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Mélodie. On passe au second degré, à la mé-i

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lodie , qui apprend à saisir la qualité sensible des sons, leurs différentes modulations, les tons graves, les tons aigus et la transition des uns aux autres.

Le premier exercice de ce degré consiste à faire chanter une demi-gamme ou série de quatre sons. On commence par une hauteur moyenne; on suit une marche continue, plus simple et plus facile qu'une marche coupée par intervalles. On exerce un enfant à produire par le chant une gradation parfaite et unp succession non interrompue de sons. On a fait chanter d'abord chaque son séparément, tour à tour en élévation et en dégradation ; puis , des tons successifs , unis et combinés , qui se soutiennent les uns les autres, pour former, adoucir et continuer la voix et pour habituer à détacher et à combiner les tons. On a soin de modifier les exercices, suivant l'âge et la constitution des enfants : l'un qui a la voix plus haute et plus forte, chantera jusqu'au fa ; l'autre, dont la voix est plus basse et plus faible, ne chantera d'abord que jusqu'au ré , ou jusqu'au mi. Ces distinctions a faire entre les enfants, pour proportionner exactement chaque degré d'instruction à leurs forces individuelles, sont un des caractères essentiels de l'éducation domestique ou de famille , que la Méthode ne cesse jamais d'appliquer avec une sollicitude maternelle.

D'après la coutume de quelques maîtres qui font parcourir de suite la gamme entière , la voix fatiguée s'affaiblit et s'éteint, en arrivant à l'octave. Dans noire Méthode nouvelle, qui divise la gamme, de manière à ne faire prononcer d'abord qu'une partie des sons, qu'on augmente proportionnellement avec l'étendue et la force de la voix des enfants , celle-ci ,

étant soulagée et soutenue, acquiert plus de force et de justesse, et la prononciation de l'octave devient plus facile et plus sonore. On aime mieux rester en arrière que s'avancer trop vite, poiir ne jamais forcer la nature et pour se maintenir à la portée des enfants. On marque aussi les différents tons par des nombres, afin que l'enfant apprécie et juge leur séparation ou l'intervalle qui existe de l'un à l'autre, et la nuance plus ou moins prononcée de chaque ton. C'est ainsi qu'on donne une véritable intuition de la distance entre les tons, par îe moyen des chiffres qui servent à l'exprimer, i , i , 3 , etc. On présente ensuite et on chante les tons transposés, 5, 2, 1; 2, 1 , 3, etc., pour rendre toutes leurs combinaisons possibles plus sensibles à l'oeil et au sens intérieur et plus familières à l'oreille. On commence par faire chanter les tons ; on fait ensuite écrire leurs signes ou caractères, d'abord, sur l'ardoise avec la craie; puis, sur le papier avec la plume. On divise le mécanisme de l'opération pour le simplifier. On retrouve ici , comme dans les autres branches d'enseignement, la division et la gradation y qui rendent chaque partie de l'instruction plus claire et plus facile à saisir. On ne fait pas connaître encore aux enfants les noms des notes de musique. Elles deviennent l'objet d'un exercice particulier, dans lequel on apprend leurs noms et leurs signes, en même temps qu'on apprécie leur usage et leurs fonctions. On montre également les signes qui servent h hausser et à baisser les tons : on apprend les noms nouveaux des modifications que les sons reçoivent de cette manière. En transposant la demi-gamme don ou de plusieurs tons plus haut, on est dans la nécessité d'introduire, soit des bernois

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qui baissent, soit des dièse?, qui haussent d'un demiton la note qui les suit. On fait trouver toute la gamme, dont les tons se suivent par intervalles réguliers d'un ton entier, et dont les tons mélangés à des demi-tons se suivent également.

3. Harmonie. Le troisième degré (qu'on pourrait appeler la partie dynamique de l'art) enseigne à renforcer ou à diminuer les tons, dont le parfait accord doit produire Y harmonie , troisième base de la musique. La méthode nouvelle fait prononcer d'abord séparément les sons forts et les sons faibles; puis, elle apprend à les combiner et à les marier ensemble. Elle emploie plusieurs exercices pour former l'oreille et la voix sous ce rapport, jusqu'à ce que les élèves exécutent les différentes gradations de la voix et les successions et les variations des tons avec une justesse rigoureuse. Enfin, elle arrive à la connaissance des signes qui déterminent la force ou la faiblesse des sons , et qui se bornent à exprimer des modifications dont les exercices précédents ont fait contracter l'habitude.

Après avoir parcouru l'un après l'autre les trois éléments de la musique , le rhjthme ou la mesure, la mélodie ou la qualité sensible des sons , Y harmonie ou leur combinaison et leurs accords , suivant leurs degrés de force et de faiblesse, on commence à réunir et à combiner ces branches de l'art : les enfants s'essaient à chanter. Ils doivent d'abord solfier, ou chanter simplement les notes, d'après les trois conditions établies; puis, ils appliquent le chant aux paroles, ou chantent des paroles données sur un air qu'ils savent déjà. Les voix ainsi exercées peuvent chanter à trois ou quatre parties, ou d'après les lois

de l'harmonie, qui est la combinaison de plusieurs sons différents , dont l'ensemble forme des accords agréables à l'oreille. Les élèves chantent des solos , des duos, des quatuors et surtout des chœurs (i).

La dernière instruction de l'institut a pour objet l'art d'écrire et de noter les airs qu'on chante soimême et ceux qu'on entend. L'élève qui a vu former et qui s'est exercé à reproduire les différents signes de la musique, et dont l'oreille sait parfaitement distinguer tous les tons et leurs intervalles , apprend à fixer par écrit avec ces mêmes signes des airs qu il note dans toutes leurs parties , à mesure qu'on les chante devant lui.

L'étranger observateur, qui visite l'Institut , aime surtout à s'arrêter dans les différentes classes de chant, dont les exercices pratiques lui offrent des tableaux intéressants et des scènes de famille (2).

(1) Nous aimons à citer ici les trois Conservatoires de musique de Paris, de Milan et de Naples, où Fart est enseigné par des maîtres habiles et d'après des méthodes perfectionnées. Les ouvrages élémentaires et classiques , publiés pour l'usage du Conservatoire de Paris , sont remarquables par les avantages réunis de la simplicité , de la précision et de la clarté. Le respectable et sensible Grétry, auquel la musique française doit un si grand nombre de chefs-d'œuvre, et qui jouit à la fois de la gloire et du repos dans sa retraite philosophique de la vallée de Montmorency, où il occupe le même ermitage qu'habita J.-J. Rousseau ; les savants Gossec et Méhul, qui ont contribué à fonder le Conservatoire; les habiles compositeur Paer, Spontini, Lesueur, Catel, Dalvimare, Chérubini ; notre célèbre chanteur Laïs , dont la voix est si noble , si touchante et si pure, et dont le caractère est plus estimable encore que le talent, viennent souvent récompenser et encourager, par leurs honorables suffrages, les élèves de ce bel établissement, appelés à donner, dans des exercices publics et périodiques, des preuves de leurs dispositions naturelles et de leurs progrès.

