‹ Exposé de la religion des druzesChapitre 14 sur 97 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

d'Omayya, et même de la plupart de ceux de la maison d'Abbas, perpétuèrent, augmentèrent et portèrent au dernier point Fenthousiasme et le fanatisme, parmi des hommes auxquels le joug des usurpateurs était insupportable. Aussi, toutes les fois qu'un descendant d*Ali voulut lever Tétendard de la révolte dans les provinces orientales, il trouva les esprits disposés à prendre son parti et à Osiire valoir ses prétentions. De là ces guerres civiles qui s'étendirent souvent jusqu'aux parties les plus éloignées du centre de l'empire , depuis l'Oxus et la mer Caspienne jusqu'aux rives de la Méditerranée et jusqu'à l'océan atlantique. L'esprit de parti qui mettait les armes à la main à une foule de Musulmans contre leurs frères, ne leur permit pas même toujours d'examiner si celui dont ils embrassaient la querelle, et que les titres d'imam et de descendant d'Ali leur rendaient vénérable, avait effectivement des droits bien fondés à ces titres, et plus d'un ambitieux sut faire jouer ce ressort pour satisfaire ses projets d'agrandissement et de fortune. Le nom d'Ali était le signe de ralliement de tous les perturbateurs de l'empire des kha-

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lifes; tout imam qui pouvait couvrir sa révolte de ce nom respecté était un homme privilégié; et, aux yeux d'une multitude fanatisée, il participait aux droits incommunicables de la divinité. Ali n'avait pu sans horreur apprendre la naissance de ces extravagances, mais tous ses descendants ne furent pas aussi scrupuleux. Plusieurs surent mettre à profit le fanatisme (le leurs partisans, et n'oublièrent rien pour entretenir et fortifier une opinion qui leur était si avantageuse. Le do&:me de l'union de la divinité à Ali et aux imams de sa race dut donc, si je ne m'abuse, son origine à l'ancien svstème de la religion des Parses. C'est aussi à l'ancienne théologie des peuples de l'Asie orientale, qu'on doit rapporter l'origine du d(^me de la transmigration des âmes, et peutêtre l'étude des livres des philosophes grecs contribua-t-elle à affermir et à étendre cette opinion parmi les Musulmans. L'attente d'un libérateur et J'espoir de son avènement, destiné à faire triompher ses fidèles disciples et à tirer vengeance de ses ennemis et de ses rivaux , est un dogme commun à presque toutes les religions. Il se trouve chez tous les peuples dont

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la croyance a pu influer sur celle des Musulmans, chez les Juifs, les Chrétiens, les Mages, disciples de Zoroastre , et il n'est pas même tout à fait étranger aux philosophes grecs. Que ce libérateur ait déjà paru sur la terre dans un état d'obscurité et d'oppression, et qu'il doive reparaître tin jour plein de gloire et avec une pui»sance invincible, c'est une idée évidemment em- 1 pruQtée au judaïsme ou au christianisme; elle est d'ailleurs la ressource naturelle d'un parti opprimé, et dont les espérances ont été déçues. Quant au système allégorique qui , en interprélant d'une manière spirituelle et arbitraire les paroles de l'Alcoran, anéantissait efiectivement les préceptes extérieurs de la religion musulmane , et permettait de substituer aux dogmes qu'avait enseignés Mahomet, des dogmes nouveaux , je crois qu'il fut principalement imaginé lorsque la lecture des livres des philosophes grecs eut introduit parmi les Musulmans l'espHl de dispute et un scepticisme dangereux. Le raisonnement prit la place de l'autorité , et ce qu'on avait cru jusqu'alors sans discussion sur la parole de l'Alcoran, fut porté au tribunal de la raison humaine, qui devint seule juge compétent de ce

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qu'on devait croire. Oa trouva souvent ces deux autorités eu contradiction, et comme l'habitude, un reste de respect, fondé sur ie préjugé plutôt que sur la conviction , et surtout ta crainte de révolter les esprits, et le désir de se faire des partisans ne permettaient pas de rejeter ouvertement l'Alcoran , on prit le parti de l'interpréter à son gré. Les explications les plus absurdes ne coûtèrent rien, et cette interprétation allégorique étant livrée à l'arbitraire et ne connaissant aucune règle générale, on (rouva dans les paroles de l'Alcoran tout ce qu'on eut intérêt à y trouver'. La secte des

' Cet «biuile l'JDlerpnitation allégorique a toujours déGgnré les omnge» qui onljoui d'un grand crédit ou que Iod a regardés comnie ilitins. Hom^ a eu ce sort chei les Grecs. La législation de Moïse ■ hé étouffée ptr )c Juif mCnie sous le voile de rallégoric, et les Chrétieaa ont souvent abusé d'une métliode qui lient lieu aux conincalaleDra d'une multitude de coonaissances positives, difTiciles i M^uérÎT. Ce n'est pas que j'entende proscrire toute allégorie d«ns l'nég^ «aérée; mais je pense que, pour être juste, elle doit être ■ilr^memcnt réservée et toujours fondée sur un sens littéral bien déitlnppé -. jamais elle ne doit le suppléer. Denos joun encore, l'allésnt n'a-t-elle pas été ia ressource des théologiens allemands , qui MiTouIn trouver partout, depuis les livres de Moïse jusqu'i l'Apoilypie, les idées de Kin(? Autant vaudrait-il soutenir que la cri- 'iqxw de la raison pure rend inutiles tous res vieui livres p'ecs ou

