‹ Exposé de la religion des druzesChapitre 16 sur 97 · XL INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XL INTRODUCTION

fils d'Amrou , et surnommé Foati, avaient beaucoup de dogmes particuliers. Ils avaient tant de crainte de porter atteinte à la liberté de rhomme, et de le faire dépendre de Dieu dans la production de ses actions, qu'ils n'admettaient point ces expressions de TAlcoran, que cest Dieu qui a uni étroitement les cœurs des Mur sulmans^^ que c'est lui qui inspire ï amour de la foi aux fidèles^ et qui égare les incrédules^. Ils soutej\ naient que le jparadis et le feu de l'enfer sont incréésj que les vierges du paradis demeureront toujours vierges, même après avoir servi aux plaisirs des élus; que Satan n'entre point dans le cœur de l'homme; qu'il lui suggère les tentations, par une opération qui se passe hors de l'homme, et que c'est Dieu qui fait parvenir ces suggestions au cœur de l'homme (sans doute, néanmoins, sans exercer aucune influence sur la

\xL*- ii* i* • ^^^<^ ^^^ Djahédhis, aulre branche des Motazalcs, disait que TAI- "*"* "" coran est un être susceptible de se revêtir d'un corps, quH peut

devenir tantôt un homme et tantôt une brute. Voici le texte,

ULa^ *i>*j — Makriii.

' Aie. sur. 3, ver». 98.

* Ibid. sur. 49, vers. 7.

' Ihid. sur. 33, vers. 9.

INTRODUCTION. xli

détermination de sa volonté). Ces sectaires ne voulaient point que Ton dit de Dieu qu il a créé rinfidèle, parce que, dans ce mot, Tidée de Finfidclité se trouve jointe à celle de Thomme, ce qui semble attribuer à Dieu la production de Tinfidélité. Ils retranchaient des noms de Dieu ceux-ci, celai ygî nuit, et celui qui est / utile ^ Ils portaient atteinte à la véracité de TAlcoran , en niant que la mer se fût ouverte pour donner un passage à Moïse, que sa yerge eût été changée en serpent, que Jésus eût ressuscité les morts par la permission de Dieu, et que la lune se fût fendue en deux à Tordre de Mahomet. Ils avaient sur Timamat des opinions singulières; car ils ne reconnaissaient point *7 d'imam dans les temps de guerre civile, d'insurrection, et de division entre les Musulmans. Suivant eux, ce n'est que quand tous les fidèles sont réunis dans la même opinion et vivent en paix, qu'ils ont un imam chaîne de les gouverner; mais, si le peuple étant divisé et dans un état de révolte et de guerre , l'imam vient â rtre tué , alors riniamat ne réside dans per-

* f^\jJ\j JUJt amI >UwI j çjjSu ij\j^\ — Makriïi.

xLii INTRODUCTION.

^ sonne. De là ils concluaient qu'Aii n^avait pobt été en effet imam, parce quil avait été élevé à la souveraineté dans un temps de trouble et de divisions, après le meurtre d'Othman. Ce sentiment leur était commun avec quelques autres Motazales. Ahmed, fils de Habit, autre Motazale sorti de Técole d'Ibrahim, fils de Yésar, Naddham, et dont les disciples furent UUi^Ki^^ nommés Habitis^^ mériterait à peine d^étre compté parmi les Musulmans, s'il n avait fondé sa doctrine sur des passages de TAlcoran. Il admettait deigjdieux, Tun étemel, Tautre créé; ce dernier était Jésus, fils de Marie. Il enseimait que le Messie est fils de Dieu, et que ce sera lui qui , au dernier jour, fera rendre compte aux hommes de leurs actions. C'était, suivant lui, ce que signifie ce passage de TAlcoran : « Qu'at- « tendent-ils , si ce n'est que Dieu vienne à eux « dans une tente de nuages^? » Sur cette parole du prophète, que Dieu a créé Adam à son image, il disait que cela signifie qu'il l'a créé à l'image d'Adam lui-même. Je présume qu'il entendait

' ijjaJJi' — Je lis dans un maniiscTÎt iuJxjUl et fcaffiijl^. au

lieu de habit JLjI^ .

* Aie. sur. a , vers. 2q5.