(2) Les jeunes instituteurs, chargés de donner les leçons de chant et de musique dans l'Institut d'Yverdun, sont MM. Dreist, élève

Dans l'une de ces classes, composée seulement de quinze ou vingt enfants, rangés sur deux files et assis sur des bancs élevés, l'instituteur qui se promène au milieu deux, en jouant du violon ou de la flûte, ou qui leur donne le ton sur le piano, leur fait battre la mesure à différents temps avec la main et les pieds, et les exerce, d'abord chacun séparément, puis, tous ensemble , afin de former la justesse de l'oreille et de la voix. Il trace en même temps les signes indicatifs des mesures et fait connaître leur valeur. Les enfants regardent ces signes, apprennent à les distinguer, les reproduisent sur leurs ardoises; écoutent les sons prononcés , qui correspondent aux signes écrits , apprennent à les reconnaître , à les retenir, à les répéter: la flûte ou le piano leur sert de régulateur et de guide. Ces exercices un peu bruyants les tiennent en action; les occupent, les amusent, les attachent, et ressemblent plutôt à une récréation qu'à une leçon.

Dans une autre classe plus avancée, qui n'a également qu'un petit nombre d'élèves , le maître leur donne les premiers éléments delà musique, en traçant les notes avec de la craie sur la grande table noire exposée à leurs yeux. Les notes numérotées leur sont présentées successivement, d'abord isolées, puis réunies; les enfants s'exercent à la fois à les tracer sur l'ardoise et à les chanter. L'instituteur, qui les accompagne avec son instrument , leur fait saisir, observer et appliquer les lois relatives à la mé-

prussien de l'Ecole normale; Yoght, Saxon: Knusekt, Suisse; Tniriot ; et Cavraw, Prussien , qui s'occupe aussi avec beaucoup de zèle et de succès d'appliquer les principes de la Méthode à toutes les parties de l'enseignement élémentaire des langues.

lodie> ou à l'arrangement, à la gradation et à la succession des sons. On ne fait jamais durer les classes au delà d'une heure , pour éviter de fatiguer l'attention par des leçons trop prolongées. Dans la première demi-heure , on s'occupe seulement des notes; dans la seconde , on commence à chanter de petits airs ou des morceaux détachés , d'une exécution facile, que les enfants ont appris par cœur.

Dans une troisième classe d'un degré supérieur, où sont réunis près de vingt élèves, on leur fait chanter à livre ouvert de la musique notée. L'instituteur les accompagne en jouant de la flûte ou du piano, et les arrête, chaque fois qu'un son faux blesse l'harmonie que doit produire le parfait accord de leurs voix.

Dans une quatrième classe qui appartient au même degré que la précédente , mais dont les élèves sont un peu plus forts, environ vingt jeunes gens, réunis sous la direction d'un instituteur qui les accompagne sur le piano, chantent en chœur des paroles mises en musique pour eux , propres à les intéresser et à les instruire , que chacun d'eux à son tour s'exerce à copier et à noter, pendant qu'on les chante : d'abord, des hymnes religieux, capables d'élever l'âme, de la pénétrer d'un saint recueillement et des impressions les plus douces et les plus pures; puis, des chants de voyage, des airs vifs et joyeux, convenables au caractère de l'enfance et à son activité naturelle. Ici, cette activité, au lieu d'être abandonnée à elle-même, ou mal dirigée, est soumise à des lois déterminées; elle devient régulière et harmonieuse. La leçon est un concert et une fêle. Les enfants sont libres et heureux , gais , contents , animés : leur maître est leur

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aini; sa présence n'est point pour eux Ja tête de Méduse. Ils ont toujours, en lui parlant, ou en répétant ses leçons, le sourire sur les lèvres. Ils sont, dans la salie d'étude, aussi satisfaits que dans le jardin et dans les théâtres de leurs jeux. Ils développent leurs poumons et tous leurs organes : ils s'habituent, sans se fatiguer, à Y attention et à Y ordre, deux éléments essentiels du perfectionnement intellectuel et moral. Tout se tient dans les applications variées de la Méthode: elle est le produit d'une seule pensée, qui s'exprime sous mille formes différentes.

XIV. Gymnastique, qui comprend un grand nombre à' exercices, appropriés au but commun de favoriser l'entière liberté des enfants dans tous leurs mouvements naturels et analogues à leur constitution , de développer en eux les facultés du corps , la force, la souplesse et l'agilité, l'adresse et la grâce, d'entretenir l'équilibre des humeurs et de conserver la santé.

Comme l'&spnV fournit lui-même les éléments de son développement , toujours puisés dans l'observation t exacte de la marche et des lois de la nature; le corps doit fournir également les moyens de développer ses propres forces, en appliquant les lois qui dérivent de l'organisation physique. L'élément absolu et invariable des exercices du corps, c'est l'organisation, le jeu des membres et des articulations.

La gymnastique , fondée sur ce principe général, doit être considérée sous trois rapports essentiels : comme naturelle et instinctive; comme raisonnée et pratique ; comme industriede et spéciale. On pourrait distinguer aussi la gymnastique athlétique, cou-

sacrée, chez les anciens, par leurs institutions, par des fêtes solennelles et. par des triomphes publics ; la gymnastique médicale, qui est une branche de l'hygiène, et qui emploie les exercices du corps, seulement dans leurs rapports avec la conservation de la santé; enfin, la gymnastique militaire, qui comprend les exercices militaires, dont nous ferons l'objet d'un article particulier.

i. Gymnastique naturelle et instinctive. Le premier motif qui excite l'enfant à développer son corps, c'est la nature, l'instinct, le besoin. Il apprend à se lever sur ses jambes, à marcher, à faire usage de ses mains, d'après une gradation ménagée par la nature elle-même, et religieusement observée par la mère de famille , qui veille, avec une tendre sollicitude, à ce que les efforts et les actions de son enfant soient toujours proportionnés aux degrés successifs de ses facultés. La Méthode, dans cettte première époque , n'a rien à faire qu'à laisser agir la nature, à faciliter l'entière liberté des mouvements, des exercices, des jeux de l'enfance, qui donnent lieu à beaucoup d'applications de ses forces naissantes. Ces exercices, multipliés à l'infini, reçoivent une direction salutaire, surtout pour les enfants des classes pauvres, par l'effet des circonstances, dans lesquelles les placent la vie domestique et les besoins de la famille. L'enfant est le serviteur naturel de sa mère: il lui apporte ce qu'elle demande; il la seconde, autant que ses forces croissantes le lui permettent, dans les soins et dans les travaux du ménage. Les enfants des classes riches ont, à cet égard, moins d'occasions de développer leurs facultés physiques; leur activité naturelle est, le plus souvent,

enchaînée mal à propos , et comme étouffée dans une vie molle et oisive; ce qui nuit à la formation de leur tempérament et a leur sanlé : ou mal dirigée vers des actes frivoles ou nuisibles. La gymnastique domestique des enfants des classes pauvres est essentiellement morale; elle les dispose et les forme, dans leurs premières actions, à l'obéissance, à l'amour, à la bienveillance, au désir de se rendre utiles. Le but de l'Éducation, sous ce point de vue, et l'esprit de notre Méthode consistent a donner le plus d'étendue possible et la meilleure direction, d'après des motifs de convenance et d'utilité, à tous les exercices des enfants. Ainsi, leur développement physique concourt à aider le développement moral.