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{^a£ixuàl£3. qui porta plus loia que toutes lee ^ autres l'abus de la philosophie, fut aussi cdle qui mit le plus en vogue ce syst^e aU^orique. Le vrai but de cette secte était de mener les hommes 4 l'athéisme et à l'immondité. et de leur apprendre 4, mépriser jusqu'aux œemiers principes étemels de l'ordre et de la jmtice, gravés dans le cœur de l'homme par Tauteur de son être, et, k plus forte raison, tonte idée de révélation et d'autorité ^yine. Cette secte, qui professait le matérialisme le [dm absolu, se gardait bien cependant de manifester indifféremment k tous ceux qu'elle. voulait s'attacher, In honteuse nudité de ses principes, et TcOroyable tableau de leurs conséquences. Ses chefs avaient bien senti que les hommes, quelle que soit la dépravation de leur cœur, ne peuvent être amenés que par degrés et par des voies tortueuses et presque insensibles, à cette entière dépravation de l'esprit; et que, a Ton est sûr de les séduire en flattant leurs passions, il faut, pour ne pas révolter leur conscience, &ire d'abord illusion i leurs lumières naturelles, par des ménagements adroits, et en affectant un respect h>-pocrite pour l'autorité

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tnêmc que Ton veut anéantir. Les Kaimates, «lînsi que tous ceux qui se parent du nom de philosophes, aspiraient à avoir un grand nomhre de partisans; les honunes de toutes les religions leur étaient bons, pourvu qu ils augmentassent leur nombre, et par là le crédit, la puissance et les ressources de leur secte« Rifijuijétail plus propre à atteindre ce but qu un système allé^riqujB^gui £a^^^^^ égajemeiltÀ Ja |pi

de^œsej, i XèïWîgUe ei*XA^ Tous les

hommes n'étaient pas également susceptibles des impressions qu on cherchait à leur communiquer; Tâge, réducation, les préjugés, la différence des tempéraments, la direction infiniment variée des passions, exigeaient quon prit différentes voies pour arriver au même but. Aussi le missionnaire de cette secte philosophique devait-il être Schii avec les partisans d'Ali, et Sunni avec les Sunnis; Chrétien ou Juif, pieux ou libertin, hardi ou réservé, suivant le caractère de ceux dont il voulait faire des prosélytes; il ne devait révéler la doctrine de sa secte que peu à peu : un petit nombre d'hommes devaient être admis au rang des adeptes; pour les autres, renseignement

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s'arrêtait à des degrés diflcrents. La seule chose ngoureusement exigée pour être admis aa nombre des fidèles, était "^^ nhfi'*"I1iff flYRlIçlf *" chef de ia.sectg^gt Ji.§es^élée3j£s, et la disposition à consacrer ses facultés naturelles et son avoir à sa défense et à l'exécution de ses volontés. Ce que je dis ici des Karmates n'est pas Ipodé sur des conjectures ou sur de simples inductions. L'histoire nous a conservé des monuments précieux, sur le but de ''°*'? aftilTtrif*'"" philosophique, sur sa doctrine seccète, sur les moyens de corruption qu'elle employait. Les savants jusqu'ici paraissent y avoir fait peu d'attention; mais, coinjQg.ja.sQcte.d6â.iiiuii&&X?~ timis , dans le sein de laquelle est née la religion des Druzes, n'est ciJerïBêflie g"'""" Kraqf,|fa de la secte des Karmates, je ne puis mieux préparer le lecteur k la connaissance du système religieux des Druees , qu'en lui mettant sous les yeux les monuments capables de Tinitier dans tous les secrets de cette secte. Toutefois, avant d'entrer dans ces détails, il ne sera pas inutile de rassembler ici plusieurs faits détachés qui appatiienneiU à diverses époques, mais qui doivent trouver place dans cette In-

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• roduction , parce qu'ils sont propres à prouver Combien de sectes nées dans le sein de l'isiamismeavantJHaluuii, avaient préparé la voie au sy^.éuie des,Pnu<^s, par les extravagances ou les subtilités dont elles avaient fait profession.

Toutes les sectes des MotataJes s'accordaient on général, en ce qu'elles niaient en Dieu l'etistence des attributs, et qu'elles s'attachaient pardessus tout à éviter tout ce qui semblait pouvoir nuire au dogme de l'unité de Dieu; en re que, pour maintenir sa justice et éloigner do lui toute idée d'injustice, elles accordaient à l'homme la liberté sur ses propres actions , et ne voulaient pas que Dieu en fût l'auteur: enfin, en ce qu'elles ensejgnaicnt^qiic. .toutes les connaissance^ nécessaires au salut, sont du ressort lie la raison ; qu'on peut , avant la publication de la loi', et avant comme après la révélation, les acquérir par les seules lumières de la raison, rn sorte qu'elles sont d'une obligation nécessaire pour tous les hommes, dans lous les temps, et dans tous tes lieux. Mais, à ces dogmes principaux chaque secte en ajoutail (|uelqucs-uns qui lui étaient particuliers. Ainsi j\bou-M"'l'"

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