois exercices, correspondants aux trois premiers, établis pour les qualités et pour les actions.
C5n. Premier exercice sur les rapports des choses.
On exerce l'enfant à distinguer et a exprimer des rapports simples. A côté , devant , derrière, tôt, tard, dessus, dessous, etc. ïci commence l'usage des prépositions; nous faisons un pas de plus dans la formation de la langue. On distingue aussi des rapports de position ou de lieu : dans, sur, etc.; des rapports de temps : hier, aujourd'hui, demain, etc.
G3b. Second exercice sur les rapports des choses.
On fait chercher à l'enfant plusieurs objets qui ont les mêmes rapports. Exemples : la tête est sur le cou, le cou sur le tronc, le tronc sur les cuisses, cellesci sur les jambes , .etc.
Gïc. Troisième exercice sur les rapports des choses.
On s'occupe de rechercher plusieurs rapports d'un même objet : le nez est au-dessus de la bouche, au-dessous du front, eutre les joues, etc.; il sert à respirer, à sentir, à se moucher, etc. Ce dernier exemple indique un usage , une Jonction , plutôt qu'un rapport proprement dit.
On pourrait ajouter un quatrième exercice, qui aurait pour but de rechercher comment existent les
rapports observés. Mais cette considération excède les bornes de l'intelligence des enfants, et même, dans beaucoup de circonstances, celles de l'esprit humain. Elle tendrait trop à égarer dans les abstractions et dans les profondeurs de la métaphysique ; il convient, par ce motif, de n'en point faire usage.
D. Quatrième degré du développement du langage , qui traite des objets composés, et qui les considère successivement clans leur ensemble et clans leurs parties. Ce degré paraît devoir comprendre trois exercices distincts.
D'. Premier exercice sur les objets coynpose's.
On fait remarquer les objets considérés en détail
dans leurs parties, et les parties réunies dans l'entier.
\J arbre, envisagé comme un entier, a une racine,
une tige, de Yécorce, des branches, des feuilles , des
fleurs, des fruits, etc.
D\ Second exercice sur les objets composes.
Cet exercice est l'inverse du précédent. Les pairies étant données y il faut chercher l'entier. Je nomme une racine, une tige, des branches, etc.; je demande a l'enfant : Quel tout forment ces parties? Je nomme le front, les yeux, les joues, etc.; je demande : A quelle région de la tête appartiennent ces parties?
D3. Troisième exercice sur les objets composes.
On nomme une partie qui convient à plusieurs objets ; on demande à quels objets elle est commune. Par exemple, une roue est une partie essentielle d'une voiture, d'une horloge, d'un moulin : elle est commune à ces trois objets. L'enfant s'exerce à
310 MÉTHODE T)'ÉDUCATIOX.
chercher plusieurs ailiers auxquels puissent conve- 'nir les mêmes parties , ou plusieurs parties communes à un même tout.
E. Cinquième degré du développement de la langue, qui Iraile des noms génériques ou collectifs.
Les divers exercices des degrés précédents ont du rendre un enfant capable d'exprimer,
i°. Les noms des objets ; 20. leurs qualités et leurs actions ou fonctions spéciales; 3°. leurs relations simples, qui, sous quelques points de vue, sont communes à plusieurs objets à la fois, et. qu'on peut désigner par une même expression,- 4°. enfin, les rapports des objets composés , considérés dans leur entier et dans leurs parties.
Notre élève doit commencer maintenant à généraliser ses intuitions , ou les actes de sa vue intellectuelle , a former un ensemble de plusieurs objets. Les trois exercices suivants , sur les noms génériques ou collectifs, développent en lui celte faculté. Use forme des vues générales, auxquelles il subordonne ses observations particulières ; il s'habitue à classer ses idées.
E1. Premier exercice sur les noms collectifs.
On fait nommer à un. enfant des objets différents qui ont des ressemblances entre eux , et on lui demande quel est le nom qui leur est commun, ou quelle est leur dénomination générale. On lui rend ainsi familière l'idée d'un nom collectif, commefruit, métier, outil, etc. , à laquelle son esprit est suffisamment préparé.
Ea. Second exercice, inverse du précèdent.