2. Gymnastique raisonnée et pratique. Notre première branche de la gymnastique , qui n'a besoin que d'être surveillée et dirigée , fournit les éléments de la seconde, le mouvement et \& force. Mais jusqu'ici l'enfant n'a pas la conscience de ses facultés corporelles et de l'usage qu'il en fait pour son développement. La gymnastique proprement dite est destinée à lui donner cette conscience. Elle commence par isoler le corps et les mouvements de l'enfant, des objets extérieurs de la nature ; elle soumet ces mouvements à des règles et à des lois, résultant de l'organisation et du mécanisme des articulations.

On demande à l'enfant comment il peut mouvoir sa tête y en avant, en arrière, a droite , à gauche, la pencher, la lever, la tourner dans toutes les directions. On lui fait remarquer les inflexions, les postures , les attitudes différentes , dont chaque partie de son corps est susceptible, en les exerçant l'une après l'autre : d'abord , la tête; puis, le corps entier;

puis, successivement, les bras, les mains' , les épaules y les coudes , Y épine du dos et les reins , les jambes , les pieds y les genoux , etc. Ou emploie des exercices raisonnes et variés, qui ont pour objet des mouvements simples, des mouvements composés y enfin , la liaison et la combinaison des uns avec les autres. L'enfant se rend compte de tout ce qu'il peut faire avec toutes les parties de son corps , et avec chacune d'elles : loin de s'ennuyer et de se fatiguer, il s'amuse et se fortifie.

L'instituteur doit calculer la vitesse et la durée des mouvements, les varier d'une manière agréable et utile , suivre toujours la marche graduelle de la nature , proportionner les exercices à la force et à la santé des enfants, assortir les élèves qui doivent jouer et s'exercer ensemble; toutes ces choses doivent se faire naturellement , sans être jamais l'effet d'aucune influence directe et positive. Les enfants, auxquels la nature , l'instinct et l'expérience révèlent le secret de leurs forces , en connaissent si bien la mesure et l'étendue, qu'ils n'essaient jamais de rien faire au delà de ce qu'ils peuvent. Ils inventent d'euxmêmes plusieurs exercices et plusieurs jeux nouveaux , qui sont des modifications de ceux cp'iïs ont appris. Ils aident l'instituteur à perfectionner la marche de l'instruction ; ils lai indiquent beaucoup de choses intéressantes auxquelles il ne penserait pas de lui-même. Celui-ci observe, profite , s'instruit , recueille par écrit ses remarques et ses expériences sur les enfants et applique les résultats de ses observations.

On fait marcher les élèves, deux à deux, et en mesure, au pas ordinaire, au pas accéléré, toujours

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dans des temps donnés et marqués. Le saut , d'abord à pieds libres , puis à pieds joints ; d'abord sur la place même qu'on occupe, puis à une certaine distance : en avant, en arrière, à droite, à gauche, avec ou sans élan ; la course, la lutte développent la force et la souplesse des muscles et des membres (1). La natation, branche de la gymnastique, si importante pour la santé et pour la sûreté de l'homme, destinée à lui procurer l'inappréciable avantage de sauver dans l'occasion la vie à son semblable ; l'art de lancer , celui de grimper, les différentes manières de se tenir en équilibre fournissent des combinaisons infinies pour les jeux qui augmentent à la fois la force et l'adresse. Enfin , la danse et Y escrime , devenues chacune l'objet d'un enseignement particulier , quand les parents le désirent, achèvent de régulariser les mouvements et de leur communiquer l'aisance et la grâce. L'observation et le sentiment de la décence, de la grâce, de la beauté, dans la tenue du corps et dans ses différentes positions , associent la gymnastique à l'éducation morale et intellectuelle et

(i) Plusieurs petits enfants, faibles et délicats, qui d'abord ne pouvaient pas courir, et dont on a eu soin d'observer et de ménager la respiration et les forces, sont devenus d'excellents coureurs, et ont fortifié leur poitrine. En biver, surtout, on court longtemps sans s'échauffer; l'air est plus sain, et la course est un exercice plus convenable. Deux instituteurs, qui souffraient de la poitrine par suite de travaux excessifs, parce qu'ils avaient six ou sept classes à diriger à la fois, et dans chaque classe deux ou trois subdivisions différentes de forces inégales, pour chacune desquelles il fallait donner des leçons particulières à la portée des enfants, ont fortifié leur poitrine et recouvré la santé, en s'associant aux exercices gymnastiques de leurs élèves, et en partageant leurs jeux. La gymnastique de l'Institut est la principale cause de l'état habituel de santé des enfants. (Voyez, ci-dessus, le Précis sur l'Institut, qui fait partie de Y Introduction , pages 4* et 42)

la font servir à îa culture du sens idéal ou du beau , déjà excité et développé par les trois branches d'instruction de îa géométrie , do dessin et de la musique (i).

Les enfants s'habituent à réfléchir sur les usages qu'ils peuvent faire de leurs membres et de leurs corps, sur les actions qui leur conviennent, sur le but de ces actions. Leur cours de gymnastique est, à cet égard, un véritable cours de logique pratique. Ils apprennent à diriger les divers emplois de leurs facultés , de la manière îa plus avantageuse pour leur conservation , leur santé , leur bien-être , et pour la satisfaction et Futilité de ceux avec lesquels ils vivent. Ils acquièrent îa conscience de ce qu'ils peuvent, le sentiment intime des dispositions dont les a doués îa nature. Leur éducation donne à leur corps, et, par une suite nécessaire, à leur esprit et à leur âme, de l'essor, de l'énergie et de l'activité : ils sont endurcis à la fatigue ; ils deviennent capables de faire de longues marches, de coucher sur la dure, de gravir des rochers escarpés, de suivre d'un pied ferme un sentier étroit entre des précipices, de plonger un œil fixe et tranquille dans la profondeur des abîmes, de traverser à la nage des fleuves rapides , des torrents impétueux , de sauver leur vie dans un naufrage , d'affronter avec courage les dangers, de repousser avec succès l'agression d'un ennemi , ou

(i) Les instituteurs peuvent trouver des renseignements utiles sur la direction à donner à Y instruction gymnastique , dans un ouvra'ge intitulé : La gymnastique de la jeunesse, publié à Paris (an xi, i8o5) par MM. Jmar Durwier et Jauffret, qui ont euxmêmes puisé une partie des vues pratiques qu'ils développent dans un livre allemand très-estimé, écrit sur le même sujet par Gulhsmulhs, instituteur chez Salzmann, à Schnepfenlhal, en Saxe.

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d'un animal furieux, de conserver du sang-froid dans les moments difficiles, de surmonter leurs premiers mouvements d'impatience, d'humeur, de colère ou de crainte , de vaincre leurs passions, de supporter avec patience et résignation la douleur et l'adversité.

