XVJ AVERTISSEMENT
instinct. Le tableau touchant que présente l'enfance, les réflexions que fait naître l'humanité considérée dans son premier germe, à peine sortie des mains de la nature, et non encore dépravée par les vices des institutions sociales , m'ont offert des motifs puissants de consolations et d'espérances.
J'avais comparé l'homme social avec l'enfant observé dans son berceau , pour remonter à l'origine de nos vices et de nos malheurs , en interrogeant à la fois la nature primitive de l'homme et la société. J'avais cru pouvoir apprécier les véritables causes des phénomènes moraux qui se manifestent parmi les hommes, et indiquer une partie des remèdes réclamés par les intérêts de l'humanité. Tel était le but de mes deux premiers Essais sur l'Emploi du temps et sur l'Education; les sentiments qui m'avaient inspiré les ont fait accueillir avec indulgence. Quelques années après, quand une circonstance favorable m'a permis d'observer en détail une institution dans laquelle ces remèdes et ces moyens réformateurs étaient appliqués et perfectionnés , j'ai cru devoir exposer dans toute leur étendue les conceptions de l'homme vertueux qui a créé, qui dirige cette