Le nom collectif étant donné, l'enfant cherche et désigne les individus que ce nom comprend. Exemples : A quels individus peut s'appliquer le mot générique fruit ? L'enfant nomme tous les fruits qu'il aime le plus, ou dont il a l'idée : les cerises y les pommes , les raisins , etc. Quels sont les mots qui peuvent être réunis sous la dénomination de métier? L'enfant cherche à se rappeler tous les métiers qu'il connaît; il nomme successivement le boulanger, le charpentier, le maçon, le tisserand 3 le tailleur, le chapelier, \e forgeron, etc., en indiquant le genre de travail propre à chacune de ces professions. A quels objets s'applique le mot outil? L'enfant cite les outils qu'il a vus et qu'il connaît, dont il peut faire la description abrégée, claire et précise, et indiquer le but ou l'usage : un couteau, des ciseaux , un marteau, une lime, des tenailles, une pelle, une charrue, etc.
E3. Troisième exercice sur les noms collectifs.
Un même objet, qui se trouve en relation avec d'autres , reçoit des noms différents , suivant ses différents rapports. L'homme , dans les divers âges de la vie, est successivement appelé enfant, adolescent, jeune homme, homme mûr, vieillard; les individus de l'espèce humaine sont appelés , suivant les sexes , homme ou. femme; Y homme, suivant les différentes relations de famille et domestiques, s'appelle mari, père , fis , frère , maître , serviteur, etc. ; suivant les relations sociales, citoyen, magistrat, etc.
312 méthode d'éducation.
Les qualités, les actions, les relations , considérées sous des points de vue généraux, peuvent aussi recevoir des dénominations collectives. Les mots découper, scier, fendre, tailler, etc., indiquent une action qui consiste à séparer. Les mots coudre, coller, souder, lier, etc., expriment une action qui consiste à réunir deux ou plusieurs choses. L'enfant apprend à distinguer les actions collectives, qui peuvent être désignées par une même dénomination générale (i).
F. Sixième et dernier degré du développement du langage.
On s'occupe, dans ce degré, de la détermination des trois rapports généraux exprimés par les mots avoir, être, faire. Ici commencent les propositions et les phrases.
Quoique la qualité qui s'exprime par le verbe être soit la première base du jugement qu'on porte d'un objet, on croit que l'enfant observe plutôt les rapports de Y avoir , que ceux de Y être ou de l'existence. Nous appliquerons aux rapports de Y avoir les cinq exercices dont notre degré actuel se compose ; on pourra suivre la même marche pour les rapports exprimés par les mots être et faire, sur lesquels nous donnerons aussi quelques exemples.
(1) La langue allemande, beaucoup plus riche et surtout plus libre que la langue française , permet de former, au moyen de syllabes placées avant ou après un mot primitif, tous les dérivés nécessaires pour exprimer les modifications des objets et des actions, et les nuances les plus délicates des idées. On peut ainsi créer facilement au besoin de nouvelles expressions, qui sont conformes à l'esprit de la langue.
F'. Premier exercice. Rapports exprimes par le verbe avoir, considérés relativement au nombre.
On détermine, par rapport au nombre, les relations qui concernent les objets. Exemples : un oiseau a un bec, deux pieds, etc. Le chien a une queue, quatre pattes, etc. Pour le rapport de Y être , on peut donner la condition suivante à un enfant : les
sont au nombre de cinq. L'enfant nommera
les doigts de la main, ceux du pied, etc.
F'. Second exercice. Rapports de /'avoir, considérés relativement aux qualités des objets.
On s'attache à déterminer les objets, par leurs qualités dominantes ou par leurs traits caractéristiques.
qualité. objet.
Condition )
proposée. )
Solution donnée) . 77
7, /■ . > La cisosne a un Ions bec. par l enfant. )..•'. ° ■
Sous le rapport de Y être ou de l'existence, on
propose une condition à remplir :
Le est
Le loup est cruel.
La — — est
La plume est légère , etc.
objet. objet. qualité.
Le est une
Le jonc est une plante aquatique.
On propose à l'enfant une condition, d'abord trèssimple, puis un peu plus compliquée, d'après laquelle il cherche un exemple qui s'y rapporte. Son
314 méthode d'éducation.
esprit travaille; il exerce à la fois sa mémoire, sa faculté d'observer et de réfléchir; il se rend compte de ce qu'il a vu et remarqué. Il connaît , en s'occupant h résoudre les petits problèmes qui lui sont proposés, la distinction et la liaison des mots, leur destination, leurs rapports mutuels, le mécanisme intérieur de la langue. Il crée lui-même les exemples qui éclaircissent sa marche; il les puise et les choisit dans la nature physique qu'il a observée. Il ne dit rien que de vrai; il ne parle que des choses qui lui sont connues, qu'il conçoit et qu'il comprend. On modifie les exercices de plusieurs manières, pour les approprier aux différentes modifications des objets et du langage. On peut suivre et saisir tous les rapports des choses : rapports de qualités, qui précèdent ou suivent le nom de l'objet; rapports de com-~ paraison entre plusieurs objets ou plusieurs êtres; rapports de position, de lieu, de temps (1), etc. L'art d'interroger les enfants est le vrai moyen de les bien instruire ; on leur fait trouver ce qu'ils doivent savoir; ils le savent mieux, et sont moins exposés à l'oublier (2).