3. Gymnastique industrielle et spéciale. A mesure qu'on obtient les résultats indiqués dans les deux divisions précédentes , on fait exercer les enfonts avec des instruments qui ont des applications spéciales; la gymnastique s'unit à Yindustrie. Elle s'applique successivement aux différentes actions Récrire, de dessiner, de tracer les chiffres, les figures de la géométrie , de dresser des cartes géographiques , de cultiver le jardin, de manier le fusil , dans les exercices militaires , le rabot ou la scie, dans un atelier de menuiserie, de tourner, d'imprimer , etc. L'élève apprend à tirer parti de ses mains pour chaque branche de travail dont il s'occupe; puis, pour un art ou pour un métier déterminé. Ici , la gymnastique ne se propose pas seulement de rendre un enfant propre à telle ou telle opération mécanique , mais de le former dans tout son être, de compléter son développement, de le mettre en état d'apprendre et d'exercer tous les arts. On peut remarquer qu'elle a deux objets distincts, suivant les sexes : la force et Y adresse des bras pour les hommes; la souplesse et Y agilité des doigts et des mains pour les femmes. Puis, chaque branche d'industrie comporte une série particulière de moyens qui lui sont propres , D'après cette base fondamentale de l'Éducation industrielle, il s'agit de déterminer , dans chaque profession, la série de moyens, de mouvements et d'ope-

rations mécaniques qui lui appartiennent spécialement, et qui constituent la philosophie ou la théorie de l'art, et sa partie technique et raisonnée (i).

Sous le rapport de son Éducation Industrielle, ou de sa vocation et de sa destination positive dans la société, l'élève de la Méthode, qui connaît les ressources réelles que lui offre son corps, et qui les

(i) Nous aimons à rappeler ici un utile et magnifique établissement, qui présente une sorte de mappemonde de l'industrie humaine, le Conservatoire des arts et métiers , créé à Paris vers la fin du dernier siècle, sous les auspices du gouvernement, par les soins éclairés de MM. Molard et Moktgoi.fier, et très-perfectionné depuis par l'établissement de cours spéciaux confiés à d'habiles professeurs. — i On y voit réunis des modèles, parfaitement exécutés, en fer, en bois et en carton , de tous les genres d'ateliers, de fabriques, de manufactures, avec tous les instruments et toutes les machines qu'on y emploie. Le philosophe observateur, en contemplant avec intérêt les procédés et les prodiges de l'industrie, calcule, d'après ce que le génie de l'homme a déjà créé, tout ce qu'il pourrait ajouter encore à ses inventions et à ses découvertes, s'il était bien dirigé. M. Molard a publié une Notice raisonnée de tous les objets et de toutes les machines que renferme le Conservatoire des arts , et de leurs différents usages, qui est, à quelques égards, une histoire abrégée de l'industrie humaine et de ses progrès. Ce travail, en offrant plus de choses encore à éviter qu'à imiter, puisque les arts et les métiers simplifient leurs procédés à mesure qu'ils les perfectionnent, devient doublement utile, sous ce rapport, à ceux qui étudient ou pratiquent les arts mécaniques.

Un autre ouvrage , qu'ils devront rechercher et méditer, est le Cours de Technologie fait à l'Athénée de Paris par M. Hassenfratz , professeur à l'Ecole polytechnique.

Enfin, nous leur désignerons, comme pouvant leur fournir des sujets d'observation et des moyens d'instruction , le JDepôt central ou Musée d^ artillerie, organisé par l'estimable M. Régnier, qui en a été le conservateur, et qui a enrichi ce bel établissement de plusieurs instruments ingénieux de sou invention. Oh y remarque surtout son dynamomètre perfectionné, destiné à mesurer les forces du corps, qui est employé dans quelques maisons d'éducation, comme un moyen d'exercer les élèves et de leur faire apprécier comparativement leurs divers degrés de force.

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apprécie à leur juste valeur, arrive plus facilement qu'un autre au plus haut degré de perfection , dans les exercices relatifs à la profession qu'il a embrassée. On s'attache à considérer séparément, dans cette vue : ï°. l'exactitude des mouvements, suivant le but qu'on se propose , et la nature du mouvement qu'on fait exécuter; 2°. la vitesse ou la durée de temps pendant laquelle le mouvement a lieu; 3°. l'adresse et l'agilité de l'élève.

Sous le rapport physique , cette activité continuelle imprimée au corps , et appliquée à toutes ses parties, donne à la fois tous les genres de force et d'adresse, rend familières et faciles toutes les sortes de mouvements qui sont propres au corps humain , favorise la circulation du sang et des humeurs, développe les poumons et la poitrine, tous les membres, tous les muscles , tous les organes , et procure un tempérament robuste, exempt de la plupart des maladies qui tourmentent les autres hommes, et qui, le plus souvent, sont leur propre ouvrage.

Sous le rapport moral, l'enfant devenu peu à peu maître de son corps , en est plus capable de dominer son âme et de conserver un empire absolu et raisonné sur lui-même. Il supporte volontiers les fatigues; il voit de sang-froid les dangers; il se confie dans ses forces personnelles. Comme il sait exactement tout ce qu'il peut entreprendre, sa juste et noble confiance en lui-même, puisée dans une longue expérience et dans une continuelle pratique d'exercices de tout genre, devient ïe premier germe de l'intrépicT^e morale et du véritable courage, également éloigné d'une aveugle et téméraire audace et d'une circonspection timide et pusillanime. Cette

vie toujours active, dont toutes les actions sont dirigées vers un but , et qui procure les trois avantages de se développer, de s'amuser et de s'instruire, dispose les élèves à la gaieté, dans leurs relations mutuelles, et au contentement de l'âme, qui se lie étroitement à la bonne disposition du corps et à la santé.

Sous le rapport intellectuel , la gymnastique de l'Institut ne développe pas moins les facultés de l'esprit et de l'âme que les forces physiques : elle fait participer l'intelligence à l'adresse et à l'activité qu'elle procure au corps ; elle perfectionne aussi le sentiment et la conscience du beau. Ce sentiment , dans la nouvelle direction qu'il reçoit , ne rend pas seulement propres et naturelles aux élèves toutes les positions et toutes les attitudes qu'ils doivent prendre, en donnant plus d'aisance, de grâce, de moelleux et d'harmonie à tous leurs mouvements ; mais il les prépare pour les exercices, tels que la natation, la danse, l'escrime, l'équitation , etc. , qui leur seront nécessaires ou agréables dans la vie sociale. Ce même sentiment les prépare à mieux apprécier les productions des arts : c'est par lui que se développe et se forme le goût , sens universel et perfectionné , qui s'applique ensuite au dessin , à la peinture, à la sculpture, à l'architecture, aux lettres, à la poésie, à tous les bèaux-arts et à toutes les productions de l'industrie.

Tels sont les points de contact de Y instruction gymnastique et de ses exercices progressifs avec toutes les autres branches de la formation et de la culture de l'homme (i).