INTRODUCTION. xliii

par Fimage, Tidée étemelle de Dieu, archétype de la créature. Il disait aussi que dans cette parole de Mahomet , « Vous verrez votre Sei- « gneur (dans lé paradis) comme vous vîtes la « lune à la journée de Bedr, > c'était de Jésus qu*il avait voulu parler. Il enseignait qu il y avait des prophètes parmi lesjjuadrupèdes, les oiseaux, les reptiles, et même parmi les moucherons, les cousins et les mouches, fondant cette extravagance sur ces paroles de Dieu, « Il n*y m point de peuple qui n ait eu ses prédi- « cateurs \ > et sur cette autre , « Les quadru- « pèdes qui vivent sur la terre et les oiseaux « qui volent dans Tair sont des peuples sem- « blables à vous^ » ainsi que siur ce mot du prophète : • Si les chiens n étaient un peuple sem- «blable à vous, j'aurais assurément ordonné « de les tuer. » Avec cela il^ad^pia le dogme de la métemps^ûse. Il disait que Dieu avait commencé la création dans le paradis, et que ceux qui en étaient sortis n'en étaient sortis que par leurs péchés ^. Il blâmait le grand

* Aie, sur. 35, vers, a a.

' Ihid. sur. 6, vers. 38.

« * ■gjfcly v^Â^ — Makriii.

^ sonne. De là ils coik-Ii été en effet imam, \v k ]a souveraineté H.i' et de divisions , apn-^ sentiment leur étai^ autres Motazalos. A ï Motazale sorti i\o Yésar, Naddhani,

'■ nommés Habitis compté parmi li's sa doctrine stir admettait deiiT ■ cedemierétaii ' que le Messie > ^^

qui, au di'nthommes t\v ce que si^ni'

■ tendi'n1-ii

■ dans II m duprn|iiiildis'iiid'Adiin.

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. . -^ntenait l'incama-

.,iu* tf Dieu dans les

-, icviples de Mobaoï-

jM. Bvritentaussi d'être .^^uijies. Entre plusieurs ^iKtiuers à cette secte,

1^— J«'ivorrn. le

corps, que l'homme ^.ùHÇtieur, ni de lai^Qur, .iMiu>ement, ni de repos; ^..a ^adroit, il n'est point ^e . -i ne peut être ni vu, >4Cii>uJLieot h riiommc les .V'». ol la même défini- » v-> hommes jouiraient Miidt.:is ou ('prouveraient . . xtus que pour cela ils > .-tiiVr oti II' iKtradîs ol

IINTRODUCTION. ilv

UT demeure. Suivant eux, la volonté Eôsu vil Dieu n'est point Dieu, et est (diJréreot de la création. Ils ne voiioîtit i]tie, pour exprimer l'étemité de k employât le mot kadim, parce que iricnt de la racine kadama, être antécrra la même doctrine dans tes hts-dc llamza pour qui le mot kaàim ne sipifii- point Dica, mais la première de ses créti- ■ircs, l'Intelligence universelle.

Si nous trouvons tant d'opinions ridicules parmi les Motazales, les Moschabbihs, c'est-àdire ceux qui assimilent Dieu aux objets qui tombent sous les sèbs, ne nous en fourniront pas une moisson moins ample. Bornons-nous k nn ou deux exemples.

Les pjoulaltis, une de leurs sectes, qui appai^ tenait en même temps à la classe des Kafédhis, prenaient leur nom de Héscham, fils de Salem, I>joulaki. Celui-ci enseignait que Dieu a la figure humaine, que sa moitié supérieure est concave, et sa moitié inférieure solide; qu'il a des cheveux noirs, qu'il n'est point formé de chair et

— MiLriii.

xLvi INTRODUCTION,

de sang, mais qu'il est une Jumière expansibie '; qu'il a cinq sens comme ceux de l'homme, des mains, des pieds, une bouche, des yeux, des oreilles et des poils noirs, à l'exception de la barbe et des poils des parties naturelles'. D'autres sectaires de U même classe, les Béyanis , prenant à U lettre ce passage de l'Alcoran, «Toutes choses périront, excepté son ■ visage ^, ■ enseignaient que Dieu a la figure huawiiiÊ^et qu'U l^érira tout£tttiei;-i.tfilçeption sevljement. de son. visage.

Les Mogaïris, autre secte des Moscbabbihs, et qui, comme les Djoulakis, étaient en même temps Rafédhis, devaient leur origine et leur nom à Mogaïra, fils de Saad, Idjii, qui s'arrogea lui-même l'imamat après Mohammed, fils d'Abd-allah, fils de Hasan, et qui, accompagné de vingt autres personnes, se souleva i Coufa contre Khaled, fils d'Abd-allah, Kasri*.

' ç — u — m jyj^i)-i ^-Ij >»J^ (ji-J — Maltriri.