(1) On varie les questions, en employant les mots plus, moins, dans, dehors, entre, autour, loin, près, sur, etc. L'enfant se familiarise avec toutes les parties du discours; il en connaît exactement la destination et les divers emplois :
le est plus que le
le cheval est plus gros que le chien.
le nage, marche et vole (le ca?iard).
le est dans le
le cerveau est dans le crâne.
(1) Tous ces exercices de l'esprit, proposés en forme d'énigmes, qui habituent à retourner les objets dans tous les sens et sous tous les points de vue, à les détacher, à les réunir, à considérer tour à tour leur nombre, leurs qualités, leurs relations de temps, de po-
F3. Troisième exercice sur les rapports exprimés par le mot avoir, considérés relativement au temps.
On détermine les relations des objets avec le temps. Exemples : Les amandiers fleurissent auprihtemps ; beaucoup d'arbres n'ont de feuilles qu'en été; les feuilles des arbres commencent à tomber en automne; quelques arbres conservent leurs feuilles dans Yhiver. Que fait-on plus volontiers, le matin? etc.
F4. Quatrième exercice. Des rapports exprimés par les mots avoir, être et faire, considérés relativement aux localités.
On détermine les objets, par rapport au lieu ou à la place qu'ils occupent.
Les se trouvent en
Les pyramides se trouvent en Egypte.
F'. Cinquième et dernier exercice sur les relations des objets. Rapports moraux des objets avec l'homme.
Cet exercice comprend, dans cinq subdivisions particulières, la détermination des relations des objets, exprimées par le mot avoir, sous les points de vue suivants :
i°. Par rapport à la possibilité , on peut avoir.
2°. — — — à la nécessité j
il faut avoir.
sition ou de lieu, etc., rendent l'enfant très- observateur et attentif à ne parler jamais que d'une manière exacte. Le jugement et le langage, ou la pensée et Y expression, doivent toujours être en harmonie; leur précision mutuelle ajoute au mérite de l'une et de l'autre.
31 6 méthode d'éducation*.
5°. à la volonté ' ,
on veut avoir.
4°. . au droit ,
il est permis ou bien on a le droit d'avoir.
5°. au devoir ,
on doit avoir, ou Von a l'obligation Savoir.
Les deux rapports généraux, exprimés par les mois être et faire, sont traités de la même manière, et fournissent des conditions et des exemples analogues à ceux qu'on a présentés. On peut leur appliquer le même nombre et les mêmes séries de subdivisions indiquées dans les cinq exercices ci-dessus, dont chacun a un objet déterminé qui le caractérise :
i°. Les rapports de nombre; 2°. ceux de qualités; 3°. ceux de temps; 4°. les rapports de position ou de localité; 5°. les rapports , qu'on peut appeler moraux , comprenant la possibilité, la nécessité , la volonté, le devoir, le droit.
L'enfant ou l'homme peut être, avoir, faire, suivant sa nature, sa situation, ses facultés. Chaque instituteur modifie l'instruction , suivant la portée de ses élèves, sans surcharger ni fatiguer leur intelligence. Après les avoir familiarisés avec toutes les relations physiques des objets, il les rend également attentifs aux relations métaphysiques, qui tiennent à l'étude et à l'emploi des facultés morales et intellectuelles, dont s'occupe la seconde partie du Manuel des Mères.
Obsen>ation générale. — Pestalozzi et ses collaborateurs, qui marchent toujours avec une sage lenteur,
en s 'appuyant sur l'expérience et l'observation, remarquent judicieusement, avec cette modestie qui est inséparable de l'amour sincère de la vérité, qu'on ne doit regarder les considérations exposées dans ce chapitre, et, en général, tout ce qu'ils ont publié sur les divers degrés de leurs méthodes d'enseignement, que comme de simples essais, des matériaux encore informes et imparfaits, qui pourront seulement servir à réformer et à perfectionner l'art de la culture de l'homme et du développement de ses facultés.