(i) Voyez, dans Y Essai gênerai d'e'ducation physique, morale cl

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XV. Apprentissage d'une profession spéciale. Quelques élèves, d'après les désirs de leurs parents , terminent leur instruction générale gymnastique par Y apprentissage cCun art ou d'un métier, en appliquant la marche suivie pour toutes les autres études, et en commençant toujours par s'attacher à bien comprendre ce qu'ils doivent exécuter, à raisonner tout ce qu'ils font, à rapporter a un but moral tout ce qu'ils apprennent. Les uns vont travailler en ville, une ou deux heures par jour, chez un horloger, un mécanicien, un menuisier ou un tourneur; d'autres se forment à l'état d'imprimeur et de prote, dans l'imprimerie attachée à l'Institut. Cette imprimerie sert en même temps à publier une feuille périodique écrite en allemand, dans laquelle sont développés les principes et les procédés de la Méthode, et h fournir aux enfants un moyen de s'exercer à une profession spéciale, en plaçant devant leurs yeux l'un des arts dont l'invention atteste le plus la puissance de l'industrie humaine, et dont la plus noble destination est de donner la vie à la pensée, d'immortaliser les productions du génie , de transmettre de génération en génération les expériences successives des individus et des peuples , pour aider a. leur perfectionnement.

XVI. Exercices militaires, dans lesquels on se propose le double but, de développer les facultés physiques en général; puis, d'appliquer et de coni-

intellectuelle , etc."( Seconde édition, Paris, i855), page 076-096, le troisième Appendice sur le Gymnase hokmal , civil et militaire, fondé et dirigé à Paris par le colonel Awokos.

biner les forces individuelles pour remplir un objet déterminé.

Un art, pour être propre à l'homme, doit se trouver en harmonie avec sa nature, ses facultés, sa destination. La nature de l'homme l'expose à être attaqué par les autres animaux, et malheureusement aussi par ses semblables; les facultés physiques et les moyens de défense dont il est pourvu ont besoin d'être développés par l'exercice et perfectionnés par l'art 5 enfin, sa destination est de se conserver luimême, de protéger sa famille, et, dans plusieurs circonstances, de contribuer à défendre la société dont il est membre. h'art militaire est donc nécessaire à l'homme sous ces trois rapports. La théorie d'un art peut s'étendre à l'infini , parce qu'après en avoir posé les éléments, elle s'occupe à les appliquer, de manière à prévoir, à calculer, à épuiser toutes leurs combinaisons possibles. La pratique s'attache à un certain nombre de résultats positifs. Uinstructwn militaire pratique, donnée dans l'Institut, prolonge pendant longtemps les exercices des premiers degrés , afin que leur fréquente répétition les rende familiers aux élèves , qui , possédant à fond les éléments , deviennent capables d'en imaginer au besoin de nouvelles applications ; elle se renferme dans une sphère peu étendue, parce qu'elle ne se propose point de former des militaires , mais des jeunes gens propres à le devenir.

La guerre est une lutte entre deux forces rivales. L'homme est la matière sur laquelle ces forces agissent, et en même temps, la force même mise en action : un espace de terrain, plus ou moins étendu, sert de théâtre à cette lutte. L'action et la réaction

réciproques de deux forces contraires produisent un mouvement, qui dépend surtout de la manière dont chaque force ou masse physique avance sur l'objet qu'elle doit atteindre. La quantité de mouvement est Je résultat de la marche multipliée par la vitesse. La puissance de chaque masse physique est en raison de sa pesanteur, de sa mobilité, de la nature et de la durée de son mouvement , de sa proportion avec l'espace dans lequel elle se meut. Dans l'art militaire, la pesanteur de la masse consiste dans le nombre des euerriers; la mobilité ou la nature de leurs mouvements dans leur habileté à manier leurs armes, et dans l'exactitude, la promptitude et l'agilité de leurs évolutions. Le rapport des troupes avec le terrain dépend du choix plus ou moins heureux de la position qu'on leur fait occuper.

Le nombre des guerriers comprend tous ceux qui participent à l'action. Il faut les réunir et les combiner, de manière que chacun agisse avec toute la force qui lui est propre, et puisse s'aider de toutes les forces individuelles coordonnées aux siennes. Donc, la manière d'organiser et de combiner les hommes est le premier élément de Fart militaire. Le choix et l'emploi des armes , qui ajoutent à la force personnelle du guerrier, et qui déterminent le plus ou moins de mobilité de la masse ou combinaison dont il fait partie , constituent un second élément. L'agilité, qui consiste h employer le moins de temps et à parcourir le moins d'espace possible pour exécuter une action et pour atteindre un but, donne lieu à Y art des marches , des évolutions, des manœuvres , toujours appropriées au terrain dont on peut disposer, qui devient une troisième partie de la science

de la guerre. Enfin , cette condition essentielle du choix des positions propres aux opérations militaires forme une quatrième branche de l'art, qui exige une connaissance exacte des localités ou de la topographie des pays dans lesquels on fait agir les troupes. Les évolutions et les terrains de manoeuvre doivent être également en rapport avec les différentes espèces de forces et de corps militaires dont les armées se composent, telles que Y infanterie de bataille, Y infanterie légère, la cavalerie, Y artillerie, etc., qui admettent elles-mêmes un grand nombre de modifications et de subdivisions, et qui sont employées de plusieurs manières différentes, suivant les buts particuliers qu'on se propose pour atteindre le but général de l'attaque ou de la défense.

Ces considérations générales, susceptibles de développements très -étendus, que le militaire doit méditer et approfondir, seront présentées successivement aux élèves, qui doivent toujours se former une idée nette et précise de la science ou de l'art dont ils s'occupent, de sa nature et de son objet (i).

On distingue dans l'instruction militaire de l'Institut six principaux degrés, qui embrassent beaucoup de subdivisions , dont chacune se compose d'un certain nombre d'exercices pratiques , toujours progressifs et enchaînés l'un à l'autre.

(i) \J Essai général de tactique par Guibert, les Mémoires militaires et politiques du général Llovd , les Mémoires de FeuquiÈres sont trois ouvrages propres à compléter le cours de l'instruction militaire , mais ne doivent être mis dans les mains des jeunes gens qu'à l'époque où ils sont en état de les lire avec fruit. On commence, d'après notre Méthode, par pratiquer pour bien savoir; on finit par lire ce que les meilleurs auteurs ont écrit sur les choses qu'on sait.

422 méthode d'éducation.

i . Ecole du soldat . Les trois premiers degrés, qui correspondent à Y école du soldat, comprennent la position, la marche, le port et le maniement d'armes, d'abord pour l'homme isolé, puis pour cinq ou six hommes réunis. On commence par instruire un enfant seul ; on lui fait prendre une position ferme et convenable, en plaçant l'une après l'autre chaque partie du corps : les talons sur la même ligne et assez rapprochés; les pieds en dehors sans être trop ouverts; les genoux tendus, mais sans roideur ; le corps entier d'aplomb sur les hanches, pour donner à l'homme un parfait équilibre ; les épaules bien effacées; les bras pendant naturellement; les coudes près du corps ; les mains un peu tournées en dehors ; la tête droite sans être gênée ; le menton approché du cou sans le couvrir; les yeux fixés à terre, environ à quinze pas devant soi. On s'attache à démontrer les motifs et l'utilité des principes qu'on prescrit; on veille à ce qu'il y ait à la fois harmonie et régularité, aisance et liberté dans les mouvements de détail et dans l'ensemble. On fait tourner l'enfant sur lui-même, sans changer de place. Il s'exerce à faire des demi-tours à droite, à gauche; à marcher dans tous les sens, en avant, en arrière, par le flanc droit, par le flanc gauche, au pas ordinaire direct, au pas oblique, au pas accéléré. On expose, dans chaque exercice, en peu de paroles simples, claires et précises, la théorie particulière de ce qu'on apprend, toujours combinée avec Yinstruction pratique sur le terrain : l'instructeur exécute lui-même ce qu'il commande, afin de fournir l'exemple, eu même temps qu'il explique le principe.