■ SûWaDt M doctrine, I umup ao peut pai pécher, nui* le» prophètes De jouisseat pu delà même prérogative, et Mahomet a péché et désobéi à Dieu , ea recevant une raofOD pour le» priaounien qu'il avait faits A la journée de Bedr. Makrixi.

' AU.iur. 18, veri. 88.

* Voyei ïur Khaled lUsH.Abouiréda. ^noof.ifMl. t.I,p.j3i, et Annel. Iiitt. p. 108 cl 117.

INTRODUCTION. xlvii

Mogaira jgrétendait être prophète, et donnait pour preuve de sa mission la connaissance qu'il

avaij^ du grand nom (de Dieu), et le pouvoir dont il j[ouissait de ressusciter les^ jçprts ^. Suivant lui, Dieu est un homme de lumière» et il a sur la tète une couronne de lumière; ses membres sont semblables aux, lettres de Talphabet, et ses pieds à un élif. Quand -Dieu voulut créer lé monde, il écrivit de son propre doig^ les actions des hommes, tant bonnes que mauvaises; mais, à la vue des péchés que devaient commettre les hommes, il entra dans une telle fureur, qu'il sua, et de sa sueur se formèrent deux mers. Tune d'eau salée et l'autre d'eau douce. De la première furent formés les infidèles, et de la seconde les Schiis.

Nous retrouvons, parmi les Rafédhîs, un grand nombre d'exemples des extravagances imaginées en faveur d'Ali et des imams de sa race. On entend par Rafédhis ceux qui portent jusqu'à Texcès l'attachement pour Ali et la haine pour

' A^\j ^.JifiVf û-J(L <U <i\j^ ot ^^jj 'iyjJ\ ^3f^

3«lt v^y^ — Makrizi. Il semble que cette idée du grand noiQ^ful rmprunlée des Juifs. On sait quel pouvoir les Taimudistes attachent au nom de Dieu, qu'ils appellent BniDDH Uïf •

xtMiî INTRODUCTION.

Aboii-Bccr, Omar, Otliman, Ayéscha, femme du prophète, Moawia, et d'autres compagnons du prophète. On les nomma Rafédhis, parce que Zcïd, fils d'Ali, le petit-fds du khalife Ali, refusant de maudire Abou-Beer et Omar, et donnant pour raison de son refus qu'ils avaient été Tun et l'autre vizirs de Mahomet, ils rejetèrent son opinion et se séparèrent de /ai Ml y a des écrivains (|ui font remonter plus haut l'origine de Vi) nom , ot disent qu'il fut donné à ceux qui s'opposèrent à l'avis des autres compagnons du proplièie, lorsque ceux-ci déférèrent le khalifisit h Abou-Hocr et ensuite à Omar^ Les Rafédhis sont «H visés on une multitude de sectes, qui^ pnriagont sur la nature des droits d'Ali à rimamat ; mais il y ^^ encoix} hien plus de partage ontro oux sur la succession des imams après Ali ot SOS onfants. Plusieurs sectes font passer riuuimat à un lils d\\li« qui semble y avoir hoaucoup nuMUs tlo dmits« puisqu'il n'était pas (ils tlo Katimo, savoir Mohammed, sumoamié K^iMiM<iiif^/lf\\<i. 0\\ tn^uxo fxirmi eux plusieurs

INTRODUCTION. xlix

sectes qui préfèrent ouvertement Ali à Mahomet, et qui autorisent la licence et Timmoralitê. Parmi les Hafédhis, une des sectes les plus

considérables est celle des Khattabis. disciples -j , *

d'Abou'lIhattab Mohammed. Les Khattabis, qui appartiennent à la classe des antbropomorphîtes, ont une vénération sans bornes pour l'imam Djafar Sadjlt. Ils sont subdivisés en une multitude de branches : les uns, comme les Moam-''*^'*'"^* méris, enseignent que le monde n'aura point"} de lin, que le paradis ce sont tous les biens qui arrivent i l'homme en ce monde , et l'enfer tous les maux qu'il y éprouve. Ils permettent l'usage du vin, la fornication, et toutes les choses prohibées par la loi, et soutiennent que l'on ne doit pas faire la prière. II n'est pas douteux, par ce que nous verrons tout à l'heure de la doctrine des Khattabis en général, que res dogmes licencieux étaient une conséquence Ae l'explication allégorique qu'ils substituaient au sens littéral des textes de TAlcoran. Les Moammcris enseignaient aussi le dogme de la 7 métcmpsvcose. Les Bézighis ', autre branche des

' Ce nom Mt (cril fort diverseniciil ilana lei tlilRrcnU n ili-. pfiil-i''trr In Traie (oçon «sl-cUe m^^JI, in lli;ili.

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