‹ Expose de la méthode d'éducation de PestalozziChapitre 4 sur 43 · X AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

X AVERTISSEMENT

vertus et la gloire nationales , qu'un des Français qui ont suivi les drapeaux victorieux de la première armée d'Italie, et qui ont fait partie de l'armée expéditionnaire d'Egypte, vient payer son faible tribut, pour concourir, autant que cela est possible à un écrivain isolé, au grand œuvre d'une organisation perfectionnée de

chargé, ont acquis des droits à la reconnaissance de la Nation Italienne , par la protection éclairée et les soins assidus qu'ils n'ont cessé de donner à l'organisation et au perfectionnement des établissements et des méthodes d'éducation et d'instruction. Ces établissements , dans lesquels on réunit les exercices favorables au développement du corps , les leçons morales et religieuses propres à former l'âme, et un enseignement complet des langues anciennes et des principales langues modernes , combiné avec la géométrie et le dessin , et avec l'enseignement des sciences physiques et naturelles , trop longtemps négligé, présentent désormais aux amis des bonnes études la consolante perspective que la génération naissante , confiée à des maîtres habiles dans tous les genres , pourra faire briller d'un nouvel éclat les sciences et les arts, dont l'Italie fut autrefois l'asile et presque le berceau. L'Education des femmes surtout , si importante pour le bonheur des individus , pour la régénération des mœurs et pour la prospérité publique , ne se trouvait , sous aucun rapport, en harmonie avec leur destination. Parmi les nouveaux établissements formés en Italie pour les jeunes filles, on croit pouvoir indiquer avec confiance le pensionnat nouveau qui s'organise à Vérone , d'après les ordres et sous les auspices du gouvernement , pour cent jeunes demoiselles pensionnaires, dont l'éducation et l'instruction paraissent devoir être aussi complètes que l'intérêt de la société et les devoirs qu'elles auront un jour à remplir peuvent le faire désirer.

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l'instruction. L'Université impériale de France , qui embrasse dans son vaste domaine toutes les parties de la culture de l'homme, et son illustre chef, qui a reçu l'honorable mission de travailler sans relâche à perfectionner l'enseignement dans tous les genres (i), ne dédaigneront peut-être pas d'accueillir et d'examiner les développements de la Méthode que j'expose. Car, dans Téloignement momentané où je me trouve de ma patrie, l'idée que mes faibles travaux pourront lui devenir utiles et mériter les suffrages de quelques-uns des hommes distingués qu'elle renferme dans son sein , et qui ont encouragé mespremiers pas dans la même carrière : cette idée est une douce consolation pour moi. Enfin, j'obéis à l'invitation d'un ministre (p) ,

(1) Voyez Y article cxliii du titre xix du Décret concernant V organisation de /'Université impériale.

« L'Université impériale et son Grand-Maître, chargés exclusivement par nous du soin de l'éducation et de l'instruction publique dans tout l'empire , tendront sans relâche à perfectionner V enseignement dans tous les genres , à favoriser la composition des ouvrages classiques ; ils veilleront surtout à ce que l'enseignement des sciences soit toujours au niveau des connaissances acquises , et à ce que V esprit, de système ne puisse jamais en arrêter les progrès. »

(2) M. le comte de Montalivet père , alors Ministre de l'intérieur.

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non moins distingué par la pureté de ses intentions et par l'étendue de ses lumières, que par sa haute dignité : il est lui-même excellent père de famille ; il a bien voulu m 'encourager à m'occuper de ce travail , et me récompenser de l'avoir fait, par l'honorable témoignage de son approbation.

Qu'il me soit permis maintenant d'écarter d'avance une sorte de reproche que j'ai entendu faire à des hommes chargés de fonctions publiques, qui emploient leurs instants de loisir à des études philosophiques et littéraires.

Beaucoup d'illustres exemples (i) paraissent avoir prouvé qu'il est toujours possible et souvent avantageux de réunir, de concilier, défaire marcher ensemble avec un égal succès ces deux destinations, jugées mal à propos incompatibles par des esprits prévenus. On peut même

(1) On peut citer, chez les anciens , Xénophon , Cicéron, César , Tacite et Plutarque ; dans les temps modernes , Bacon , L'Hôpital, D'Aguesseau, Kauban, Addison, Frédéric II, Turgot , Franklin , Haller et Necker. Plusieurs de nos contemporains , qui occupent à la fois des rangs distingués dans la littérature et dans la politique, et qui ont une réputation méritée , comme savants , comme écrivains , comme philosophes et comme magistrats ou hommes d'État , pourraient être placés à coté de tes noms célèbres.

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établir que les idées positives et pratiques de méthodes et d'analyses rentrent essentiellement dans les connaissances nécessaires au bon administrateur. Il est, en effet, difficile de se livrer avec succès à des détails d'administration étendus et variés, si l'on n'a point exercé son esprit à saisir des vues d'ensemble et à pouvoir embrasser un petit nombre de principes généraux, pour les appliquer, avec les modifications convenables, à tous les cas particuliers qui peuvent se présenter.

Toutes les sciences ont des rapports mutuels et peuvent faire entre elles des échanges avantageux. La science de l'administration surtout doit s'aider de toutes les autres. L'administration, en général, et l'art militaire, en particulier, qui doivent exercer directement leur action et leur influence sur des réunions d'hommes, considérés tour à tour individuellement et en masse , sont beaucoup moins étrangers qu'on ne serait tenté de le croire, à la science de l'Education, qui agit à la fois sur les individus isolés et sur un certain nombre d'enfants réunis, appelés à former une famille et une petite société. L'art d'élever les enfants, celui de conduire et de gouverner les hommes, de commander une armée,

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d'administrer un pays, ont entre eux une intime analogie, et doivent être dirigés et appliqués suivant des principes communs.

J'ose donc penser, d'après ces motifs , que le préjugé de l'incompatibilité prétendue des fonctions publiques et des travaux d'administration avec les spéculations philosophiques et les compositions littéraires, trop légèrement admis, même par des hommes d'un caractère estimable et d'un mérite supérieur, n'influera point défavorablement sur l'opinion que les personnes sensées pourront prendre de ce livre et de son auteur. C'est la vie active qui fournit des sujets réels d'observations et de méditations utiles; autrement, l'imagination égarée dans le vague ne s'arrêterait qu'à de trompeuses illusions et ne produirait que de vains fantômes. C'est aussi la vie méditative qui peut seule à son tour procurer des secours et des directions à la vie pratique : ces deux branches de l'existence humaine, extérieure et intérieure, sont nécessaires l'une à l'autre par leur action et leur réaction mutuelles.

Les personnes même étrangères à la science de l'éducation pourront rapporter à la sphère particulière dans laquelle elles existent la plu-

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