Le port et le maniement d'armes se montrent

aussi, d'abord à chaque élève séparément; puis, on instruit plusieurs élèves. On emploie le moyen de Yinstruction mutuelle : ils se répètent les uns aux autres les leçons qu'on leur a données ; ils les apprennent mieux et plus vite; le plaisir est pour eux un mobile qui supplée à l'émulation ; l'instructeur, témoin de leurs premiers essais, les observe et les dirige.

Par rapport aux armes, on ne se borne pas au fusil : chaque chose devient une arme au besoin. On modifie les exercices, en employant successivement des armes de différentes sortes , d'abord légères , puis , plus pesantes , dont les unes servent à combattre de près, comme le bâton, la pique , le sabre , Yépée, la baïonnette ; dont les autres portent au loin, comme Y arc, la fronde , le fusil. On fait tirer quelquefois à la cible pour exercer les enfants à viser juste; on forme le coup d'oeil; on donne plus de sûreté, de force et d'adresse à la main. On fait repéter aux élèves armés tous les mouvements qu'ils ont exécutés sans armes. On laisse aux écoles militaires spéciales le complément de cette partie de l'instruction , les charges précipitées et à volonté , les feux directs, obliques et de deux rangs, etc. On réunit cinq ou neuf élèves pour la marche de front et les différents pas. On leur donne les premiers principes d'alignement.

On leur fait faire , environ tous les mois, des promenades ou courses militaires de deux et trois lieues, avec le sac sur le dos et le fusil sur l'épaule, pour les habituer à. marcher en corps de troupe et à supporter la fatigue. On leur fait observer, dans ces promenades, la nature du terrain, les plaines, les

montagnes, les vallées, les ravins, les défilés, les ruisseaux, les torrents, les gués, etc. Ils apprennent à distinguer les positions les plus convenables pour exécuter les différentes opérations de la guerre , qu leur sont devenues familières.

La marche en différents temps , la course, le saut, la natation et quelquefois une sorte de danse rhythmique et guerrière , qui font partie de l'instruction gymnastique , s'associent à nos premiers exercices militaires et contribuent à les rendre plus faciles (i).

2. Ecole du peloton. Les quatrième et cinquième degrés, qui forment une espèce à' école de peloton , comprennent les alignements à rangs ouverts et à rangs serrés , les principes des différentes sortes de marches, en bataille, de front, de flanc, en colonne , etc. ; les conversions et les changements de direction , et les contre-marches. On réunit plusieurs élèves , dont on forme des rangs doubles ou triples , mobiles dans tous leurs points , qui se rompent et se reforment à volonté. On emploie les élèves plus instruits comme sous-officiers instructeurs; on fait répéter par l'ensemble les mêmes exercices qu'ont faits les individus.

L'instruction des guides, la position sur les guides, les changements de front et de direction , à droite, h. gauche, au centre, sont les objets des exercices. On représente, par des combinaisons variées , toutes les formes dont chaque mouvement est susceptible : on fait sur le terrain des applications de la géométrie à l'art militaire. La souplesse et l'agilité des membres , la légèreté et la célérité des mouvements ca-

(i) On se propose d'y joindre V équitation et Y escrime, et ayant tout la natation.

ractérisent cette partie de l'instruction. Les commandements se font j tour à tour , dans les deux langues allemande et française.

On ne fait exécuter par les enfants que des choses qu'ils comprennent , et dont ils sont capables de rendre raison. Quelquefois on montre à ceux qui sont plus avancés de petites manœuvres , exécutées sur une table avec des pièces de bois ou de carton. Dans plusieurs écoles publiques d'Allemagne, on fait usage d'un jeu , dans le genre de celui des échecs , appelé jeu de la guerre , qui donne une idée assez exacte des marches et contre-marches et des différentes, manoeuvres et opérations militaires.

3. École du bataillon. On arrive à des exercices d'ensemble , qui sont une sorte dH école de bataillon, dans laquelle on fait manoeuvrer l'entier , sans la division des pelotons, en appliquant les principes et les mouvements déjà rendus familiers. Quelques jeunes gens remplissent les fonctions d'officiers , et apprennent à commander les évolutions. Les enfants choisissent eux-mêmes leurs officiers, avec un tact sûr, parmi ceux de leurs camarades qui sont le plus instruits, qui se conduisent le mieux, qui montrent le plus de pénétration et de capacité , qui ont à la fois le caractère personnel et le ton de voix le plus propres au commandement.

On répète par peloton les degrés précédents, dans l'ordre dans lequel on les a parcourus , afin que les pelotons agissent de concert et soient en harmonie avec l'entier. On habitue la petite troupe à rompre la ligne, à la plier dans tous les sens, à la reformer de toutes les manières. Chaque soldat sait la place qu'il doit occuper, au front, à l'aile, au centre. Les

426 méthode d'éducation.

soldats changent de place entre eux et reprennent leurs rangs avec précision.

Comme le soldat placé dans les lignes ne peut pas bien voir ni juger l'action de l'ensemble, on les emploie successivement comme officiers et sous-officiers, afin de leur donner l'intelligence des mouvements combinés, l'intuition d'une masse organique divisée en plusieurs parties, qui reçoivent une impulsion commune et simultanée.

a L'Ecole de bataillon, suivant les règlements sur « les manœuvres (ï), est divisée en cinq parties : la ce première comprend la manière d'ouvrir les rangs « et d^xécuter les divers feux de pied ferme; 4a se- (( conde, les différentes manières de passer de l'ora cire en bataille à l'ordre en colonne; la troisième , « la marche en colonne et divers autres mouvements ce relatifs à la colonne; la quatrième , les différentes cf manières de passer de l'ordre en colonne à l'ordre « en bataille; la cinquième comprend la marche en ce bataille en avant et en retraite , la marche par le « flanc, la formation par file en bataille, le passage « du défilé en retraite, le passage des lignes, les chance gements de iront, la colonne d'attaque et de ral- « liement. » Celte école a pour objet d'instruire les bataillons individuellement, et de les préparer ainsi pour tout ce qu'ils pourront être dans le cas d'exécuter en ligne : l'harmonie des mouvements en grand dépend nécessairement de l'instruction individuelle des bataillons , de l'uniformité dans les principes , dans les moyens d'exécution et dans les commandements.

(ï) Voyez le Règlement concernant l'exercice et les manœuvres de l'infanterie. française } du ier août 1791.

Non-seulement on fait exécuter les manoeuvres élémentaires, d'abord simples, puis composées, puis plus compliquées encore; d'abord, isolées, puis, réunies, en choisissant celles qui paraissent d'une application plus immédiate à la guerre. On a, de plus, des conversations raisonnées sur la théorie, pour juger si les élèves ont bien saisi l'esprit des leçons qu'ils ont reçues. On propose des problèmes à résoudre; on détermine la nature du terrain, large, étroit , montueux , en pente ; on poste l'ennemi ; on établit les moyens d'attaque et de défense. Les élèves s'habituent à répondre sans hésiter : ils se forment à la présence d'esprit, à la justesse du coup d'œil, à la promptitude d'action.

Comme Y École de bataillon comprend les principes et l'explication de tous les mouvements que peut foire, dans quelque cas que ce soit, un seul bataillon, il ne reste plus qu'à faire l'application de ces principes à une ligne de plusieurs bâta; lions. Mais les évolutions de lignes, pour lesquelles on doit suivre les cinq mêmes divisions que pour l'école de bataillon, ne sont pas de nature à être appliquées dans notre Institut, qui ne donne même qu'imparfaitement les exercices des trois écoles, dont nous avons rappelé la nature et l'objet, pour montrer la gradation exacte de l'enseignement, plus sensible, peut-être, dans cette branche que dans les autres.

Le cours complet des exercices militaires doit durer environ trois ans, à raison de trois leçons d'une heure ou deux par semaine. On ne le fait commencer qu'à l'âge de douze ou treize ans, lorsque l'instruction gymnastique a déjà développé les forces. Les enfants plus petits, qui ont assisté auxexer-

428 méthode d'éducation.

cices des grands , désirent beaucoup arriver à l'âge où ils ne seront plus simples témoins, mais acteurs : ils se préparent aux exercices militaires par les jeux gymnastiques.

Le sage précepte, commun à Montaigne, à Fênélon, à Locke, à Rollin, à Rousseau , qui prescrit de rendre les jeux utiles et instructifs , les leçons agréables et amusantes, reçoit surtout ici son application. La forme de l'instruction n'est pas moins soignée que le fonds. L'instituteur traite les élèves avec douceur et bienveillance : le ton du commandement n'est jamais brusque ni dur; il est ferme, précis, rapide, sans cesser d'être doux. L'enfant apprend à obéir; mais on lui rend l'obéissance agréable et facile. Ce n'est jamais avec humeur ni colère qu'on reprend ceux qui ont mal exécuté les mouvements ordonnés. Une discipline trop rigide ferait des automates, flétrirait les âmes, gênerait le développement, étoufferait l'homme en formant le soldat ; une discipline paternelle, qui proportionne les leçons et les mouvements à la force des enfants, qui n'altère jamais l'affection qu'ils portent à leurs maîtres, leur fait aimer des exercices dans lesquels ils trouvent mille occasions d'employer leur surabondance de vie et de satisfaire leur besoin d'activité.

Si nous considérons maintenant les divers genres d'utilité que nos élèves retirent de cette instruction, nous pouvons distinguer quatre sortes d'avantages qui en résultent pour eux.

Le corps devient plus vigoureux, plus souple, plus agile : son développement est plus complet. Assurance dans la position, flexibilité dans les mus-

des, tenue et grâce clans le maintien, précision, aisance et promptitude dans les mouvements : tels sont les résultats. L'habitude de porter et de manier des armes de plus en plus pesantes augmente les forces. Les courses militaires exercent les jambes et les pieds à la marche : Y œil acquiert de la justesse et de la fermeté pour apprécier l'étendue d'un terrain, le nombre des hommes , les intervalles entre eux , la nature et l'objet des manœuvres; Yoreille, de la finesse et de la précision pour mesurer les mouvements; la main devient plus forte et plus adroite; îa voixu s'étend , la poitrine se développe, la santé s'affermit.

En exerçant le corps, on travaille aussi pour Y esprit et pour Y âme. Si le corps est négligé, l'âme souffre et languit. La mollesse, l'inertie, l'impuissance de caractère, la faiblesse et la nullité de îa volonté condamnent les hommes à une sorte de condition d'eunuques : esclaves d'eux-mêmes et des autres, il deviennent incapables d'attention, de réflexion, de suite et d'énergie. Nos élèves, en sortant des exercices militaires, qui fournissent l'un des meilleurs moyens de les fixer, apportent un esprit plus calme et plus attentif aux autres leçons. Ordre, exactitude, tranquillité, propreté, subordination , obéissance : telles sont les qualités morales et intellectuelles que notre instruction leur procure.

Ceux qui ont le plus de dispositions naturelles, et qu'on emploie comme officiers, s'habituent à voir, à saisir, à combiner dans l'instant ce qu'on doit commander. Obligés d'écouter et de recueillir les commandements pour les transmettre et les

faire exécuter, ils contractent l'habitude d'un coup d'oeil sur , qui voit et juge à la fois les détails et l'ensemble des mouvements, d'une résolution prompte, qui fait prendre un parti sur-le-champ , et d'une grande rapidité d'exécution. Un regard actif, qui s'unit à un esprit pénétrant , est quelquefois l'effet d'une disposition naturelle, et peut devenir aussi le produit de l'expérience ou de l'étude. La première condition pour avoir l'oeil vif et prompt est de savoir se commander à soi-même, de dominer ses passions, de conserver toujours son sang-froid dans les occasions les plus périlleuses. Un homme violent et emporté sera mauvais officier, quoique brave , parce qu'il ne voit rien que confusément et trop tard. Le caractère moral n'importe pas moins au militaire , que la force physique et la rectitude du jugement.

Enfin, les exercices militaires ne se bornent pas à préparer les jeunes gens pour le métier des armes ; ils les forment aussi pour l'état social , en les obligeant à se combiner et à se mettre en harmonie avec d'autres hommes, à réprimer leur volonté individuelle, à se subordonner, comme instruments passifs, au chef qui les dirige et aux mouvements de l'entier dont ils font partie. Ils les rendent plus propres à vivre au sein de la société , dans laquelle ils apporteront des habitudes d'obéissance aux lois , de soumission aux magistrats , d'amour de l'ordre et de la patrie.

Notre instruction actuelle n'est pas moins utile à l'État qu'aux particuliers. Si le citoyen est exercé de bonne heure à manier les armes, il faudra beaucoup moins de temps et de frais pour compléter son ne-

viciât et pour former de bons soldats. On pourra juger, dès l'enfance, les individus qui conviendront mieux pour le service militaire, au lieu de les prendre au hasard et sans choix. Dans la composition des troupes, la qualité des hommes est préférable à leur quantité. Une formation meilleure de l'armée serait donc un avantage direct, sous ce rapport. Les individus et la société , dont les intérêts sont indivisibles, y gagneraient également.

XVII. Instruction morale et religieuse, dont l'esprit et l'influence se répandent sur toutes les parties de l'Éducation et de l'Instruction, et qui en devient le complément (1).

Celte instruction repose sur trois fondements :

i°. La vie extérieure en elle-même;

2°. \J impression intérieure produite sur l'âme par la vie journalière et par la considération des cîilïërents rapports qu'elle embrasse;

3°. Le développement progressif des principes moraux et religieux , innés dans l'homme et cultivés par l'éducation , qui le rend susceptible de recevoir des notions positives sur la religion et sur la morale.

i . Vie extérieure. — La manière de traiter l'enfant comme un être moral, avec justice et bienveil-

(i) Cette partie importante de l'éducation est dirigée, d'abord par Pestalozzi , qui fait lui-même , tous les deux jours, et spécialement à la fin de chaque semaine, une instruction générale, toujours écoutée dans le plus profond silence et dans un recueillement religieux; puis, par M. Niederer, ministre du culte réformé , dont nous avons tâché de faire apprécier le mérite et les rares qualités , dans la mention que nous avons déjà faite de lui (Voyez , ci-dessus, la Note de la page i34-)

432 méthode d'éducation.

lance, en reconnaissant et en respectant dans lui la dignité de la nature humaine, est une préparation nécessaire à l'instruction morale proprement dite. L'influence de tous ceux qui l'approchent doit le pénétrer d'un sentiment vif et profond d'amour de l'humanité. Il devient aimant et bienveillant, s'il se voit aimé et traité avec affection. Les exemples dont il est environné doivent lui donner une sorte A' intuition de la moralité. L'instruction morale, toujours unie au besoin d'aimer et d'être aimé, douce, animée, sentimentale, au lieu d'être sèche et dogmatique, est l'âme de toutes les leçons et du système d'éducation de Pestalozzi.

Nous emprunterons ici quelques passages de la description touchante qu'a faite Charles Pictet des Instituts d'éducation agricoles de M. Felletiberg, dans lesquels se retrouve l'image fidèle de l'Institut d'Yverdun (i). « Les principaux efforts, les soins « constants de M. Fellenberg ( comme ceux de Pes- « talozzi) sont dirigés vers la partie morale de l'édu- « cation. L'intégrité du caractère lui tient plus à « coeur que tout le reste ; et la confiance de tous « les enfants avec lui est le trait saillant de son In- « stitut. On peut juger du scrupule qu'il a mis au « choix des professeurs qui le secondent, en obser- « vant la parfaite unité de ton et de manière d'être f( de ceux-ci avec les élèves et des élèves avec eux. On « n'emploie dans l'Institut aucun des moyens ordi- « paires d'encouragement et de répression. Il n'y a

(i) Voyez, dans le n° 087 de la Bibilioihèque Britannique (février 1812) pages ^47 et suiv., l'intéressante lettre de M. Charles Pictet à ses collaborateurs , sur les Établissements agricoles cTHof-

ni premier, ni dernier, ni prix , ni médailles, ni châtiments humiliants. Une récapitulation faite le samedi soir, en présence des élèves, par le professeur qui ne les quitte jamais, remplace les mobiles ordinaires d'émulation et de crainte. Le chef de la famille y assiste. Dans cette séance, on reprend tous les motifs d'éloge ou de blâme pour chacun , pendant la semaine. Le ton ferme et doux du professeur, le sentiment paternel, qui inspire les remontrances et les exhortations, font une grande

impression sur les élèves Tous les petits traits

qui tiennent au caractère, et qui sont des occasions de louange ou de réprimande, trouvent leur place dans cette récapitulation. Les enfants se justifient avec liberté : on les écoute avec patience, et on les reprend avec douceur. Ils ne cèdent point à l'autorité , mais à la confiance, à l'affection , à l'ascendant de la vérité, à l'opinion de leurs camarades, dont la direction est toujours bonne, parce que cette opinion est formée des éléments les plus sains. Une règle invariable dans la distribution du temps, dans tous les détails de la vie, rend inutiles les moyens nécessaires ailleurs pour contraindre ou pour réprimer. Les enfants se sentent libres, parce qu'ils n'obéissent qu'à la force

< des choses, et que le caprice ne les atteint point. ( Sans jamais ressentir la gêne, ils éprouvent tous

< les bons effets de l'ordre et en prennent le goût et c l'habitude. Us sont confiants , ouverts, gais, heu-

< reux; car, ils se sentent aimés. Quand ils font des

< sottises de leur âge, ils sont d'ordinaire les pre-

< miers à s'en accuser; car, un aveu libre, toujours

< reçu par l'affection et l'indulgence, affranchit l'en-

434 méthode d'éducation.

« fant du tourment d'être mal avec lui-même et avec « ses camarades. La petite famille n'a d'esprit de u corps que pour le bien. Les élèves se tiennent en- « semble, lorsqu'il s'agit de corriger un vice ou un « défaut, de réparer un tort de l'un d'eux: pour le « justifier, jamais. Cette conscience de tous est due «■ au sentiment religieux qu'on s'attache h leur rendre « habituel, par Y exemple, la réflexion et la prière; « et cette disposition à seconder les maîtres dans la « tâche de l'éducation, au lieu de faire ligue contre a eux (comme dans les écoles ordinaires), est le « résultat de la conviction que le père qui les a adop- « tés, et ses aides, n'ont rien tant à coeur que de les

« rendre bons et heureux Il n'y a, peut-être,

« aucun Institut d'éducation dans lequel on sache u allier autant d'amusements au travail, autant de « liberté à la règle. . . . L'abord des étrangers esteon- « tinuel; ils viennent de tous les pays, et l'on peut « dire que les jeunes gens qui habitent Hofwyl ( et « ceux qui sont à Yvcrdwi) voyagent sans changer « de place .... »

Nous regrettons de ne pouvoir citer la lettre tout entière de M. Pictet , qui renferme une suite de détails attachants et instructifs, dont se compose la vie morale des enfants, dans les deux Instituts de Fellenberg et de Pestalozzi. On aime à rapprocher et h. bénir à la fois les noms respectables de ces deux bienfaiteurs de l'humanité.

II. Impression intérieure et morale, troduite par la vie extérieure. — Que tout ce que l'enfant doit faire soit bon ; que tout ce qu'il pense soit vrai; que l'ensemble du plan d'éducation, animé par des vues nobles et élevées, soit toujours Fondé sur l'ai-

liance intime de la vie morale , ou du développement de là conscience et delà raison, avec la vie intellectuelle, ou le développement des facultés de l'esprit. Pour nourrir les sentiments moraux dans un jeune cœur, il faut épier et saisir les circonstances où l'enfant est vivement ému ; il faut alors lui parler, d'après la nature de ses affections et de ses besoins. Les principes de moralité, insinués et communiqués par la manière dont on agit sur l'esprit et sur le coeur, ne sont pas moins saisis par le sens intime et par une intuition intérieure, que les vérités mathématiques; ils deviennent une seconde nature, par l'habitude, avant que le raisonnement en ait démontré les motifs et les avantages. L'enfant les trouve en lui-même, avant qu'on lui explique ses devoirs. Cet axiome: Tous les hommes doivent s1 aimer et s 'entf 'aider 3 produit une conviction aussi absolue que celui-ci : Un et un font deux. Nous avons reconnu que l'homme est doué de sens intérieurs pour voir les rapports intellectuels et moraux, comme il est pourvu des yeux et des sens extérieurs pour voir et juger les objets et les rapports physiques: on doit exercer également ces deux sortes de sens, leur donner une direction commune, et recueillir avec soin leurs impressions réciproques, pour les former et les perfectionner les uns par les autres.

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